‹ Premieres poésies...1829-1835Chapitre 17 sur 91 · S6 PREMIERES POESIES · texte numérisé non relu

S6 PREMIERES POESIES

Si tu le bois tout entier, Je dirai que tn te mouches Du pied.

Je ne sais pas au fond de quelle pyramide De bouteilles de vin, au cœur de quel broc vide S'est caché le démon qui doit me griser, mais Je désespère encor de le trouver jamais.

CTDALISE.

A loi, mon prince!

RAFAËL

 toi ! Buvons à mort, déesse !

Ma foi, vive Tamour! Au diable ma maîtresse!

La vie est â descendre un rude grand chemin; Gai donc, la voyageuse, au coup du pèlerin !

CYI) ALISE.

Chante, je vais danser. ;

Bien dit. — Ah ! la jolie Jambe! —

(Il «e couche aux pieds de Rose, et préiode.)

Je suis Hamlet aux genoux d'Ophélie.

Mais, reine, ma folie est plus douce, et mes yeux Sous vos longs sourcils noirs invoquent d'autres dieux.

(Il chante.)

Si, dans les anlr«s de Gnidc,

Aux bras de Vénus porté,

Le vieux Jupiter, qiicridr

Sa vieille immortalité,

Dans la céleste Turie

Me laissait finir sa vie,

Qui jamais no finira ;

Dieux immortels, que je meure !

J'aimerais mieux un quart d'heure

Chez la blanche Lvdia.

Que j'aime ces beaux seins qui battent la campagne! Au menuet, danseuse! — IlI vous, du vin d'Espagne!

(A Rose.)

El laissez vos regards avec le vin couler.

Dieu merci, ina raison commence à s'en aller !

CTDAUSE.

Tu me laisses danser toute seule?

RAFAËL

Ma reine, Cela n'est pas bien dit.

(U se lève.)

Cette table nous gène.

(Il la renverse du pied.) PALFORCO, entrant.

Seigneur, je ne puis dire autre chose, sinon

Que de vous déranger je demande pardon ;

Mais vous faites un bruit bien fort, et qui fait mettre

Autour de ma maison le monde à la fenêtre.

Veuillez crier moins haut.

RAFAËL

Ah! parbleu, je crierai, Maiire porte-bedaine, autant que je voudrai.

Holà! hé! ohé! ho!

PALFORIO.

Seigneur, je vous supplie D'observer qu'il est tard.

RAFAËL

Allons, paix, vieille truie.

Je suis abbé, d'abord. — Si vous dites un mot, Je vous excommunie. — Arrière, toi, pied-bot!

[Il danse en chanianl.)

Monsieur Tablié, où courez -vous?

Tous allez vous casser le cou.

PALFORIO.

Seigneur, si vous criez, j'irai chercher la garde ; J'en demande pardon à votre honneur. —

RAFAËL

Prends garde Que mon pied n'aille voir tes chausses.

PALFORIO.

Aie! à moi!

Je suis mort.

RAFAËL

VentrebleUy je suis ici chez toi; J'y suis pour mon plaisir, et n'en sortirai mie.

PALFORIO.

Seigneur, excusez-moi ; c'est mon hôtellerie, Et vous en sortirez. — Â la garde 1

RAFAËL, lui jetant une bouteille à la télé.

Tiens.

PALFORIO.

Ahl

(Il tombe.) CYDALISE.

Vous l'avez tué!

Non.

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