‹ Premières semailles. Préf. de M. l'abbe Camille RoyChapitre 32 sur 32 · LE SEMEUR · texte numérisé non relu

LE SEMEUR

Au soir d’une longue journée de printemps, lorsque l’ombre débouche, rapide et envahissante, des monts et des bois, lorsque le sol fraîchement remué charge l’air de ses parfums enivrants, lorsque la clameur naissante des grenouilles trouble l’âme des enfants, vous verrez souvent un robuste semeur de chez-nous recueilli et méditatif au moment de prendre le chemin de la maison.

Soudain un chapeau s’abaisse, des genoux fléchissent, et des mots suppliants, doux comme les zéphirs qui les portent, s'élèvent dans le silence du soir :

‘ J'ai semé mon meilleur grain avec mes sueurs dans de généreux sillons ; il vous appartient, mon Dieu, de faire germer. . .”

Serait-il permis à un modeste semeur d’idées agricoles de réclamer l’indulgence des amis de la terre pour son premier geste, pour ses Premières Semailles ?

A Dieu qui féconde toutes les œuvres des humains, je demande d’ouvrir quelques généreux sillons, où cette première semence puisse germer à son tour.

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