‹ Premières poésies, 1876-78 (volume 2)Chapitre 7 sur 42 · AU COLLÈGE · texte numérisé non relu

AU COLLÈGE

L mourut en avril, â Is fin du carême.

C'était wa grand garçon, un peu maigre et très-bléme,

Qui servait à la messe et chantait au salut.

On en eût fait un prêtre, un jour : c^était le but ;

Du moins, on en parlait souvent au réfectoire.

Il conservait le tiers de ses points en' histoire,

Et lisait couramment le grec et le latin.

CTétait lui qui somiait le premier, le matin,

La cloche du réveil en allant à l'église.

99 Pinceaux et PaleUê

Les trotis de son habit laissaient voir sa chemise, Qu'il prenait soin toujoius de cacher au dortoir. On ne le voyait pas comme un autre au parloir, Pas même le dimanche après le saint office.

Ce garçon n'avait point pour deux sous de malice, Seulement, à l'étude, il dormait sur son banc Le maître descendait le réveiller, souvent, Et le poussait longtemps — ce qui nous faisait rire. Sa main tremblait toujours, quand il voulait écrire. Le soir, il liii venait du rouge sur les yeux. Les malins le bernaient et s'en moquaient entre eux ; ' Alors, il préférait laisser dire et se taire* L'on n'aurait, j'en suis sûr, jamais su le mystère, Si son voisin de lit n'eût avoué, sans bruit,

Qu'il toussait et crachait du sang toute la nuit.

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