LA PROVIDENCE ▲ L*HOMME
Qooi! le fili du néant a maudit Texiitence !
Quoi ! tu peux m'accnser de mes propres bienfaits ! Tu peux fermer tes yeux à la magnificence Des dons que Je t'ai faits !
Tu n'étais pat encor , créature insensée , Déjà de ton bonheur j'enfantais le dessein; Déjà, comme son fruit, l'étemelle pensée Te portait dans son sein.
Oui, ton être futur vivait dans ma mémoire; Je préparais les temps selon ma volonté.
Enfin ce jour parut ; je dis : Nais pour ma gloire Et ta félicité !
Tu naquis : ma tendresse, invisible et présente « Ile livra pas mon œuvre aux chances du hasard -, J 'échauffai de te» sens la sève languissante Des feux de mon regard.
D'un lait mystérieux je remplis la mamelle ; Tu t'enivras sans peine à ces sources d'amour. J'affermis les ressorts, j'arrondis la prunelle Où se peignit le jour.
Ton âme , quelque temps par les sens éclipsée , Comme tes yeux au jour, s'ouvrit à la raison : Tu pensas ; la parole acheva ta pensée , Et j'y gravai mon nom.
En quel éclatant caractère
Ce grand nom s'offrit à tes yeux !
Tu vis ma bonté sur la terre,
Tu lus ma grandeur dans les cieux !
L'ordre était mon intelligence ;
La nature , ma providence ;
L'espace , mon immensité t
£1 de mou être, ombre altéra, »' l^^ Le temps te peigitit ma durée, £t le destin, ma volonté!
Tu m'adoras dans ma puissance,
Tu me bénis dans ton bonheur ,
£t ta marchas en ma présence
Bans la simplicité du cceur;
Mais aujourd'hui que Tinfortune 1 P •
A couvert d'une ombre impurtnne
Ces vives clartés du réveil , «(«.->*
Ta voix m'interroge et me blâme,
Le nuage couvre ton âme,
£t tu ne crois plus au soleil.
• Non , tu n'es plus qu'un grand problème t Que le sort offre à la raison ;
» Si ce monde était ton emblème ,
• Ce monde serait juste et bon. • Arrête, orgueilleuse pensée!
A la loi que je t'ai tracée Tu prétends comparer ma loi ?
Connais leur différence auguste :
Tu n'as qu'un jour pour être juste J'ai réiemité devant moi l
Quand les voiles de ma sagesse A iea yeux seront abattus.
Ces maux dont gémit ta faiblesse, Seront transformés en vertus.
De ces obscurités cessantes Tu verras sortir triomphantes
46 MÉDITATIOUS
Ma justice et ta liberté; C^est la flamme qui purifie Le creuset divin où la \ie Se change en immortalité !
Mais ton cœur endurci doute et murmure encore :
Ce jour ne suffit pas à tes yeux réiroltés ,
£t dans la nuit des sens tu voudrais voir éclore
De rétemelle aurore
Les célestes clartés!
Attends ; ce demi-jour y mêlé d'une ombre obscure , Suffit pour te guider en ce terrestre lieu :
Regarde qui je suis , et marche sans murmure ,
Gomme fait la nature
Sur la foi de son Dieu.
La (erre ne sait pas la loi qui la féconde; L'Océan , refoulé sous mon bras tout-puissant , Sait-il comment , au gré du nocturne croissant ^
De sa prison profonde
La mer vomit son onde ,
£t des bords qu'elle inonde
Recule en mugissant?
Ce soleil éclatant, ombre de la lumière , Sait-il où le conduit le signe de ma main?
S'est-il tracé lui-même un glorieux chemin ?
Au bout de sa carrière ,
Quand j'éteins sa lumière,
Promet-il à la terre
Le soleil de demain ?
Cependant tout subsiste et marche en assurance. Ma Toix chaque matin réTeille l'unÎTers !
J'appelle le soleil du fond de ses déserts :
Franchissant la distance ,
Il monte en ma présence,
Me répond , et s'élance
Sur le trône des airs ! ^ ' . a ( ^ - -
Et toi , dont mon souffle est la Tie , Toi ^ur qui mes yeux sont ouTerts , Peux-tu craindre que je t'oublie, Homme , roi de cet univers ?
Crois-tu que ma Tertu sonmieille ?
IVon, mon regard immense Teille Sur tous les mondes à la fois !
La mer qui fuit à ma parole , Ou la poussière qui s'envole, Suivent et comprennent mes lois.
Marche au flambeau de l'espérance ' "
Jusque dansfombre du trépas,
Assuré que ma providence
Ne tend point de piège A tes pas.
Chaque aurore la justifie ,
L'univers entier s'y confie,
Et l'homme seul en a douté !
Mais ma vengeance paternelle
Confondra ce doute infidèle
Dans l'abime de ma bonté.
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