‹ Premières poésies, 1830-1845Chapitre 84 sur 131 · A UNE JEUNE ITALIENNE · texte numérisé non relu

A UNE JEUNE ITALIENNE

Février grelottait blanc de givre et de neige; La pluie, à flots soudains, fouettait l'angle des toits ; Et déjà tu disais : — 0 mon Dieu ! quand pourrai-je Aller cueillir enfin la violette au bois?

Notre ciel est pleureur, et le printemps de France, Frileux comme l'hiver, s'assied près des tisons ; Paris est dans la boue au beau mois où Florence Egrène ses trésors sous l'émail des gazons.

Vois, les arbres noircis contournent leurs squelettes; Ton âme s'est trompée à sa douce chaleur : Tes yeux bleus sont encor les seules violettes, Et le printemps ne rit que sur ta joue en fleur !

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