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SELS DE PLOMB

une quantité de litharge égale à la moitié de celle que Facétate renferme, on obtient une liqueur qui abandonne , après évaporation , des cristaux d'acétate basique de plomb dont la formule est 3Pb0.2C*H*0'+HO. Si l'on fait bouillir la même dissolution avec une quantité d'oxyde de plomb égale à celle que l'acétate neutre renferme, on obtient une liqueur qui donne des cristaux d'un sel encore plus basique, et dont la formule est 3PbO.C*H*0*+HO.

Enfin, si Ton fait bouillir la dissolution de ce dernier sel basique avec un excès d'oxyde de plomb , on obtient un composé très-peu soluble qui se dépose presque complètement pendant le refroidissement. Ce composé a pour formule 6PbO.C*H*0'.

On emploie en médecine , sous le nom d'extrait de Saturne ou d'eau blanche, une dissolution d'un acétate basique de plomb, que l'on obtient en dissolvant dans 3 | parties d'eau 2 parties d'acétate neutre de plomb et 4 partie de litharge.' On peut considérer cette liqueur comme renfermant un mélange des deux sous-acétates 3Pb0.2C*H»0*+HO et 3PbO.C*H*0*+HO. Les dissolutions des sous-acétates de plomb ont une réaction alcaline très-prononcée; elles l)leuissent énergiquement la teinture rouge du tournesol. L'acide carbonique les décompose ; du carbonate de plomb se précipite, et la liqueur renferme de l'acétate neutre mêlé d'une certaine quantité d'acide acétique libre.

§ 592. Carbonate de plomb. — Le carbonate de plomb se trouve cristallisé dans la nature ; il forme de beaux cristaux transparents et très-réfringents. On prépare ce sel , par double décomposition , en versant un carbonate alcalin dans la dissolution d'un sel de plomb soluble. Il se forme un précipité blanc, qui e^t du carbonate neutre anhydre, à peu près complètement insoluble dans l'eau.

Le carbonate de plomb est employé dans la peinture à l'huile ; on lui donne le nom de céruse ou de blanc de plomb. On le prépare en grand par plusieurs procédés très-différents en apparence , mais revenant tous , en dernière analyse , à décomposer par l'acide carbonique du sous-acétate de plomb produit par des réactions diverses.

L'un de ces procédés , celui qui est appelé procédé de Clichy parce que c'est à Clichy, près de Paris, qu'il a d'abord été pratiqué, consiste à dissoudre de la litharge dans de l'acide acétique , de manière à obtenir une dissolution d'acétate basique renfermant une grande quantité d'oxyde de plomb, et à la décomposer par l'acide carbonique. L'oxyde de plomb se trouve presque complètement précipité à l'état de carbonate , et la liqueur renferme la totalité de l'acide acétique. On emploie celui-ci pour dissoudre une nouvelle

Fig. 132.

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quantité d*oxyde de plomb , et la nouvelle dissolution est soumise une seconde fois à l'action de l'acide carbonique. Le même acide acétique peut donc servir à transformer une quantité indéfinie d'oxyde de plomb en céruse ; mais , dans la réalité , il y a toujours une certaine quantité d'acide acétique perdue dans les diverse» manipulations, et il faut en ajouter un peu à chaque nouvelle opération.

En Angleterre , on se contente d'exposer, à un courant dé gaz acide carbonique , de la iitharge mouillée avec de l'acide acétique, ou avec une dissolution d'acétate neutre de plomb. En très-peu de temps, la Iitharge se change entièrement en carbonate de plomb.

La plus grande partie de la céruse consommée en France se prépare dans le département du Nord , par un procédé qui a d'abord été pratiqué en Hollande, et nommé, pour celte raison, procédé hollandais. On roule, sous forme de spirales, des bandes de plomb de 0",42 à O'^jlS de large, et de 0",6à4",0 de longueur; on place chacun de ces rouleaux Z (fig. 4 32) dans un pot de grès vernissé ,

muni, à quelques centimètres au-dessus de son fond , de deux petits rebords 6, 6, sur lesquels s'appuie le rouleau de plomb. Chaque pot contient , au fond , une petite quantité de vinaigre de mauvaise qualité, obtenu avec de la bière fermentée, et est recouvert avec un disque de plomb mn qui le ferme incomplètement. On dispose un grand nombre de ces pots, sur plusieurs rangées, dans une couche de fumier de cheval. On les recouvre de paille; puis on établit une seconde térie de pots au-dessus des premiers. On remplit encore de fumier les interstices, et ainsi de suite jusqu'à ce que l'on ait disposé 5 ou 6 assises de pots, les unes au-dessus des autres. Enfin, on recouvre le tout avec du fumier, que l'on maintient extérieurement au moyen de planches , de manière à permettre à l'air un accès lent dans toute la masse.

