A M. VICTOR HUGO
Li nuit , pour rafraîchir la nature embrasée , De ses cheveux d'ëbène exprimant la rosée , Pose aux sommets des monts ses pieds silencieux , Et Tombre et le sommeil descendent sur mes yeux.: I. 21
G'ëtnit llieure où jadis... mais aujourd'hui mon âme , Gomme un feu dont le vent n'excite plus la flamme Fait pour se ranimer un inutile effort, Retombe sur soi-même, et languit, et s'endort. Que ce calme lui pèse! lyre, ô mon génie !
Musique intérieure, ineffable harmonie , Harpes, que j'entendais résonner dans les airs Gomme un écho lointain des célestes concerts , Pendant qu'il en est temps, pendant qu'il vibre encore, Venez, venez bercer ce cœur qui vous implore. Et toi, qui donnes l'âme à mon luth inspiré, Esprit capricieux , viens , prélude à ton gré. Il descend ! il descend ! la harpe obéissante A frémi mollement sous son vol cadencé,
Et de la corde frémissante Le souffle harmonieux dans monâme a passé.
L'onde qui baise ce rivage, De quoi se plaint-elle à ses bords ?
Pourquoi le roseau sur la plage , Pourquoi le ruisseau sous l'ombrage, Rendent-ils de tristes accords ?
De quoi gémit la tourterelle Quand, dans le silence des bois.
Seule auprès du ramier fidèle , L'Amour fait palpiter son aile, Les baisers étouffent sa votx?
Et toi , dont la candeur se livre
Au doux sourire du bonheur, Bout le tendre regard m'eni?re , Me fait mourir, me fait revivre ; De quoi te plains-tu sur mon cœur ?
Plus jeune que la jeune aurore, Plus limpide que ce flot pur, Ton âme au bonheur vient d'éclore , Et jamais aucun souffle encore IV'en a terni le vague axur.
Cependant si ton cœur soupire De quelque poids mystérieux, Sur tes traits si la joie expire , Et si tout près de ton sourire Brille une larme dans tes yeux ,
Hélas ! c'est que notre faiblesse , Pliant sous sa félicité Comme un roseau qu'un «ouffle abaisse Donne l'accent de la tristesse Même au chant de la volupté ;
Ou bien peut-être qu'avertie
De la fuite de nos plaisirs , ,^'àme en extase anéantie l Se réveille et sent que la vie
fuit dans chacun de nos soupirs.;
Ah! laisse le zéphyr avide
A leur source arrêter tes pleurs,
Jouissons de l'heure rapide :
Le temps fuit, mais son flot limpide Du ciel réfléchit les couleurs.
Tout naît , tout passe , tout arrive Au terme ignoré de son sort :
A It)céan Tonde plaintive , Aux vents la feuille fugitive , L'aurore au soir , lliomme à la mort.
Mais qu'importe, ô ma bien -aimée!
Le terme incertain de nos jouis ?
Pourvu que sur l'onde calmée , Par une pente parfumée.
Le temps nous entraîne en son cours ;
Pourvu que, durant le passage, Couché dans tes bras à demi , Les yeux tournés vers ton image , Sans le voir, j'aborde au rivage Comme un voyageur endormi.
Le flot murmurant se retire Du rivage qu'il a baisé , La voix de la colombe expira , Et le voluptueux léphire Dort sur le calice épuisé.
Embrassons-nous, mon bien suprême, Et sans rien reprocher aux dieux. Un jour de la terre où l'on aime Évanouissons-nous de même En un soupir mélodieux.
Non , non , brise à jamais cette corde amollie ! Mon cœur ne répond plus à ta Tois affaiblie.
L'amour nV pas de sons qui puissent Teiprimer ; Pour révéler sa langue , 41 faut , il faut aimer. Un seul soupir du cœur que le cœur nous renvoie , Un œil demi-Toilé par des larmes de joie , Un regard, un silence , un accent de sa voix, Un mot toujours le même et répété cent fois , lyre! en disent plus que ta vaino barmonie î L'amour est à l'amour, le reste est au génie. Si tu veux que mon cœur résonne sous ta main , Tire un plus mâle accord de tes fibres d'airain.
