‹ Premières poésies, 1830-1845Chapitre 61 sur 131 · ABSENCE · texte numérisé non relu

ABSENCE

Reviens, reviens, ma bien-aimée; Comme une fleur loin fin soleil, Lu fleur de ma vie est fermée Loin de ton sourire vermeil.

Entre nos cœurs tant de distance !

Tant d'espace entre nos baisers 0 sort amer ! ô dure absence !

0 grands désirs inapaiscs!

D'ici là-bas que de campagnes, Que de villes et de hameaux, Que de vallons et de montagnes, A lasser le pied des chevaux

Au pays qui me prend ma belle, Hélas ! si je pouvais aller; Et si mon corps avait une aile Comme mon âme pour voler

Par-dessus les vertes collines, Les montagnes au front d'azur, Les champs rayés et les ravines, J'irais d'un vol rapide et sûr.

Le corps ne suit pas la pensée; Pour moi, mon âme, va tout droit, Comme une colombe blessée, T'abattre au rebord de son toit.

Descends dans sa gorge divine, Blonde et fauve comme de l'or, Douce comme un duvet d'hermine, Sa ^orge, mon royal trésor;

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