LA SAGESSE
( irous qui passez comme l'ombre
f Par ce triste vallon ée pleurs,
Passagers sur ce globe sombre , ^ Hommes! mes frères en douleurs,
Écoutei : Toici yen Solirae
Un flon de la harpe sublime
Qui charmait Técho du Thabor :
Sion en frémit soua sa cendre ,
Et le TÎeux palmier croit entendre
La Toix du vieillard de Ségor.
Insensé le mortel qui pense; Toute pensée est une erreur :
Tivei, et mourei en silence; Car la parole est an Seigneur.
Il sait pourquoi flottent les mondes ; Il sait pourquoi coulent les ondes , Pourquoi les cieux pendent sur nous , Pourquoi le jour brille et s'efface , Pourquoi l'homme soupire et passe :
Et TOUS , mortels , que savez-Tous ?
Asseyes-Tous près des fontaines Tandis qu*agitant les rameaux , Du midi les tièdes haleines Font flotter l'ombre sur les eaux :
Au doux murmure de leurs ondes Exprimez tos grappes fécondes Où rougit l'heureuse liqueur ; Et de main en main sous yos treilles Passei-Tous ces coupes vermeilles Pleines de l'ivresse du cœur.
Ainsi qu'on choisit une rose Dans les guirlandes de Sârons, Choisissez une vierge éclose
Parmi les lis de tos TiUlonf ; Enivrei-voiu de son haleine; Écartez ses tresses d'ébèue, Groûtez les fruits de sa beauté. • Vivez, aimez, c'est la iiagesse :
Hors le plaisir ei la tendresse Tout est mensoni^ et vanité.
Gomme un lis penché par la pluie Courbe ses rameaux éplorés, Si la main du Seigneur tous plie.
Baissez votre tête, et pleurez.
Une larme à ses pieds vt *sée Luit plus que la perle enchâssée Dans son tabernacle immortel; £t le cœur blessé qui soupire Rend un son plus doux que la lyre Sous les colonnes de l'autel.
Les astres roulent en silence Sans savoir les routes des cieux; Le Jourdain vers Tabime immense Poursuit son cours mystérieux; L^aquilon , d'une aile rapide , Sans savoir où l'instinct le guide , S'élance et court sur vos sillons; Les feuilles que l'hiver entasse , Sans savoir où le vent les chasse , Volent en pâles tourbillons.
£t vous , pourquoi d'un sein stérile Empoisonner vos jours bornés ?
Le Jour présent yaut mieux que mille Des siècles qui ne sont pas nés.
Passeï, passes I ombres légères , Ailes, où sont allés tos pères, Dormir auprès de tos aïeux.
De ce Ut où la mort sommeille On dit qu'un jour elle s'éTeilla Gomme raurore dans les cieux.
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