Le vinaigre des pots donne des vapeurs d'eau et d'acide acétique. Le plomb, au contact de ces vapeurs ainsi qu'à celui de l'air, s'oxyde rapidement à sa surface , et se couvre de sous-acétate de plomb. D'un autre côté , le fumier entrant en fermentation , dégage de l'acide carbonique et élève fortement la température du milieu, de sorte que le dégagement des vapeurs acides devient de plus en plus abondant. L'acide carbonique décompose le sous-acétate de plomb, et le transforme en carbonate. L'acide acétique devenu libre détermine la formation d'une nouvelle quantité de sous*

CARACTBftES DES SBLS DB PLOMB. 445

acétate, qui se change à son tour en carbonate, et ainsi de suite. Au bout de 45 jours, l'opération est terminée; et les disques de plomb qui recouvraient les pots sont changé» presque complètement en carbonate. Les rouleaux de plomb sont corrodés plus ou moins profondément; on les déroule, on les bat pour en détacher le carbonate, puis ils sont chargés dans de nouveaux pots, jusqu'à ce qu'ils aient complètement disparu. La céruse est broyée en poudre fine, purifiée par lévigation, puis placée dans des pots de terre poreux, où elle se dessèche.

Caraetères dtotlneilf» de» «els de ylanili*

§ 593. Les sels neutres formés par le protoxyde de plomb sont incolores lorsque l'acide n'est pas coloré par lui-même; les soussels ont , au contraire , souvent une teinte jaune. Les sels solubles ont une saveur sucrée.

La pelasse et la soude caustiques donnent, à froid, des précipités blancs d'hydrate de protoxyde de plomb qui se dissolvent dans un excès de réactif alcalin.

Les carbonates alcalins donnent un précipité blanc de carbonate de plomb qui ne se dissout pas dans un excès du réactif.

L'acide sulfhydrique produit un précipité noir de sulfure de plomb, lors même que la liqueur renferme un grand excès d'acide. Les sulfures alcalins donnent le même précipité; celui-ci ne se dissout pas dans un excès de liquide précipitant.

Les dissolutions des sels de plomb donnent , avec les sulfates solubles, un précipité blanc, insoluble dans l'eau , que Ton peut confondre au premier abord avec le sulfate de baryte , mais qui se distingue facilement de ce dernier en ce qu'il noircit par l'hydrogène sulfuré.

Le prussiate de potasse précipite en blanc les sels de plomb.

Si Ton verse, dans une dissolution un peu concentrée et chaude d'un sel de plomb , de l'acide chlorhydrique ou un chlorure soluble , on obtient un précipité blanc de chlorure de plomb qui se change, par le refroidissement en petites lamelles cristallines d'un aspect caractéristique. Si Ton remplace le chlorure par un iodure, on obtient des paillettes jaunes d'or, également caractéristiques.

Le fer, le zinc et l'étain précipitent le plomb, à l'état métallique, de ses dissolutions.

Enfin, les sels de plomb se reconnaissent facilement au chalumeau, en ce que, chauffés avec du carbonate de soude sur un charbon , dans la flamme réduisante, ils donnent un globule de plomb

métallique, facile à reconnaître à ses propriétés physiques et chimiques.

ComblnaUioiiA da plomb avec le nonfre*

§ 594. Le sulfure de plomb PbS , correspondant au protpxyde PbO, se trouve dans la nature, sous forme de beaux cristaux cubiques, brillants et d'un gris bleuâtre. Les minéralogistes lui donnent le nom de gc^lène. C'est le plus commun de tous les minéraux du plomb ; c'est aussi le plus important, car il fournit la presque totalité du plomb du commerce. On obtient ce sulfure directement, en fondant du plomb en grenailles avec du soufre ; la combinaison a lieu avec incandescence.' Mais il est nécessaire, pour obtenir le sulfure pur, de réduire la malière en poudre et de la chauffer une seconde fois avec du soufre. En faisant passer un courant d'hydrogène sulfuré à travers une dissolution d'un sel de plomb, on obtient un précipité noir qui est du protosulfure de plomb très-divisé.

Le sulfure de plomb fond à la chaleur rouge ; «i le refroidissement est très-lent, la masse présente^ après sa solidification, une texture cristalline dans laquelle il est facile de constater le clivage cubique. Le sulfure de plomb est un peu volatil ; on peut le sublimer dans un tube de porcelaine au milieu d'un courant gazeux. Les parois plus froides du tube se recouvrent de petits cristaux cubiques de sulfure, remarquables par leur bel éclat.

Le sulfure de plomb se grille facilement au contact de l'air; les produits sont différents suivant la température et la manière dont l'opération est conduite. Généralement il se forme beaucoup de sulfate de plomb et de l'oxyde, mais on peut obtenir aussi beaucoup de plomb métallique. Nous avons vu , en effet (§ 587), qu'en chauffant 4 éq. sulfate de plomb avec 4 éq. sulfure de plomb , on obtenait % éq. plomb métallique et un dégagement d'acide sulfureux. En outre, si l'on chauffe i éq. sulfure de plomb avec 2 éq. protoxyde de plomb, il se dégage de l'acide sulfureux, et on obtient 3 éq. plomb métallique :

PbS+2PbO=:3Pb + SO^ » t

or on conçoit que ces différentes réactions puissent survenir pendant le grillage du sulfure de plomb.

Le sulfure de plomb n'est pas sensiblement attaqué par l'acide sulfurique étendu, ni par j'acide chlorhydrique. L'acide sulfurique concentré et bouillant le change en sulfate de plomb, avec dégagement d'acide sulfureux. L'acide azotique attaque facilement la galène , même quand il est étendu. Lorsque cet acide est mêlé à une

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