‹ Premièros méditations et Nouvelles méditationsChapitre 13 sur 54 · SOUTENIR · texte numérisé non relu

SOUTENIR

^ £h vain le jour euccède au jour, Ils glisfent eans laisser de trace; Dans mon âme rien ne t'efface, dernier songe de l'amour !

Je vois mes rapides années S'accumuler derrière moi, Gomme le chêne autour de soi Toit tomber ses feuilles fanées.

Mon front est blanchi par le temps } Mon sang refroidi coule à peine , Semblable a cette onde qu'enchaîne Le souffle glacé des autans. \(|. .J,

' Mais ta jeune et brillante image , Que le regret Tient embellir, Dans mon sein ne saurait vieillir :

Gomme Tâme , elle n'a point d'âge.

Tfon f tu n'as pas quitté mes yeux -, Et quand mon regard solitaire Gessa de te voir sur la terre , Soudain je te vis dans les cieui.

Là , iu m'apparais telle encore Que tu fus à ce dernier jour , Quand vers ton céleste séjour Tu t'euTolas avec l'aurore.

Ta pure et touchante beauté Dans les cieux même t'a suivie ; Tes yeux , où s'éteignait la vie , Rayonnent d'immortalité !

Du zéphyr l'amoureuse haleine Soulève encor tes longs cheveux;

Sur ton sein leurs flots ooduleux.

Retombent en tresses d'ébène.

L'ombre de ce Toile incertain Adoucit encor ton image, Gomme Taube qui se dégage Des derniers Toiles du matin.

Du MBÎl la céleste flamme AveAes jours revient et fuit ; Mais mon amour n'a pas de nuit, Et tu luis toujours sur mon ftme.

(' C'est toi que j'entends, que je tois ; Dans le désert , dans le nuage , L'onde réfléchit ton image :

Le zépbyr m'apporte ta toîx.

Tandis que la terre sommeille , Si j'entends le Tent soupirer, Je crois t'en tendre murmurer V Des mots sacrés à mon oreille.

Si j'admire ces feui épars «^^ • -- - Qui des nuits parsSment le voile , Je crois te voir dans chaque étoile Qui plait le plus à mes regards.

j Et si le souffle du zéphyre M'enivre du parfum des fleurs , Dans ses plus suaves odeurs C'est ton souffle que je respire.

C'est ta main qui sèche mes pleurs , Quand je vais, triste et solitaire, Répandre en secret ma prière Près des autels consolateurs.

Quand je dors, tu veilles dans Pombre; Tes ailes reposent sur moi ; Tous mes songes viennent de toi, Doux comme le regard d'une ombre.

Pendant mon sommeil , si ta main De mes jours déliait la trame , | h Céleste moitié de mon âme , J^irais m'éveiller dans ton sein!

Comme deux rayons de l'aurore , Comme deux soupirs confondus , Nos deux âmes ne forment plus Qu^une âme , et je soupire encore {

Je

ODEl.

DcUcU nuyorain Immrrltiis laei.

PsVHJt ! des crhnes de Ces pères Le ciel , punissant tes enfans , De châtimens héréditaires Accablera leurs descendans !

54 HÉDITATIOnS

Jusqu'à ce qu'une main propice Relève l'au^^ste édifice Par qui la terre touche aux cieux ^ Et que le zèle et la prière Dissipent l'indigne poussière Qui couvre Timage des dieux!

Sortei de vos débris antiques , Temples que pleurait Israël ; Relevez-vous, sacrés portiques, Lévites , montez à Tautel !

Aux sons des harpes de Solyme, Que la renaissante victime Slmmole sous vos chastes mains ^ Et qu'avec les pleurs de la terre Son sang éteigne le tonnerre Qui gronde encor sur les humains!

Plein d'une superbe folie, Ce peuple au front audacieux S'est dit un jour : « Dieu m'humilie ; Soyons à nous-mêmes nos dieux.

