‹ Premieres poésies...1829-1835Chapitre 62 sur 91 · LES TYROLIENS · texte numérisé non relu

LES TYROLIENS

Oui, oui, nous l'attestons, Frank est un misérable.

FRANK

Le jour qu'il refusa sa place à votre table.

Vous en souvenez-vous?

LES TTROUENS.

Oui, oui, qu'il soit maudit 1

Le jour qu'il a brûlé la maison de son père?

LES SOLDATS

Oui I Le moine sait tout.

FRANK

Et si, comme on le dit, 11 a tué Stranio sur le bord de la route...

LE PEUPLE

Stranio, ce palatin que Brandel a trouvé Au fond de la forêt, couché sur le pavé?

FRANK

C'est lui qui l'a tué I

LES SOLDATS

Pour le piller, sans doute I Misérable assassin f meurtrier sans pitié !

FRANK

— Et son orgueil de fer, l'ave^vous oublié?

TOCS.

Jetons sa cendre au vent t

FRANK

Au vent le parricide !

Le coupeur de jarrets, l'incendiaire au vent! Allons, brisons ceci.

(Il oDTre la bière.) LE PEUPLE ET LES SOLDATS.

Moine, la bière est vide.

FRANK, S8 démasquant.

La bière est vide? alors c'est que Frank est vivant.

LES SOLDATS

Capitaine, c'est vous!

FRANK, à roflicier.

Lieutenant, votre épée.

Vous avez laissé faire une étrange équipée.

Si j'avais été mort, où serais-je à présenl ? Vous ne savez donc pas quMI y va de la télé?

Au nom de Tempereur, monsieur, je vous arrête; Ramenez vos soldats, et rendez-vous au camp.

(Tout le monJe sort eu silence.) FRANK, seul.

Cen est fait, — une soif ardente, inextinguible,

Dévorera mes os tant que j'existerai.

mon Dieul tant d'efforts, un combat si terrible,

Un dévouement sans borne, un corps tout balafré...

Allons, un peu de calme, il n'est pas temps encore.

Qui vient de ce côté? n'est-ce pas Belcolore?

Ah! ah! nous allons voir; — tout n'est pas flni là.

(Il remet son masque el recouvre la biÀre. — Entre Belcolore en graud deuil ; elle va s'ageunuiller sur le» marches du calaralquc.)

C'est bien elle; elle approche, elle vient, — la voilà.

Voilà bien ce beau corps, cette épaule charnue.

Cette gorge superbe et toujours demi-nue,

Sous ces cheveux plaqués ce front slupide et fier,

Avec C3S deux grands yeux qui sont d'un noir d'enfer.

Voilà bien la sirène et la prostituée; —

I^ type de Tégout ; — la machine inventée

Pour désopiler l'homme et pour boire son sang ;

La meule de pressoir de l'abrutissement.

Quelle atmosphère étrange on respire autour d'elle !

Elle épuise, elle tue, et n'en est que plus belle.

Deux anges destructeurs marchent à son côté ;

Doux et cruels tous deux, — la mort, — la volupté. —

Je me souviens encor de ses spasmes terribles; De ces baisers muets, de ces muscles ardents, De cet être absorbé, blême et serrant les dents. SMIs ne sont pas divins, ces moments sont horribles. Quel magnétisme impur peut-il donc en sortir? Toujours en Fembrassant j'ai désiré mourir.

Ah ! malheur à celui qui laisse la débauche Planter le premier clou sous sa mamelle gauche! Le cœur d'un homme vierge est un vase profond : Lorsque la première eau qu'on y verse est impure, La mer y passerait sans laver la souillure.

Car Tabirae est immense, et la tache est au fond.

(Il s'approche (la tombeau.)

Qui donc pleurez- vous là, madame ? êles-voiis veuve?

BELCOLOBE.

Veuve, vous l'avez dit, — de mes seules amours.

FBANK.

D'hier, apparemment, — car cette robe est neuve. Gomme le noir vous sied!

BELCOLOBE.

