‹ Premieres poésies...1829-1835Chapitre 90 sur 91 · A MON AMI ALF». T · texte numérisé non relu

A MON AMI ALF». T

Dans mes jours de malheur, Alfred, seul entre mille, Tu m'es resté fidèle où tant d'autres m'ont fui. Le bonheur m'a prêté plus d'un lien fragile ; Mais c'est Tadversité qui m*a fait un ami.

C'est aiusi que les fleurs sur les coteaui fertiles Étalent au soleil leur vulgaire trésor ; Mais c'est au sein des nuits, sous des rochers stériles, Que fouille le mineur qui cherche un rayon d'or.

C'est ainsi que les mers calmes et sans orages Peuvent d'un flot d'azur bercer le voyageur ; Mais c'est le vent du nord, c'est le vent des naufrages, Qui jette sur la rive une perle au pécheur.

Maintenant Dieu me garde! Où vais-je? Ëb ! que m'importe? Quels que soient mes destins, je dis comme Byron : « L'Océan peut gronder, il faudra qu'il me porte. » Si mon coursier s'abat, j'y mettrai l'éperon.

Mais du moins j'aurai pu, frère, quoi qu'il m'arrivo, De mon cachet de deuil sceller notre amitié, Et, que demain je meure ou que demain je vive, Pendant que mon cœur bat, t'en donner la moitié.

liai 1832.

A M" N. MÉNESSIER

qui avait mis en musique des paroles de l'auteur.

Madame, il est heureux, celui dont la pensée (Qu'elle fût de plaisir, de douleur ou d'amour) Â pu servir de sœur à la vôtre un seul jour.

Son âme dans votre âme un instant est passée ;

Le rêve de son cœur un soir s^est arrêté, Ainsi qu'un pèlerin, sur le seuil enchanté Du merveilleux palais tout peuplé de féeries Où dans leurs voiles blancs dorment vos rêveries.

Qu'importe que bientôt, pour un autre oublié. De vos lèvres de pourpre il se soit envolé Gomme l'oiseau léger s'envole après Torage?

Lorsqu'il a repassé le seuil mystérieux.

Vos lèvres Tout doré, dans leur divin langage, D'un sourire mélodieux.

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