Notre intelligence sublime A sondé le ciel et l'abtme Pour y chercher ce grand esprit ; Kais, ni dans les flancs de la terre.

Mais, ni dans les feux de la sphère, Son nom pour nous ne fut écrit

« Déjà nous enseignons au monde A briser le sceptre des rois; Déjà notre audace profonde

Se rit da joug usé des hm.

SecoueXy malheureux esclaTes, Secoues d'indignes eniraTes, Rentres dans votre liberté!

Mortel ! du jour où tu respires , Ta loi, c'est ce que tu désires; Ton devoir , c'est la volupté !

• Ta pensée a franchi l'espace , Tes calculs précèdent les temps , La foudre cède i ton audace, Les cieux roulent tes chars flottans; Comme un feu que tout alimente , Ta raison, sans cesse croissante, S'étendra sur l'immensité!

£t ta puissance, qu'elle assure, N'aura de terme et de mesure Que l'espace et l'éternité.

» Heureux nos fils ! heureux cet âge

Qui, fécondé par nos leçons,

Viendra recueillir l'héritage

Des dogmes que nous lui laissons!

Pourquoi les jalouses années

Bornent-elles nos destinées

A de si rapides instans?

loi trop injuste et trop dure !

Pour triompher de la nature

Que nous a-t-il manqué ? le temps. »

Hé bien! le temps sur vos poussières A peine encore a fait un pat !

Sortez, 6 mânes de nbg pères, Sortei de la nuit du trépas!

Yenei contempler Yotre ouvrage !

Yenes partager de cet âge La gloire et la félicité !

race en promesses féconde, Paraissez! bienfaiteurs du monde, Yoilà Totre postérité !

Que Tois-je? ils détournent la tuc, Et, se cachant sous leurs lambeaux, Leur foule , de bonté éperdue , - Fuit et rentre dans les tombeaux.

Tfon , non ; restez, ombres coupables -, Auteurs de nos jours déplorables , Restez! ce supplice est trop doux!

Le ciel , trop lent à vous poursuivre , Devait tous condamner à vivre Dans le siècle enfanté par vous!

Où sont-ils ces jours où la France , A la tête des nations , Se levait comme un astre immense Inondant tout de ses rayons?

Parmi nos siècles, siècle unique, De quel cortège magnifique La gloire composait ta cour !

Semblable au dieu qui nous éclaire, Ta grandeur étonnait la ferre.

Dont tes clartés étaient Tamour!

Toujours les siècles du génie Sont donc les siècles des vertus!

Toujours les dieux de rharmonie Pour les héros sont descendus!

Près du trône qui les inspire , Voyez-les déposer la lyre Dans de pures et chastes mains ; £t les Racine et les Turenne Enchaîner les grâces d'Athène Au char triomphant des Romains }

Mais , é déclin , quel souffle avide De notre âge a séché les fleurs?

Eh quoi! le lourd compas d'£uclide Étouffe nos arts enchanteurs!

Élans de Târae et du génie !

Des calculs la froide manie Chea nos pères vous remplaça :

Ils posèrent sur la nature Le doigt glacé qui la mesure , £t la nature se glaça !

Et toi ," prétresse de la terre , Vierge du Pinde ou de Sion.!

Tu fuis ce globe de matière , Privé de ton dernier rayon!

Ton souffle divin se retire De ces cœurs flétris que la lyre N'émeut plus de ses sons touchansj Et'pour son Dieu qui le contemple, Sans toi l'univers est un temple Qui n'a plus ni parfums. ni chants!

Pleurons donc, enfans de nos pères!

Pleurons! de deuil couvrons nos fronts!

LaTons dans nos larmes amères Tant d'irréparables affk-onts!

Gomme les fils d'Hëliodore, Rassemblons du soir à l'aurore Les débris du temple abattu ; Et sous ces cendres criminelles Cbercbons encor les étineelles Du génie et de la yertu!

OVXIBMB

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