‹ Premières poésies, 1830-1845Chapitre 116 sur 131 · LE CHASSEUR · texte numérisé non relu

LE CHASSEUR

La montagne en courroux répondit à la plaine :

— C'est moi qui fais germer les moissons sur ton sol ; Du midi dévorant je tempère l'haleine;

J'arrête dans les cieux les nuages au vol!

Je pétris de mes doigts la neige en avalanches; Dans mon creuset je fonds les cristaux des glaciers, Et je verse, du bout de mes mamelles blanches, En longs filets d'argent, les fleuves nourriciers.

Le poëte, à son tour, répondit à la foule :

— Laissez mon pâle front s'appuyer sur ma main. N'ai-je pas de mon flanc, d'où mon âme s'écoule, Fait jaillir une source où boit le genre humain?

. Sierra-Nevada.

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