C. Leconte de l'Isle
— Si je ne vous envola pas ?7îes exemplaires, c'est que je les ai prêtés h M"^ Eugénie.
Rennes, 26 mai 1840.
Mon cher Ami, si je ne vous expédie pas les deux premières livraisons de la Variété^ c'est que j'ai pensé qu'il serait mieux que votre propre nom et votre adresse définitive fussent inscrits sur le registre des abonnements. Ainsi, lorsque vous serez à Sarzeau, envoyez-moi par la poste les sept francs vingt centimes avec une lettre, et je vous ferai parvenir, lundi probablement, les trois premières livraisons de la revue.
J'ai maintenant une prière à vous faire : c'est de ne m'écrire que lorsque vous pourrez affranchir vos lettres, car on refuse de les payer pour moi, et je ne possède plus un centime. Malgré mon vif chagrin de cet obstacle dans notre correspondance, je ne voudrais pas que mon amitié
ET LETTRES INTIMES gg,
devînt une charge pour vous. Ainsi, lorsque vous pourrez affranchir^ écrivez-moi, mon cher Ami, et je ressentirai bien vivement cette preuve de votre bonne affection. Je suis maintenant dans un accès de tristesse et d'inquiétude, car je ne sais que devenir. Si je pouvais trouver une place quelconque qui me permît de vivre et d'écrire, je Faccepterais avec joie. Tenez, il y a des moments d'abattement où l'expansion même fait mal. Il m'est impossible de vous analyser toute ma colère et mon ennui.
N'oubliez pas, aussitôt à Sarzeau, de me donner votre adresse.
Adieu, mon cher Rouffet. Soyez heureux et croyez à mon affection dévouée.