‹ Premières poésies, 1883-1886Chapitre 27 sur 34 · AGHA VELI · texte numérisé non relu

AGHA VELI

Dans la salle de sa maison, De sa maison aux cent fenêtres, Avec ses pareils et ses maîtres Il partage la venaison :

Parmi les fleurs des champs en gerbes Ce sont des sangliers entiers, Des chevreuils roux et des quartiers De cerfs aux ramures superbes.

178 PRBMIÈRES POESIES

Les eunuques silencieux Versent les liqueurs parfumées Dans les fines coupes gemmées Et dans les hanaps précieux;

Tandis que pour charmer la fête, Des esclaves de Bassora Dansent au son du tamboura Avec un sabre sur la tête.

Un oiseau rose, oiseau jolî, Oiseau qui parle, tel un homme, L'on ne sait d'où, Ton ne sait comme. Il entre et dit : « Agha Véli

Ta belle aux yeux bleus et ta blonde, Ta blonde aux baisers de carmin, On va la marier demain Au fils du roi de Trébizonde. »

Page 1