‹ Premières satires de DulorensChapitre 3 sur 40 · IV NOTICE · texte numérisé non relu

IV NOTICE

sat. vu) dans le volume qu'il publia en 1624 et que nous réimprimons aujourd'hui :

Encor qu'en tous climats naissent des gens de bien, Quand un homme est Normant on dit qu'il ne vaut rien ; L'argument passeroit avec des lavandières, Car que vaudrois-je, moy qui suis né des lisières?

Donc, moitié Percheron^ moitié Normand, il reçut l'éducation convenable aux emplois auxquels on le destinait, c'est-à-dire qu'après avoir fait de fortes études chez le curé de son pays*, il prit ses degrés à la faculté, et se fit recevoir docteur in utroque jure. C'est ce qu'on voit dans la 22« satire de son recueil de 1646 :

Encore qu'autrefois j'aye pris mes degrez, Je suis fort peu versé* dans les livres sacrez.

et dans la 17^ du même recueil :

Estant jeune advocat, après estre docteur, Et voyant qu'au barreau je n'étois qu'auditeur. Que d'autres moins sçavans plaidoient pour les parties, Moy de jeter le froc par dépit aux orties,

I . Mon pire pour cela m*envoyoit à V école D*un curé qui n'esîoit au roole des pédans, Et c'est luy qui m*afait sçavant jusques aux dents, A luy je suis debteur et à ce mien bon père.

(Liv. II, sat. m du présent volume.)

SUR JACQUES DULORENS V

Détester le bonnet, n'aller plus au Palais,

Où Ton m'eût pris souvent sans cause et de relais.

Une vie manuscrite de Dulorens, anciennement ajoutée à un exemplaire de ses dernières satires, et qui pourrait avoir été tracée par Dreux du Radiers fait connaître que c'est au Parlement de Paris qu'il suivait les audiences^ et cite à l'appui ces termes de son commentaire sur la coutume de Châteauneuf : « M. Amauld, lors avocat, qui depuis a esté contrôleur général des finances^ plaidoit dans la cause de M. Marion (Simon), pour le roy. J'estois lors jeune avocat au Palais. »

C^était donc dans la grande salle gothique du Palais de Paris, autour de la fameuse table de marbre noir, que le jeune clerc de la basoche promena longtemps ses pas inoccupés, écrivant plus de vers qu'il ne plaidait de procès.

Las de son inaction, il alla s'établir à Chartres, en qualité d'avocat au Présidial. Il y trouva des clients à défendre, mais aussi des occasions d'exer-

I . C'est en effet, sauf quelques variantes, la même notice qui figure dans les Eloges historiques des Hommes illustres du Thimerais, par Dreux du Radier (Paris, J. Berthier, 1749, in-12), réimprimés en 1859, in-12, à Nogent-Ie-Rotrou, par A. Gouverneur, avec introduction et notes par Doublet de Boisthibault (Chartres, Noury-Coquard, libraire).

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