‹ Premières poésies, 1830-1845Chapitre 114 sur 131 · LE POETE ET LA FOULE · texte numérisé non relu

LE POETE ET LA FOULE

La foule est comme l'eau qui fuitles hauts sommets,

Où le niveau n'est pas, elle ne vient jamais.

Donc, sans prendre à lui plaire une peine perdue,

Ne fais pas d'escalier à ta pensée ardue :

Une rampe aux boiteux ne rend pas le pied sûr.

Que le pic solitaire escalade l'azur,

L'aigle saura l'atteindre avec un seul coup d'aile,

Et posera son pied sur la neige éternelle,

La neige immaculée, au pur reflet d'argent,

Pour que Dieu, dans son œuvre allant et voyageant,

Comprenne que toujours on fréquente les cimes

lilt qu'on monte au sommet des poëmes sublimes.

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