D'hier, et pour toujours.

FRANK

Toujours, avez-vous dit? — Ah 1 Monna Belcolore, Toujours, c'est bien longtemps.

BELCOLOBE.

D'où me connaissez-vous?

FRANK

De Naple, où cet hiver je te cherchais encore. Naple est si beau, ma chère, et son ciel est si doux ! Tu devrais bien venir m'aider à m'y distraire.

BELCOLOBE.

Je ne vo^s remets pas.

FBANK.

Bon ! tu m'as oublié 1 Je suis masqué d'ailleurs, et que veux-tu, ma chère? Ton cœur est si peuplé, je m'y serai noyé.

BELCOLORE.

Passez votre chemin, moine, et laissez-moi seule.

FRANK

Bon I si tu pleures tant, tu deviendras bégueule. Voyons, ma belle amie, à parler franchement, Tu vas te trouver seule, et tu n'as plus diamant. Ton capitaine Frank n'avait ni sou ni maille. C'était un bon soldat, charmant à la bataille; Mais quel pauvre écolier en matière d^amour!

Sentimental la nuit, et persifleur le jour.

BELCOLORE.

Tais-toi, moine insolent, si tu tiens à ton âme; Il n'est pas toujours bon de me parler ainsi.

FRANK

Ma foi, les morts sont morts : — si vous voulez, madame, Cette bourse est à vous, cette autre, et celle-ci; Et voilà le papier pour faire l'enveloppe.

(II couvre la bière d'or et de billets.) BELCOLORE.

Si je te disais oui, tu serais mal tombé.

FRANK, à part.

Ah! voilà Jupiter qui tente Dauaé.

(Haut.)

Je vous en avertis, je suis très-misanthrope : Je vous enfermerai dans le fond d'un palais.

J'ai rhumeur bilieuse, cl je bats mes valets. Quand je digère mal, j'entends qu'on m'obéisse. J'aime qu'on soit joyeux lorsque j'ai la jaunisse, Et quand je ne dors pas tout le monde est debout. Je suis capricieux, — étes-vous de mon goût?

BELCOLORE.

Non, par la sainte croix !

FRANK

Si vous aimez les roubles, Il m'en reste encor là, mais je n'ai que des doubles.

(li jeilc une autre bourse lur la bière.)

BELCOLORE.

Tu me donnes cela ?

'FRANK, à pan.

Voyez l'attraction !

Gomme la chair est faible à la tentation 1

(Haot.)

J^ai de plus un ulcère à côté de la bouche

Qui m^a défiguré ; — je suis maigre, et je louche :

Mais ces misères-là ne te dégoûtent pas.

BELCOLORE.

Vous me faites frémir.

FRANK

J'ai là. Dieu me pardonne.

Certain bracelet d'or qu'il faut que je «vous donne : Il ira bien, je pense, avec ce joli bras.

(Il jette un bracelet sur la bière.)

Cet ulcère est horrible, il m'a rongé la joue, 11 m'a brisé les dents. — J'étais laid, je l'avoue ; Mais depuis que je Tai, je suis vraiment hideux : J'ai perdu mes sourcils, ma barbe et mes cheveux.

BELCOLORE.

Dieu du ciel, quelle horreur!

FRANK

J^ai là, sous ma simarre.

Un collier de rubis d'une espèce assez rare.

(Il jette on collier sur la bière.) BELCOLORE.

11 est fait à Paris?

FRANK, « part.

Voyez-vous le poisson, Comme il vient à fleur d'eau reprendre l'hameçon?

(Haot.)

Si c^était tout, du moins! Mais cette affreuse plaie Me donne Tair d^un mort traîné sur une claie ; Elle pompe mon sang, mes os sont cariés De la nuque du crâne à la plante des pieds...

BËLCOLORE.

Assez, au nom du ciel! je vous demande grâce J

FRANK

Si tu t'en vas, rends-moi ce que je t'ai donné.

BËLCOLORE.

Vous mentez à plaisir.

Veux-tu que je t'embrasse?

