‹ Premièros méditations et Nouvelles méditationsChapitre 12 sur 54 · LA PROVIDENCE ▲ L*HOMME · texte numérisé non relu

LA PROVIDENCE ▲ L*HOMME

Qooi! le fili du néant a maudit Texiitence !

Quoi ! tu peux m'accnser de mes propres bienfaits ! Tu peux fermer tes yeux à la magnificence Des dons que Je t'ai faits !

Tu n'étais pat encor , créature insensée , Déjà de ton bonheur j'enfantais le dessein; Déjà, comme son fruit, l'étemelle pensée Te portait dans son sein.

Oui, ton être futur vivait dans ma mémoire; Je préparais les temps selon ma volonté.

Enfin ce jour parut ; je dis : Nais pour ma gloire Et ta félicité !

Tu naquis : ma tendresse, invisible et présente « Ile livra pas mon œuvre aux chances du hasard -, J 'échauffai de te» sens la sève languissante Des feux de mon regard.

D'un lait mystérieux je remplis la mamelle ; Tu t'enivras sans peine à ces sources d'amour. J'affermis les ressorts, j'arrondis la prunelle Où se peignit le jour.

Ton âme , quelque temps par les sens éclipsée , Comme tes yeux au jour, s'ouvrit à la raison : Tu pensas ; la parole acheva ta pensée , Et j'y gravai mon nom.

En quel éclatant caractère

Ce grand nom s'offrit à tes yeux !

Tu vis ma bonté sur la terre,

Tu lus ma grandeur dans les cieux !

L'ordre était mon intelligence ;

La nature , ma providence ;

L'espace , mon immensité t

£1 de mou être, ombre altéra, »' l^^ Le temps te peigitit ma durée, £t le destin, ma volonté!

Tu m'adoras dans ma puissance,

Tu me bénis dans ton bonheur ,

£t ta marchas en ma présence

Bans la simplicité du cceur;

Mais aujourd'hui que Tinfortune 1 P •

A couvert d'une ombre impurtnne

Ces vives clartés du réveil , «(«.->*

Ta voix m'interroge et me blâme,

Le nuage couvre ton âme,

£t tu ne crois plus au soleil.

• Non , tu n'es plus qu'un grand problème t Que le sort offre à la raison ;

» Si ce monde était ton emblème ,

• Ce monde serait juste et bon. • Arrête, orgueilleuse pensée!

A la loi que je t'ai tracée Tu prétends comparer ma loi ?

Connais leur différence auguste :

Tu n'as qu'un jour pour être juste J'ai réiemité devant moi l

Quand les voiles de ma sagesse A iea yeux seront abattus.

Ces maux dont gémit ta faiblesse, Seront transformés en vertus.

De ces obscurités cessantes Tu verras sortir triomphantes

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Ma justice et ta liberté; C^est la flamme qui purifie Le creuset divin où la \ie Se change en immortalité !

Mais ton cœur endurci doute et murmure encore :

Ce jour ne suffit pas à tes yeux réiroltés ,

£t dans la nuit des sens tu voudrais voir éclore

De rétemelle aurore

Les célestes clartés!

Attends ; ce demi-jour y mêlé d'une ombre obscure , Suffit pour te guider en ce terrestre lieu :

Regarde qui je suis , et marche sans murmure ,

Gomme fait la nature

Sur la foi de son Dieu.

La (erre ne sait pas la loi qui la féconde; L'Océan , refoulé sous mon bras tout-puissant , Sait-il comment , au gré du nocturne croissant ^

De sa prison profonde

La mer vomit son onde ,

£t des bords qu'elle inonde

Recule en mugissant?

Ce soleil éclatant, ombre de la lumière , Sait-il où le conduit le signe de ma main?

S'est-il tracé lui-même un glorieux chemin ?

Au bout de sa carrière ,

Quand j'éteins sa lumière,

Promet-il à la terre

Le soleil de demain ?

Cependant tout subsiste et marche en assurance. Ma Toix chaque matin réTeille l'unÎTers !

J'appelle le soleil du fond de ses déserts :

Franchissant la distance ,

Il monte en ma présence,

Me répond , et s'élance

Sur le trône des airs ! ^ ' . a ( ^ - -

Et toi , dont mon souffle est la Tie , Toi ^ur qui mes yeux sont ouTerts , Peux-tu craindre que je t'oublie, Homme , roi de cet univers ?

Crois-tu que ma Tertu sonmieille ?

IVon, mon regard immense Teille Sur tous les mondes à la fois !

La mer qui fuit à ma parole , Ou la poussière qui s'envole, Suivent et comprennent mes lois.

Marche au flambeau de l'espérance ' "

Jusque dansfombre du trépas,

Assuré que ma providence

Ne tend point de piège A tes pas.

Chaque aurore la justifie ,

L'univers entier s'y confie,

Et l'homme seul en a douté !

Mais ma vengeance paternelle

Confondra ce doute infidèle

Dans l'abime de ma bonté.

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