J'entends, j'entends de loin comme une voix qui gronde^ Un souffle impétueux fait frissonner les airs ,
Gomme l'on toit frissonner l'onde , Quand l'aigle, au vol pesant, rase le sein des mers.
£h! qui m'emportera sur des flots sans rivages? Quand ponrrai-je, la nuit, aux clartés des orages, Sur un vaisseau sans mâts , au gré des aquilons , Fendre de l'Océan les liquides vallons ; n'engloutir dans leur sein, m'élancer sur. leurs cimes. Rouler avec la vague au fond des noirs abîmes, Et, revomi cent fois par les gouffres amers, Flotter comme l'écume au vaste sein des mers! D'effroi, de volupté, tour à tour éperdue,
Cent fois entre la vie et U mort suspendue , Peut-être que mon âme, au sein de ces horreurs, Pourrait jouir au moins de ses propres terreurs ; Et , prête à s'abîmer dans la nuit qu'elle ignore , A la vie. un moment se reprendrait encore, Gomme un homme roulant des sommets d'un rocher De ses bras tout sanglans cherche à s'y rattacher. Mais toujours repasser par une même route , Voir ses jours épuisés s'écouler goutte a goutte ^ Mais suivre pas à pas dans l'immense troupeau Ces générations , inutile fardeau , Qui meurent pour mourir, qui vécurent pour vivre, Et dont chaque printemps la terre se délivre , Gomme dans nos forêts le chêne avec mépris Livre aux vents des hivers ses feuillages flétris ; Sans regrets, sans espoir , avancer dans la vie C6mme>un vaisseau qui dort sur une onde assoupie ; Sentir son âme usée en impuissant efibrt Se ronger lentement sous la rouille du sort; Penser sans découvrir, aspirer sans atteindre, Briller sans éclairer ^ et pâlir sans s'éteindre : Hélas ! tel est mon sort et celui des humains. Nos pères ont passé par les mêmes chemins.
Chargés du même, sort, nos fils prendront nos places. Ceux qui ne sont pas nés 7 trouveront leurs traces. Tout s'use , tout périt, tout passe : mais, hélas! Excepté les mortels , rien ne change ici^bas.
Toi qui rendait la force a mon âme affligée y Esprit consolateur , que ta voix est changée !
On dirait qu'on entend, au séjour des douleurs, £ouler, À flots plaintifs, le sourd torrent des pleurs, fljvtirquoi gémir ainsi , comme un sou£Bie d'orage , A traders les rameaux qui pleurent leur feuillage ? Pourquoi ce ^ain retour Tcrs la félicilé ?
Quoi donc! ce qui n'est plus a-t-il jamais été? Faut-il que le regret , comme une ombre ennemie , Tienne s'asseoir sans cesse au festin de la vie, Et, d'un regard funèbre effrayant les bumains , Fasse tomber toujours les coupes de leurs mains ? Non : de ce triste aspect que ta vois me délivre! Oublions, oublions: c'est le secret de vivre. Tiens ; chante , et du passé détournant mes regirds , Précipite mon âme au milieu des hasards!
De quels sons belliqueux mon oreille est frappée ! C'est le cri du clairon, c'est la voix du coursier;
La corde de sang trempée
Retentit comme l'épée
Sur l'orbe du bouclier.
La trompette a jeté le signal des alarmes ;
Aux armes ! et l'écho répète au loin r Aux armes !
Dans la plaine , soudain les escadrons épars ,
Plus prompts que l'aquilon, fondent de toutes parts;
Et sur les flancs épais, des légions mortelles
S'étendent tout à coup comme deux sombres ailes.
Le coursier, retenu par un frein impuissant,
Sur ses jarrets plies s'arrête en frémissant.