BËLCOLORE.

Eh bien 1 oui, je le veux.

FRANK, à pari.

Tu pâlis, Danaé.

(Il lui prend ta inaiii.) (Haul.)

Regarde, mon enfant ; cette rue est déserte.

Dessous ce catafalque est un profond caveau.

Descendons-y tous deux; — la porte en est ouverte.

BËLCOLORE.

Sousja maison de Frank 1

FRANK, à part.

— Pourquoi pas mon tombeau ?

(Hanl.)

— AU fait, nous sommes seuls; cette bière est solide. Asseyons-nous dessus. — Nous serons en plein vent. Qu'en dites- vous, mon cœur?

(Il écarle le drap morluaire; la bière s'ouvre.) BËLCOLORE.

Moine, la bière est vide.

FRANK, se déinasquaDl.

La bière est vide? Alors c'est que Frank est vivant.

— Va-t'en, prostituée, ou ton heure est venue I Va-t'en ! ne parle pas ! ne te retourne pas !

(Il lâchasse, sou puignard à lu maiu.) FRANK, seul.

Ta lame, ô mon stylet, est belle toute nue

Comme une belle vierge. — mon cœur et mon bras,

Pourquoi donc tremblez-vous, et pourquoi Tun de l'autre Vous approchez-vous donc, comme pour vous unir? Oui, c'élail ma pensée; — était-ce aussi la vdtre, Providence de Dieu, que tout allait finir?

Et toi, morne tombeau, tu m'ouvres ta mâchoire. Tu ris, spectre affamé. Je n'ai pas peur de toi. Je renierai Tamour, la fortune et la gloire ; Mais je crois au néant, comme je crois en moi. Le soleil le sait bien, qu'il n'est sous sa lumière Qu'une immortalité, celle de la matière.

La poussière est à Dieu; — le reste est au hasard. Qu'a fait le vent du nord des cendres de César? Une herbe, un grain de blé, mon Dieu, voilà la vie. Mais moi, fils du hasard, moi Frank, avoir été Un petit monde, un tout, une forme pétrie, Une lampe où brûlait l'ardente volonté, Et que rien, après moi, ne reste sur le sable, Où l'ombre de mon corps se promène ici-bas?

Rien I pas même un enfant, un être périssable f Rien qui puisse y clouer la trace de mes pas ! Rien qui puisse crier d'une voix éternelle  ceui qui téteront la commune mamelle :

Moi, votre frère afné, je m'y suis suspendu I Je l'ai tétée aussi, la vivace marâtre; Elle m'a, comme à vous, livré son sein d'albâtre... — Et pourtant, jour de Dieu, si je l'avais mordu? Si je l'avais mordu, le sein de la nourrice; Si je l'avais meurtri d'une telle façon Qu'elle en puisse à jamais garder la cicatrice. Et montrer sur son cœur les dents du nourrisson? Qu'importe le moyen, pourvu qu'on s'en souvienne? Le bien a pour tombeau l'ingratitude humaine. Le mal est plus solide : Érostrate a raison.

Empédocle a vaincu les héros de l'histoire, Le jour qu'en se lançant dans le cœur de l'EInn, Du plat de sa sandale il souffleta la gloire,

Et la fit trébucher si bien qu'elle y tomba.

Que lui faisait le reste? Il a prouvé sa force.

Les siècles maintenant peuvent se remplacer;

11 a si bien gravé son chiffre sur Técorce

Que l'arbre peut changer de peau sans TefTacer.

Les parchemins sacrés pourriront dans les livres;

Les marbres tomberont comme des hommes ivres,

Et la langue d'un peuple avec lui s'éteindra.

Mais le nom de cet homme est comme une momie,

Sous les baumes puissants pour toujours endormie,

Sur laquelle jamais l'herbe ne poussera.

Je ne veux pas mourir. — Regarde-moi, Nature. Ce sont deux bras nerveux que j'agite dans Pair. C'est dans tous tes néants que j'ai trempé Tarmurc Qui me protégera de ton glaive de fer.

