MADAME LA MARQUISE
Vous connaissez que j*ai pour mie Une Ândalouse à l'dbil lutin, El sur mon cœur, toute endormie, Je la berce jusqu'au matin.
Voy ex-la, quand son bras m^nlace, Comme le col d'ua cygne blaoc, S'enivrer, oublieuse et lasse, De quelque rè\e nonchalant.
Gais chérubins ! veillez sur elle.
Planez, oiseaux, sur notre nid ; Dorez du reflet de votre aile Son doux sommeil, que Dieu bénit !
Car toute chose nous oon\ie D oublier toul, fors notre amour; Nos plaisirs, d'oublier la vie, Nos rideaux, d'oublier le jour.
Pose ton souffle sur ma bouche, Que ton âme y vienne passer !
Oh I restons ainsi dans ma couche, Jusqu'à Theure de trépasser !
Restons! L^étoile vagabonde Dont les sages ont peur de loin S Peut-être, en emportant le monde, Nous laissera dans notre coin.
Oh ! viens I dans mon âme froissée Qui saigne encor d'un mal bien grand, Viens verser ta blanche pensée, Comme un ruisseau dans un torrent!
Car sais-tu, seulement pour vivre, Combien il* m'a fallu pleurer?
De cet ennui qui désenivre Combien en mon cœur dévorer?
Donne-moi, ma belle maîtresse, Un beau baiser, car je te veux Raconter ma longue détresse, En caressant tes beaux cheveux.
Or voyez qui je suis, ma mie.
Car je vous pardonne pourtant De vous être hier endormie Sur mes lèvres, en m'écoutant.
Pour ce, madame la marquise, Dès qu'à la ville il fera noir, De par le roi sera requise De venir en notre manoir;
Et sur mon cœur, toute endormie, La tiercerai jusqu'au matin, Car on connaît que j'ai pour mie Une Andalouse à Tœil lutin.
' Dans ce iciii|is-là, on parlaii beaucoup de la comète de 1832.
Quand je t'aimais, pour toi j'aurais donné ma vie.
Hais c^est toi, de Caimer, toi qui m'ôtas Tenvie.
A tes pièges d'un jour on ne me prendra plus;
Tes ris sont maintenant et tes pleurs superflus.
Ainsi, lorsqu^à Tenfant la i^ieille salle obscure
Fait peur, il \a tout nu décrocher quelque armure;
Il s'enferme, il relaient tout palpitant d'effroi
Dans sa chambre bien noire, et dans son lit bien froid.
Et puis, lorsqu'au matin le jour Tient à paraître,
Il trouve son fantôme aux plis de sa fenêtre,
Voit son arme inutile, il rit, et triomphant,
S'écrie : Oh que j'ai peur! oh que je suis enfanl !