LA LIBERTÉ
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OUI nOIT A lOMB.
A ËLI DUGH. DE D£¥.
Covn l'astre adouci de Tantique Elysée, Sur les murs dentelés du sacré Cotisée , L'astre des nuits , perçant clés nua^^s épars , Laisse dormir en paix ses lon^ et doux regards,
280 MÉDITATIOTfS
Le rayon qui blanchit aef Taates flancs de pierre ,
En glÎHant A traven les pans flottant du lierre,
Dessine dans TeBceinte un lumineux sentier ;
On dirait le tombeau d'un peuple tout entier,
Où la mémoire , errante après des jours sans nombre ,
Dans la nuit du passé viendrait -chercher une ombre.
Ici , de Toôte en voûte élevé dans les cieui ,
Le monument debout défie encor les yeux ;
Le regard égaré dans ce dédale oblique
De degrés en degrés , de portique en portique.
Parcourt en serpentant ce lugubre désert , •
Fuit 9 monte , redescend , se retrouve et se perd.
LA, comme un front penché sous le poids des années,
La ruine , abaissant ces voûtes inclinées ,
Tout A coup se déchire en immenses lambeaux ,
Pend comme un noir rocher sur l'abime des eaux ;
Ou des vastes hauteurs de son faîte superbe
Descendant par degrés jusqu'au niveau de l'herbe ,
Gomme un coteau qui meurt sons les fleurs d'un vallou ,
Vient mourir A nos pieds sur des lits de gaxon.
Sur les flancs décharnés de ces sombres collines ,
Des forêts dans les airs ont jeté leurs racines :
LA , le lierre jaloux de l'immortalité
Triomphe en possédant ce que l'homme a quitté ;
Et pareil A l'oubli , sur ces murs qu'il enlace ,
Monte de siècle en siècle aux sommets qu'il effîioe.
Le buis, l'if immobile , et l'arbre des tombeaux.
Dressent en frissonnant leurs funèbres rameaux ,
Et l'humble giroflée , aux lambris suspendue ,
Attachant ses pieds d'or dans la pierre fendue f
Et balançant dans l'air ses longs rameaux flétrît ,
Comme un doux MmTeaîr fleurit lUr de« débrû.
Aux tommett eioarpét du fronton soUtaira»
L'aigle à la frite étroite a antpenda ton aire : Au bruit sourd de mea pat , qui troublent ton repot , Il jette un cri d'effroi, grosti par mille échos , S'élance dans le ciel , en redescend , s'arrête, £t d'un Tol menaçant plane autour de ma tête. Ihi creux des monumens, de l'ombre des arceaux , Sortent en gémissant de sinistres oiseaux :
Ouvrant en Tain dans l'ombre une ardente prunelle , L'aveugle amant des nuits bat les murs de son aile j La colombe , inquiète à mes pas indiscrets , Descend, vole et s'abat de cyprès en cyprès, £t sur les bords brisés de quelque urne isolée. Se pose en soupirant comme une âme exilée.
Les vents, en s'engouffrent sous ces vastes débris , £n tirent des soupirs , des hurlemens , des cris : ^n dirait qu'on entend le torrent des années Rouler sous ces arceaux ses vagues déchaînées , Renversant , emportant , minant de jours en jours Tout ce que les mortels ont bâti sur son cours. Les nuages flottans dans un ciel clair et sombre , En passant sur l'enceinte y font courir leur ombre , Et tantêt, nous cachant le rayon qui nous luit , Couvrent le monument d'une profonde nuit; Tentât , se déchirant tout un souffle rapide 9 Laittent sur le gaion tomber un jour livide , Qui, semblable à l'éclair, montre A l'onl ébloui Ce fantôme debout du tièele évanoui \ Dettine en terpentant tes formée mutiléet, Les cintres verdoyans des arches écroulée»,
Ses larj^es fondemens tous nos pas entr^everts , Ses frontons manaçans suspendus dans les airs , Et rétemelle croix qui , surmontant le tisUe , Incline comme un mât battu par la tempête.
Rome , te Toili donc ! mère des Césars î J'aime à fouler aux pieds tes monnmens épars ; J'aime à sentir le temps, plus fort que ta mémoire , Effacer pas à pas les traces de ta gloire.
L'homme serait-il donc de ses œuvres jaloux?
Nos monnmens sont-îTs plus immortels que nous ? Égaux dcTant le temps ^ non , ta ruine immense Nous console du moins de notre décadence.
J'aime, j'aime à venir rêver sur ce tombeau, A l'heure ^u de la nuit le lugubre flambeau Comme l'œil du passé , flottant sur des ruines , D'un pâle demi-deuil revêt tes sept collines , Et d'un ciel toiigours jeune éclaircissant Tazur , . Fait briller les torrens sur les flancs de Tibur. Ma harpe , qu'en passant l'oiseau des nuits effleure , Sur tes propres débris te rappelle et te pleure ^ Et jette aux flots du Tibre un cri de liberté » Hélas ! par l'écho même à peine répété.
« Liberté ! nom sacré, profané par cet âge ,
> J'ai toujoura dans mon cœur adoré ton image ,.
> TeUe qu'aux jours d'Emile et d« Léonidas .
» T'adorèrent jadis le Tibre et l'Eorotas ;
» Quand tes fils se leVant ccmtre la tyrannie,
B Tu teignais leurt drapeaux du sang de Virginie, ..
» Ou qu'à tes saintes .lois glorieux d'obéir^ .
Tes trois cenfs ilninortéls s'embrassaient pour mourir;
Telle enfin que d'Uri prenant ton toI sublime ,
Comme un rapide éclair qui court de cime en cime ,
Des riTes du Léman aux rochers d'Appenzel,
y olant avec la mort sur la flèche de Tell ,
Tu rassembles tes fils errant sur les montagnes ,
Et f semblable au torrent qui fond sur leurs campagnes.
Tu purges à jamais d'un peuple d'oppresseurs
CSes champs où tu fondas ton règne sur les mœurs '
Alors.... Mais aujourd'hui pardonne à mon silence ;
Quand ton nom , profané par l'infâme licence ,
Du Tage à l'Éridan épouvantant les rois,
Fait crouler dans le sang les trônes et les lois;
Détournant leurs regards de ce culte adultère,
Tes purs adorateurs , étrangers sur la terre ,
Voyant dans ces excès ton saint nom s'abolir
Ne le prononcent plus.... de peur de l'a.vilir.
Il fallait t'invoquer , quand un tyran superbe
Sous ses pieds teints de sang nous foulait comme l'herbe,
En pressant sur son cœur le poignard de Caton.
Alors il était beau de confesser ton nom :
La palme des martyrs couronnait tes Ticitmes,
Et jusqu'à leurs soupirs , tout leur était des crimes.
L'univers cependant , prosterné devant lui ,
Adorait ou tremblait!.... L'univers aujourd'hui
Au bruit des fers brisés en sursaut se réveille.
Mais, qu'entends*je ? et quels cris ont frappé mon oreille?
Esclaves et tyrans , opprimés , oppresseurs ,
Quand tes droits ont vaincu, s'offrent pour tes vengeurs;
Insultant sans péril la tyrannie absente.
Ils poursuivent partout son ombre renaissante;
» £t , de la vérité coiiTnnt U faible toIz ,
» Quand le peuple est tyran , ils insultent ani rois.
• Tn règnes cependant sur un siècle qni t'aime , ■ Liberté! tu n'as rien à craindre que toi-même. 9 Sur la pente rapide où roule en paix ton char , » Je Tois mille Brutns... mais où donc est César ? »
▼nroT-imiEiui