‹ Premières poésies, 1883-1886Chapitre 13 sur 34 · LA LUNE SE LEVA · texte numérisé non relu

LA LUNE SE LEVA

La lune se leva bizarrement cornue

Parmi les tulipiers au bout de Tavenue,

Ce soir. 0 la villa proprette et ses blancs murs,

Et son balcon de bois charg-é de raisins mûrs.

0 la brise d'été qu'embaumaient les ramures En fleurs, qu'embaumaient les pins et la haie aux mûres L'air de violon qui s'est plaint soudain : connu, Air connu, très doux et comme ressouvenu.

126 PREMIÈRES POÉSIBS

Le vin que nous buvions sentait la peau de Toutre.

Je vous pris les deux mains, mais vous passâtes outre,

Ce soir, sur le balcon où grimpaient des muscats.

Pire que bonne vous fûtes et je fus sag-e. Vous aviez un bouquet de cassie au corsage, Et votre cou cerclé d^un collier de ducats.

LES CANTILENBS

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