‹ Premieres poésies...1829-1835Chapitre 61 sur 91 · CHANT · texte numérisé non relu

CHANT

Le Seigneur sur Tombre éternelle Suapend son ardente prunelle, Bl, glorieuse aenlinellp, Attend let bons et les daoanés.

Il sait qui tombe dans sa voie; Lorsqu'il jette an néant sa proie, Il dit aux maux qu'il nous euToie :

c Comptes les morts qne toos prenez. »

LE CHOECR, i genoux.

Seigneur, j'ai plus péché que vous ne pardonnez.

LES MOINES

II dit aux épaisses batailles :

c Comptez vos chefs sans funérailles, » Qui pour cercueil ont les entrailles » De la panthère' et du lion ;

> Que le ju8ie triomphe ou fuio,

> Compiez, quand le glaive s'essui>,

> Les morts tombes comme la pluie

» Sur la moDlagae et le sillon. > i

LE CHOEVR.

Seigneur, préservez-moi de la leotalion.

LES MOINES

< Car nn jour de pitié profondr-, >Ma parole, on terreur fécondr,

> Sur le pôle arrêtant le monilc,

> Les trépassés se lèveront ;

> Et des mains vides de l'abîme

> Tombera ta frêle Tieliroe,

> Qui crlra : Grâce! — et de son crime

> Trouvera la tache à son Troni.»

LE CHOEUR

Et mes dents grinceront I mes os se sécheront!

LES MOINES

Qu'il Tienne d'en bas on du faite.

Selon le dire du prophète, Justice à chacun sera faite, Ainsi qu'il aura mérité.

Or donc, gloire à Dieu, notre porc.

Si l'impie a vécu prospère.

Que le juste en son jkmc osporc !

Gloire à la sainte Trinité !

FRANK, à pari.

C'est une jonglerie atroce, en vérité I

toi qui les entends, suprême Intelligence,

Quelle pagode ils font de leur Dieu de vengeance l

Uuel bourreau rancunier, brûlant à petit feu !

Toujours la peur du feu. — C'est bien l'esprit de Rome

Ils vous diront après que leur Dieu sVst fait homme.

J'y reconnais plutôt Thomme qui s'est fait Dieu.

LE CHOEVR.

Notre tâche, messieurs, n'est pas encor remplie.

Nous avons pour son âme imploré le pardon.

Si l'un de nous connaît Thistoire de sa \ie, Qu'il s'ayance et qu'il parle.

FRANK, à fart.

Âh ! nous y voilà donc.

UN OFFICIER, sorlaul dns rangs.

Soldats et chevaliers, braves compagnons d'armes. Si jamais homme au monde a mérité vos larmes. C'est celui qui n*est plus. — Charte était mon ami. J'ai le droit d'être fier dès qu'il s'agit de lui. — Né dans un bourg obscur, au fond d'une chaumière, Frank chez des montagnards vécut longtemps en frère, En fils, — chéri de tous, et de tous bien venu.

FRANK, s*avançai.l.

Vous vous trompez, monsieur, vous l'avez mal connu. Frank était détesté de tout le voisinage.

Est-il ici quelqu'un qui soit de son village? Demandez si c'est vrai. — Moi, j'en étais aussi.

LE PEUPLE

Moine, n'interromps pas. — Cet homme est son ami.

LES SOLDATS

C'est vrai que le cher homme avait Tâme un peu fièro, S'il aimait ses voisins, il n'y paraissait guère; Un certain jour surtout qu'il brûla sa maison. Je n'en ai jamais su, quant à moi, la raison.

l'officier.

Si Charte eut des défauts, ne troublons pas sa cendre. Sont-ce de tels témoins qu'il nous convient d'entendre? Soldats, Frank se sentait une autre mission.

Qui jamais s'est montré plus vif dans l'action, Plus fort dans le conseil ? — Qui jamais mieux que Charle Prouva son éloquence à l'heure où le bras parle ? Vous le savez, soldats, j'ai combattu sous lui; Je puis dire à mon tour : Moi, j'en étais aussi. Une ardeur sans égale, un courage indomptable,

Un homme encor meilleur qu*il n'était redoulablo, Une âme de héros, — voilà ce que j'ai tu.

FRANK

Vous vous trompez, monsieur, vous l'avez mal connu. Frank n'a jamais été qu'un coureur d'aventure, Qu'un fou, risquant sa vie et celle des soldats, Pour briguer des honneurs qu'il ne méritait pas. Né sans titres, sans bien, parti d'une masure. Il faisait au combat ce qu'on fait aux brelans, Il jouait tout ou rien, — la mort ou la fortune. Ces gens-là bravent tout, — l'espèce en est commune; Ils inondent les ports, l'armée et les couvents. Croyez-vous que ce Frank valût sa renommée?

Qu'il respectât les lois? qu'il aimât l'empereur? Il a vécu huit jours, avant d'être à l'armée, Avec la Belcolor, comme un entremetteur.

Ëst-il ici quelqu'un qui dise le contraire?

LES SOLDATS

Ma foi, depuis le jour qu'il a quitté son père, C'est vrai que ledit Frank a fait plus d'un métier. Nous ta connaissons bien, nous, Monna Belcolore. Elle couchait chez lui ; — nous l'avons vu hier.

LE PEUPLE

Laissez parler le moine f —

FRANK

Il a fait pis encore :

II a réduit son père à la mendicité.

H avait besoin d'or pour cette courtisane ; Le peu qu'il possédait, c'est là qu'il l'a porté. Soldats, que faites- vous à celui qui profane La cendre d'un bon fils et d'un homme de bien? J'ai mérité la mort, si ce crime est le mien.

LE PEUPLE

Dis-nous la vérité, moine, et parle sans crainte.

FRANK

Mais si les Tyroliens qui sont dans cette enceinte

Trouvent que j'ai raison, s'ils sont préis au besoin A faire comme moi, qui prends Dieu pour témoin?. .

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