AU COLLÈGE
Il mourut en avril, à la tin du carême.
C'était un grand garyon, un peu maigre et très-l»léme,
Qui servait à la messe et chantait au salut.
On en eût fait un prêtre, un jour : c'était le l>ut ;
Du moins, on en parlait souvent au réfectoire.
Il conservait le tiers de ses points en histoire.
Et lisait couramment le grec et le latin.
C'était lui qui sonnait le premier, le matin,
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La cloc;lie du réveil en allant il l'églisje.
Les trous de son habit laissaient voir sa chemise,
Qu'il prenait soin tcnijours de cacher au dortoir.
On ne le voyait pas comme un autre au parloir,
Pas même le dimanche après le saint oHîce.
Ce garçon n'avait point pour deux sous de malice,
Seulement, à l'étude, il dormait sur son banc.
Le maître descendait le réveiller, souvent.
Et le poussait longtemps— ce qui nous faisait rire.
Sa main tremblait toujours, quand il voulait écrire.
Le soir, il lui venait du rouge sur les yeux.
Les malins le bernaient et s'en moquaient entre eux ;
Alors, il préférait laisser dire et se taire.
L'on n'aurait, j'en suis sûr, jamais su le mystère.
Si son voisin de lit n'eût avoué, sans bruit.
Qu'il toussait et crachait du sang toute la nuit.
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