J'ai faim. — Je ne veux pas quitter l'hôtellerie. Allons, qu'on se remue, et qu'on me rassasie, Ou sinon, je me fais l'intendant de ma faim.

Prends-y garde; je pars. — N'importe le chemin. — Je marcherai — j'irai — partout où Tftme humaine Est en spectacle, et souffre. — Ah ! la haine, la haine 1 La seule passion qui survive à Tespoir!

Tu m'as déjà hanté, boiteuse au manteau noir. Nous nous sommes connus dans la maison de chaume; Mais je ne croyais pas que ton pâle fantôme, De tous ceux qui dans Tair voltigeaient avec toi, Dût être le dernier qui restât près de moi.

Eh bien ! baise-moi donc, triste et fidèle amie. Tu vois, j'ai soulevé les voiles de ma vie. — Nous partirons ensemble ; — et toi qui me suivras. Comme une sœur pieuse, aux plus lointains climats, Tu seras mon asile et mon expérience.

Si le doute, ce fruit tardif et sans saveur.

Est le dernier qu'on cueille à Tarbre de science, Qu'ai-je à faire de plus, moi qui le porte au cœur? Le doute! il est partout, et le courant Tentralne,

Ce lÎDceul Iransparent, que Tincrédulité Sur le bord de la tombe a laissé par pitié Au cadavre flétri de l'espérance bumaioe 1 —

O siècles à venir 1 quel est donc votre sort? La gloire comme une ombre au ciel est remontée. L'amour n^existe plus ; -— la vie est dévastée, — Et rbomme, resté seul, ne croit plus qu^à la mort.

Tels que dans un pillage, en un jour de colère, On voit, à la lueur d'un flambeau funéraire, Des meurtriers, courbés dans un silence affreux, Égorger une vierge, et dans ses longs cheveux Plonger leurs mains de sang ; — la frêle créature Tombe comme un roseau sur ses bras mutilés : — Tels les analyseurs égorgent la nature Silencieusement, sous les cieux dépeuplés.

Que vous restera-t-il, enfants de nos entrailles, Le jour où vous viendrez suivre les funérailles De cette moribonde et vieille humanité?

Ah ! tu nous maudiras, pâle postérité !

Nos femmes ne mettront que des vieillards au nnonde. Ils frapperont la terre avant de s^y coucher; Pais ils criront à Dieu : Père, elle était féconde. A qui donc as-tu dit de nous la dessécher?

Mais vous, analyseurs, persévérants sophistes, Quand vous aurez tari tous les puits des déserts. Quand vous aurez prouvé que ce large univers N^est qu^un mort étendu sous les anatomistes; Quand vous nous aurez fait de la création Un cimetière en ordre, où tout aura sa place, Où vous aurez sculpté, de votre main de glace. Sur tous les monuments la même inscription ; Vous, que ferez-vous donc, dans les sombres allées De ce jardin muet? — Les plantes désolées Ne voudront plus aimer, nourrir, ni concevoir; — Les feuilles des forêts tomberont une à une, — Et vous, noirs fossoyeurs, sur la bière commune

Pour ergoter encor tous viendrez vous asseoir ; Vous vous entretiendrez de Thomme perfectible ; — Vous galvaniserez ce cadavre insensible, Habiles vermisseaux, quand vous Taurez rongé; Vous lui commanderez de marcher sur sa tombe, A cette ombre d'un jour, — jusqu'à ce qu'elle y tombe Comme une masse inerte, et que Dieu soit vengé.

Ah I vous avez voulu faire les Prométhées ; Et vous êtes venus, les mains ensanglantées, Refondre et repétrir Tœuvre du Créateur !

Il valait mieux que vous, ce hardi tentateur, Lorsqu^ayant fait son homme, et le voyant sans âme, Il releva la tète et demanda le feu.

Vous, votre homme était faiti vous, vous aviez la flamme ! Et vous avez soufOé sur le soufQe de Dieu.