La foudre dort encore, et sur la foule immense
Plane, ayec la terreur , un lugubre lilence :
On n'entend que le bruit de cent mille soldats , ^^
Marchant comme un seul homme au-devant du trépas. 4K
Les roulement des chars , les coursiers qui hennissent ,
Les ordres répétés qui daus l'air retentissent,
Ou le bruit des drapeaux soulevés par les Tenta,
Qui, dans les camps rivaux flottant à plis mouvans.
Tantôt semblent, enflés d'un souffle de victoire.
Vouloir voler d'eux-méme au-devant de la gloire,
£t tantôt retombant le Itmg des pavillons ,
De leurs funèbres plis couvrir leurs bataillons.
Mais sur le front des camps déjA les bronses grondent , Ces tonnerres lointains se croisent , se répondent f Des tubes enflammés la foudre avec effort Sort, et frappe en sifflant comme un souffle de mort^ Le boulet dans les rangs laisse une large trace. Ainsi qu'un laboureur qui passe et qui repasse , £t , sans se reposer déchirant le vallon , A côté du sillon creuse un autre sillon :
Ainsi le trait fatal dans les rangs se promène, £t comme des épis les couche dans la plaine.
Ici tombe un héros moissonné dans sa fleur.
Superbe, et l'œil brillant d'orgueil et de valeur. Sur son casque ondulant, d'où jaillit la lumière, Flotte d'un coursier noir l'ondoyante crinière : Ce casque éblouissant sert de but au trépas ; Par la foudre frappé d'un coup qu'il ne sent pas, Comme un faisceau d'acier il tombe sur l'arène \ Son coursier bondissant, qui sent flotter la rêne, Lance un regard oblique A son maître expirant, Revient, penche sa tête et le flaire en pleurant,
Là t ombe un vieux guerrier qui, né dans les alarmes, i^^Bles camps pour patrie, et pour amours, ses armes. I^e regrette rien que ses chers étendards , £t les suit en mourant de ses derniers regards... La mort Tole au hasard dans Thorrible carrière ; L'un périt tout entier; l'autre, sur la poussière, Gomme un tronc dont la hache a coupé les rameaux. De ses membres épars -voit yoler les lambeaux, Et , se traînant encor sur la terre humectée , Marque en ruisseaux de sang sa trace ensanglantée. Le blessé que la mort n'a frappé qu'à demi Fuit en Tain , emporté dans les bras d'un ami : Sur le sein l'un de l'autre ils sont frappés ensemble , Et bénissent du moins le coup qui les rassemble. Mais de la foudre en vain les liTides éclats PleuTcnt sur les deux camps ; d'intrépides soldats , Comme la mer qu'entr'ouvre une proue écumante Se referme soudain sur sa trace fumante , Sur les rangs écrasés formant de nouveaux rangs, Tiennent braver la mort sur les corps des mourans!...
Cependant , las d'attendre un. trépas sans vengeance ,
Les deux camps, animés d'une même vaillance,
Se heurtent , et du choc ouvrant leurs bataillons ,
Mêlent en tournoyant leurs sanglans tourbillons.
Sous le poids des coursiers les escadrons s'entr'ouvrent ,
D'une voûte d'airain les rangs pressés se couvrent ;
Les feux croisent les feux , le fer frappe le fer ,
Les rangs entrechoqués lancent un seul éclair :
Le salpêtre, au milieu des torrens de fumée,
Brille et court en grondant sur la ligne enflammée.
Et , d'un nuage épais enveloppant leur sort ,
Cache encore à nos yeux la victoire ou la mort , Ainsi quand deux torrens dans deux gorges profondes De deux monts opposés précipitant leurs ondes , Dans le lit trop étroit qu'ils vont se disputer Viennent au même instant tomber et se heurter ; Le flot choque le flot , les vagues courroucées , Rejaillissent au loin par les vagues poussées , D'une poussière humide obscurcissent les airs, Du fracas de leur chute ébranlent les déserts, £t portant leur fureur au lit qui les rassemble , Tout en s'y combattant leurs flots roulent ensemble. Mais la foudre se tait. Écoutez... Des concerts De cette plaine en deuil s'élèvent dans les airs : La harpe, le clairon, la joyeuse cymbale , Mêlant leurs voix d'airain montent par intervalle. S'éloignent par degrés , et sur Taile des vents Nous jettent leurs accords, et les cris des mouransi... De leurs brillans éclats les coteaux retentissent ; Le cœur glacé s'arrête , et tous les sens frémissent ; £t dans les airs pesans que le son vient froisser On dirait qu'on entend l'âme des^morts passer ! Tout À coup le soleil dissipant le nuage.
