‹ Premieres poésies...1829-1835Chapitre 58 sur 91 · GUNTHER · texte numérisé non relu

GUNTHER

Ne les suivez-vous pas, seigneur, sous ce portique? mon maître, au milieu d'une fêle publique,

Qui d'un si juste coup frappe nos ennemis, Avez- vous dislingué le cœur de vos amis?

Hélas I les vrais amis se taisent dans Ja foule; H leur faut, pour sWvrir, que ce vain flot s^écoule. O mon frère, ô mon maître I ils t'ont proclamé roi ! Dieu merci, quoique vieux, je puis encor te suivre, Jeune soleil levant, si le ciel me fait vivre. J« ne suis qu'un soldat, seigneur, eicusez-moi. Blon amitié vous blesse, et vous est importune. Ne partagez-vous point l'allégresse commune ? Qui vous arrête ici? Vous devez être las.

La peine et le danger font les joyeux repas.

LE CHOEUR, àm la maison.

Chantons, et faisons vacarme, Conmie il convient à de dignes buveurs.

Vivent ceux que le vin désarme.

Les jours de combat ont leur charme; Mais la paix a bien ses douceurs.

OUNTHER.

Seigneur, mon cher seigneur, pourquoi ces regards sombres? Le vin coule et circule. — Entendez-vous ces chants ? Des convives joyeux je vois flotter les ombres, ' Derrière ces vitraux de feux resplendissants.

LE CHfœilR, à la fenêtre.

Frank, pourquoi tardes-lu ? — Gunther, si notre troupe Ne fait pas, sous ce toit, peur à vos cheveux blancs, Soyez le bien venu pour vider une coupe.

Nous sommes assez vieux pour oublier les ans.

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