SUR CETTE IIOUVELLE ÉDITION
vient, qui chante, qui prie , mais comme on prie quand on est dans le ciel. Avant Lamartine , on avait beaucojap parlé de Tode en France; tout le dix-septième siècle et le dix* huitième siècle ont été persuadés qu'ils avaient des odes et de& poètes lyriques ! J'en suis fâché pour la France , même en remontant jusqu'à Malherbe , il n'y a pas eu de poètes lyriques en France avant M. de Lamartine ; c'est lui qui a trouvé l'ode et qui nous Ta donnée , comme c'est Mirabeau qui a trouvé l'éloquence parlementaire. Être poète lyrique ou orateur!
deux choses rares et difficiles , surtout quand on vient les premiers dans un pays ! Ces nobles efforts portent leur récompense : à son premier pas, M. de Lamartine fut populaire; il répandit une grande lumière. Aujourd'hui, M. de Lamartine est un pouvoir ; c'est une de ces forces morales qui nous sont restées quand toutesles autresforces se sont perdues. Légitimité inviolable , elle est indépendante de toute révolution, et fondée dans l'âme des peuples : les peuples sont si reconnaissans à qui leur parle de serment f de religion, de patrie, de liberté,
d'amour !
Jules JANIN.
PREMIERES