‹ Premieres poésies...1829-1835Chapitre 91 sur 91 · A MADAME · texte numérisé non relu

A MADAME

qui avait envoyé, par plaisanterie, un petit écu à Tauleur.

Vous m'envoyez, belle Emilie, Un poulet bien emmaillotlé ; Votre main discrète et polie L'a soigneusement cacheté.

Mais l'aumône est un peu légère, Et, malgré sa dextérité, Cette main est bien ménagère Dans ses actes de charité.

C'est regarder à la dépense Si votre offrande est un paiement.

Et si c'est une récompense, Vous n'aviez pas besoin d'argent.

A l'avenir, belle Emilie, Si votre cœur est généreux.

Aux pauvres gens, je vous en prie, Faites l'aumône avec vos yeux.

Quand vous trouverez le mérite.

Et quand vous voudrez le payer, Souvenez-vous de Marguerite Et du poète Alain Char lier.

11 était bien laid, dit Thistoire,

La dame était Olle de roi ;

Je suis bien obligé de croire

Qu'il faisait mieux les vers que moi.

Mais si ma plume est peu de chose,

Mon cœur, hélas I ne vaut pas mieux ;

Fût-ce même pour de la prose,

Vos cadeaux sont trop dangereux.

Que votre charité timide

Garde son argent et son or,

Car en ouvrant votre main vide,

Vous pouvez donner un trésor.

FIN DU PREMIER VOLUMf:.

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