PENSÉES DE RAFAËL
S'ouvrir au paradis des rêves de jeunesse?...
Reine, reine des cieux, ô mère des amours,
Noble, pâle beauté, douce Aristocratie I
Fille de la richesse... ô toi, toi qu'on oublie.
Que notre pauvre France aimait dans ses vieux jours!
Toi que jadis, du haut de son paratonnerre,
Le roturier Franklin foudrova sur la terre
Où le colon grillé gouverne en liberté
Ses noirs, et son tabac par les lois prohibé ;
Toi qui créas Paris, tuas Athène et Sparte,
Et, sous le dais sanglant de Timpérial pavois,
Gomme autrefois César, endormis Bonaparte
Aux murmures lointains des peuples et des rois! —
Toi qui, dans ton printemps, de roses couronnée.
Et, comme Iphigénie à Tautel entraînée,
Jeune, tombas frappée au cœur d'un coup mortel...
— As-tu quitté la terre et regagné le ciel?
Nous te retrouverons, perle de Cléopâtre, Dans la source féconde, à la teinte rougeâtre. Qui dans ses flots profonds un jour te consuma...
« Hé I hé! dit une voix, parbleu! mais le voilà.
— Messieurs, dit Rafaël, entrez, j'ai fait un somme. »