Éclaire avec horreur la scène du carnage ; £t son pâle rayon, sur la terre glissant, Découvre à nos regards de longs ruisseaux de sang , Des coursiers et des chars brisés dans la carrière, Des membres mutilés épars sur la poussière.
Les débris confondus des armes et des corps , £t des drapeaux jetés sus des monceaux de morts.
Accoures maintenant, amis, épouses j mères!
Venez compter vos fils , vos amans et vos frères ;
« • Venez sur ces débris disputer aui Tautours . JJl^fefeDoir de tos Tieux ans, les fruits de vos amours. ^^^Pm de larmes sans fin sur eux Tont se répandre î Dans Tos cités en deuil, que de cris vont s'entendre, Avant qu'avec douleur la terre ait reproduit , .Misérables mortels ce qu'un jour a détruit ! Mais au sort des humains la nature insensible Sur leurs débris épars suivra son cours paisible : Demain, la douce aurore, en se levant sur eux, ' Dans leur acier sanglant réfléchira ses feux; Le fleuve lavera sa rive ensanglantée, Les vents balaieront leur poussière infectée. Et le sol, engraissé de leurs restes fumans, Cachera sous des fleurs leurs pâles ossemens!
Silence , Esprit de feu , mon âme épouvantée
Suit le frémissement de ta corde irritée,
£t court en frissonnant sur tes pas belliqueux.
Comme un char emporté par deux coursiers fougueux ;
Mais mon œil attristé de ces sombres images
Se détourne en pleurant vers de plus doux rivages^
N'as-tu point sur ta lyre un chant consolateur?
N'as-tu pas entendu la flûte du pasteur;
Quand seul , assis en paix sous le pampre qui plie ,
Il charme par ses airs les heures qu'il oublie ,
Et que l'écho des bois , ou le fleuve en coulant ,
Porte de saule en saule un ton plaintif et lent ?
Souvent, pour l'écouter, le soir, sur la colline.
Du côté de ses chants mon oreille s'incline ,
Mon cœur, par un soupir soulagé de son poids,
Dans un monde étranger se perd avec la 7oix; Et je sens par momens, sur mon âme calmée, Passer ^arec le son une brise embaumée.
Plus douce qu'à mes sens l'ombre des arbrisseaux , Ou que l'air rafraîchi qui sort du lit des eaux.
Un vent caresse ma lyre :
Est-ce l'aile d'un oiseau ?
Sa voix dans le cœur expire , Et l'humble corde soupire Comme un flexible roseau.
vallons paternels ! doux champs , humble chaumière , Au bord penchant des bois suspendue aux coteaux, Dont l'humble toit , caché sous des touifes de lierre , Ressemble au nid sous les rameaux;
Gazons entrecoupés de ruisseaux et d'ombrages, Seuil antique où mon père, adoré comme un roi, Comptait ses gras troupeaux rentrant des pâturages , Ouvrez-vous! ouvrez-vous! c'est moi.
Voilà du Dieu des champs la rustique demeure. J'entends l'airain frémir au sommet de ses tours; Il semble que dans l'air une voix qui me pleure Me rappelle à mes premiers jours.
Ouï , je renmië à loi , bercMfl de mon enfance , }^ flll^raBter pour jamab te» f#yer» preteoleun ; " * ^oin de moi les cités et leur Taioe opulence , Je suit né panui lea pgMeara!
Enftint y j'aimab , «omme enz , à euivfie dana la plaine \ Lea agneaux pas à pas , égarée jusqu'au soir ; A revenir , comme eux , baigner leur blanche laine Dana raau coitmnie du lavoir.
