‹ Premieres poésies...1829-1835Chapitre 88 sur 91 · A LAURE · texte numérisé non relu

A LAURE

Si tu ne m'aimais pas, dis-moi, fille insensée, Que balbutiais-tu dans ces fatales nuits?

Exerçais-tu ta langue à railler ta pensée?

Que voulaient donc ces pleurs, cette gorge oppressée, Ces sanglots et ces cris ?

Ah I si le plaisir seul t^arrachait ces tendresses, Si ce n^était que lui qu'en ce triste moment Sur mes lèvres en feu tu couvrais de caresses Comme un unique amant;

Si Tesprit et les sens, les baisers et les larmes, Se tiennent par la main de ta bouche à ton cœur, Et s'il te faut ainsi, pour y trouver des charmes, Sur Tautel du plaisir profaner le bonheur :

Ahl Laurette, ah! Laurette, idole de ma vie.

Si le sombre démon de tes nuits d^ insomnie Sans ce masque de feu ne saurait faire un pas, Pourquoi Tévoquais-tu, si tu ne m'aimais pas?

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