‹ Premières poésies, 1830-1845Chapitre 113 sur 131 · CONSOLATION · texte numérisé non relu

CONSOLATION

Comment peindre tes yeux aux paupières arquées, Tes tempes couleur d'or, de cheveux noirs plaquée Ta bouche de grenade où luit le feu vermeil Que dans le sang du More alluma le soleil? L'Orient tout entier dans tes regards rayonne, Et bien que Gracia soit le nom qu'on te donne, El que jamais objet n'ait été mieux nommé, Tu devrais t'appeler Zoraïdc ou Fatmé!

Grenade.

/"étais monté plus haut que l'aigle et le nuage; ious mes pieds s'étendait un vaste paysage, Cerclé d'un double azur par le ciel et la mer; Et les crânes pelés des montagnes géantes En foule jaillissaient des profondeurs béantes, Comme de blancs écueils sortant du gouffre amer.

C'était un vaste amas d'éboulemenls énormes, Des rochers grimaçant dans des poses difformes, Des pics dont l'œil à peine embrasse la hauteur, Et, la neige faisant une écume à leur crête, On eût dit une mer prise un jour de tempête, Un chaos attendant le mot du Créateur.

Là dorment les débris des races disparues,

Le vieux monde noyé sous les ondes accrues,

Le Béhémot biblique et le Léviathan.

Chaque mont de la chaîne, immense cimetière,

Cache un corps monstrueux dans son ventre de pierre,

Et ses blocs de granit sont des os de Titan !

Sierra-Nevada,

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