, J'aimais à me snspendre aux liaoea légères, A gravir dans les airs de rameaux en rameaux, Pour ravir , le premier , sous Taile de leurs mères , Les tendres mufs des tourtereaux.
J'aimais les voix du soir dans les airs répandues , j Le bruit lointain detf chairs gémissanf sous leur poids ; Et le sourd tintement des cloches suspendues Au eou dea oheiveaux, dans les bois.
^ ïl dcfmis , exidé de ees doncei retraites , l Comme un vase imprégné d'une ptemière odettf, Toujours, loin des cités, des voluptés secrètes EntMkiaient mes yeux et mott cosur.
Beaux lieux y véeetex-moi sous vos sacrés ombrages ; ^' Vous qui couvres le seuil de rameaux éplorés , ( Saules contemporains, courbes vos longs feuillages Sur le frère que vous plewrei.
Reconnaisses mea pas, doux gasons que je foule, / u Arbres , que dans mes jeux j'insultais autrefois ;
254 SÉDITAtiONS
Et toi qui, loin de moi; te caelieit. ft ta- foule,
Triste ^ho, réftondf à me voix. ^^
Je ne Tiens pas traîner, dans ?os riana âsilea, -
Les remets du passé, les songes du futur :
J'f. Tiens TÎTre, et, couché sous tos berceaux fertile»,
Abriter mon repos obscur.
S'éTeiller, le cœur pur, au réreii de Taurore; Pour bénir, au matin, le Dieu qui fait les jours; Yoir les fleurs du Talion sous. la J^oséeéelore •
Comme pour fêter son retour ; , .
Respirer les parfums que la colline exhale, ;
Ou l'humide fraîcheur qui tombe des forêts ; Voir onduler de loin Thaleine matinale - Sur le sein flottant des guérets;
Conduire la génisse à la source qm'eUe aime.
Ou suspendre la chèTre au cytise embaumé; Ou Toir ses blancs taureaux Tenir* tendre d'eut-méme Leur front au joug accoutumé ; . .
Guider un soc: tremblant dans le sillon- qui eiie; Du pampre domestique émouder les berceaux, Ou creuser mollement, au sein de la prairie, Les lits murmurans des riûaseaux \
Le soir, assis en paix au se^il de la ch^Mmière^ Tendre au pauTre qui passe un morceau de son pain \ £t, fatigué du jour, y fermer sa paupière Loin des soucis du lendemain ; :
Sentir , tans les oompter , dans leur ordre paisible , L^jours suivre les jours , sans faire plus de bruit Qft^ce sable léger dont la fuite insensible Nous marque llieure qui s'enfuit;
Voir, de vos doux vergers , sur vos fronts les fruits pendre; Les fruits d'un chaste amour dans tos bras accourir, £t f sur eux appuyé , doucement redescendre : C'est assez pour qui doit mourir.
Le chant meurt, la voix tombe : adieu, divin Génie. Remonte au vrai séjour de la pure harmonie :
Tes chants ont arrêté les larmes dans mes yeux. Je lui parlais encore... il était dans les cieux.
LA BRANCHE 'b'aMANDIER.
De Tamandier tige fleurie , Symbole, hélas! de la beaaté, Gomme toi , la fleur de la vie Fleurit et tombe avant l'été.
Qu'on la néglige on qa^on la cneilley De noi fronta, des mains de l'Amour , Elle s'échappe feuille à feuille, Gomme nos plaifin jour à jour.
Savourons ses courtes délices; Disputons-les même an sépbyr :
Épuisons les rians calices De ces parfums qui Tont mourir. ^
SouYcnt la beauté fugitive Renemble à la fleur du matin Qui , du front glacé du oonTive y T;^ Tombe avant l'heure du festin.
Un jour tombe , un autre se lève y Le printemps va s'évanouir; Chaque fleur que le vent enlève Nous dit : Hâtes-vous d'en jouir.
Et, puisqu'il faut qu'dles périssent, .
Qu'elles périssent sans retour ; Que les roses ne se flétrissent Que sous les lèvres de l'Amour.
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