Le mépris. Dieu puissant, voilà donc la science I 1/éterneile sagesse est Téternel silence; Et nous aurons réduit, quand tout sera compté, Le balancier de Tâme à l'immobilité.

Quel hideux océan est-ce donc que la vie.

Pour qu'il faille y marcher à la superficie, Et glisser au soleil en effleurant les eaux.

Comme ce Fils de Dieu qui marchait sur les flots? Quels monstres effrayants, quels difformes reptiles Labourent donc les mers sous les pieds des nageurs, Pour qu'on trouve toujours les vagues si tranquilles, Et la pâleur des morts sur le front des plongeurs? A-t-elle assez traîné, cette éternelle histoire Du néant de l'amour, du néant de la gloire, Et de Tenfant prodigue auprès de ses pourceaux 1 Ah 1 sur combien de lits, sur combien de berceaux, Elle est venue errer, d'une voix lamentable.

Cette complainte usée et toujours véritable.

De tous les insensés que Tespoir a conduit!

Pareil à ce Gygès, qui fuyait dans la nuit Le fantôme royal de la pâle baigneuse

Livrée un seul iastaot à soa ardent regard,

Le jeune ambitieux porte une plaie affreuse,

Tendre encor, mais profonde, et qui saigne à Técart.

Ce qu'il fait, ce qu'il voit des choses de la vie,

Tout le porte, Tentraine à son but idéal,

Clarté fuyant toujours, et toujours poursuivie,

Étrange idole, à qui tout sert de piédestal.

Mais si tout en courant la force l'abandonne,

S'il se retourne, et songe aux êtres d'ici-bas,

Il trouve tout à coup que ce qui Tenvironne

Est demeuré si loin qu'il n'y reviendra pas.

C'est alors qu'il comprend l'effet de son vertige,

Et que, s'il ne regarde au ciel, il va tomber.

Il marche; — son génie à poursuivre l'oblige; —

Il marche, et le terrain commence à surplomber. —

Enfin — mais n'est-il pas une heure dans la vie

Où le génie humain rencontre la folie ?

Ils luttent corps à corps sur un rocher glissant.

Tous deux y sont montés ; mais un seul redescend.

mondes, ô Saturne, immobiles étoiles, Magnifique univers, en est-ce ainsi partout?

nuit, profonde nuit, spectre toujours debout, . Large création, quand tu lèves tes voiles Pour te considérer dans ton immensité.

Vois-tu du haut en bas la même nudité ?

Dis-moi donc, en ce cas, dis-moi, mère imprudente, Pourquoi m'obsèdes-tu de cette soif ardente, Si tu ne connais pas de source où rétanchcr?

II fallait la créer, marâtre, ou la chercher. L'arbuste a sa rosée, et l'aigle a sa pâture. Et moi, que t'ai-je fait pour m'oublier ainsi? Pourquoi les arbrisseaux n'ont-ils pas soif aussi ? Pourquoi forger la flèche, éternelle nature, Si tu savais toi-même, avant de la lancer, Que tu la dirigeais vers un but impossible, Et que le dard, parti de ta corde terrible,

Sans rencontrer Toiseau, pouvait te traverser?

Mais cela te plaisait. — G^était réglé d'avance. Ah! le vent du matin I le souffle du printemps! G^est le cri des vieillards. — Moi, mon Dieu, j'ai vingt ans!

Oh ! si tu vas mourir, ange de Tespérance, Sur mon cœur, en partant, viens encor te poser; Donne-moi tes adieux et ton dernier baiser.

Viens à moi. — Je suis jeune, et j^aime encor la vie. Intercède pour moi ; — demande si les cieux Ont une goutte d'eau pour une fleur flétrie. — Bel ange, en la buvant, nous mourrons tous les deux.

(Il se jetle à genoux; ud bouquet tombe de sod seio.)

Qui me jette à mes pieds mon bouquet d'églantine? As-tu donc si longtemps vécu sur ma poitrine, Pauvre herbe! — G'est ainsi que ma Déidamia Sur le bord de la route à mes pieds te jeta.

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