CHLORURES DE SOUFRE
amené presque à la surface du soufre liquide ; et comme alors il se trouve en présence d'un excès de vapeur de soufre, il ne se forme
que la première combinaison CIS*. Celle-ci passe à la distillation à mesure qu'elle se produit. On continue ainsi jusqu'à ce que le soufre de la cornue ait presque entièrement disparu. Le chlorure de soufre recueilli dans le récipient renferme un excès de soufre entraîné par volatilisation ; mais on l'en débarrasse facilement en le distillant de nouveau. Comme le soufre est beaucoup moins volatil que le chlorure, il reste en entier dans la cornue.
Ce chlorure de soufre forme un liquide d'un jaune rougeâtre, ayant une odeur particulière , désagréable, il bout à 4 38°. Sa densité , à l'état liquide, est 4 ,687. La densité de sa vapeur a été trouvée par expérience de 4,668.
Au contact de Feau , il se décompose ; du soufre se sépare, et il se forme des acides chlorhydrique , sulfurique et sulfureux. Ce corps est composé de •
2 éq. soufre 400,0
1 » chlore 443,2
§ 498. Si Ton fait passer du chlore, jusqu'à saturation , à travers la dissolution du chlorure précédent, celui-ci en absorbe une grande quantité et donne un liquide rouge foncé qui, pour la même quantité de soufre, renferme une quantité double de chlore. Si l'on soumet ce corps à Faction de la chaleur, il s'en dégage d'abord du
200 CHLORURE D AZOTB.
' cbiore en excès qui était en dissolution ; mais, bientôt , rébullition devient régulière à la température de 64®.
La densité de ce chlorure est 4,620. La densité de sa vapeur est 3,549.
Sa composition est
4 éq. soufre 200,0 34,09
4 » chore 443,2 68,94
€hl«mpe tPtmn^^ AzGi'.
§ 499. Ce composé s*obtîent en faisant passer du chlore à travers une dissolution de chlorhydrate d'ammoniaque ou d'un sel ammoniacal quelconque. La dissolution se colore en janne , et bientôt il se forme des gouttes oléagineuses jaunes qui tombent au fond du flacon. Une température de 25® à 30® favorise la formation de ce composé. La réaction a lieu suivant 1 équation :
AzH'.HCl + 6C1 = 4HCI + AzCP.
Ces gouttes huileuses sont très-dangereuses à manier ; elles font souvent explosion spontanément et peuvent occasionner les accidents les plus graves. Aussi est-il important de bien connaître les circonstances dans lesquelles cette matière dangereuse se forme, moins pour la préparer que pour éviter d*en produire accidentellement.
Le chlorure d'azote est un liquide jaune orangé, ayant une densité de 4,653. Il peut être distillé sans altération sous une pression plus faible que celle de l'atmosphère ; mais sa vapeur détone avec une violence extrême lorsqu'elle atteint la température de 400*. Le chlorure d'azote détone immédiatement à la température ordinaire au contact de certains corps, principalement avec le pfaoï^hore, les huiles fixes, l'essence de térébenthine. Sa formule est AzGl^, correspondant à l'ammoniaque AzH'.
lodare d^aaote, Azlo'^.
% 200. L'iodure d'azote est un composé fulminant comme le chlorure , mais il est solide à la température ordinaire. On l'obtient en plaçant dans des verres de montre de petites quantités d'iode bien pulvérisé, et versant dessus de l'anunoniaque concentrée. Au bout d'un quart d'heure, la réaction est terminée. On ven&e la matière sur de petits filtres ; il se dépose une poudre d'un gris noir qu'on Uve rapidement avec un peu d'eau , c'est l'iodure d'azote. Cette
lODURE d'azote. 201
matière ne détone pas, en général , tant qu'elle est humide. Quelquefois, cependant, une détonation a lieu , ménoe dans les verres de montre, lorsqu'on touche la matière avec une baguette de verre. Mais aussitôt que Tiodure d'azote est sec, il détone par le plus léger frottement, tel que celui que l'on produit avec une barbe de plume ; souvent même il détone spontanément. La formule de ce composé est analogue à celle du chlorure d'azote : elle est Azio'.
§201 . On ne connaît pas jusqu'ici de combinaisons à proportions défîmes de l'iode et du soufre. Lorsqu'on chauffe ces deux corps ensemble , ils se combinent ; mais si Ton porte la température plus haut, la combinaison se détruit et l'iode se volatilise.
Chlorare* d'iiide.
§ 202. Si Ton fait arriver un courant de chlore sur de l'iode placé dans un tube de verre, les deux corps se combinent; il se forme d'abord un liquide brun ; mais en continuant Taction du chlore, le liquide se change en une matière cristalline d'un blanc jaunâtre, te combinaisons ont été peu étudiées jusqu'ici.
Phosphore d'Asoie, Az'Ph.
S 20î. Si Ton fait passer du gaz ammoniac sec à travers du protochlorure liquide de phosphore, le gaz est absorbé en grande quantité et l'on obtient un corps cristallisé blanc qui a pour formule
PhCP.iAzH',
Ce corps, au contact de l'eau, se change en phosphite d'ammoniaque et en chlorhydrate d'ammoniaque, d'après la réaction suivante :
PhCP.4AzH* + 4H0== 3 (HCl. AzH») +PhO» (AzH».HO).
Si l'on chauffe ce produit dans une petite cornue , différents gaz se dégagent, et il se sublime une grande quantité de sel ammoniac. On chauffe jusqu'à ce que le dégagement s'arrête , et l'on obtient , au fond de la cornue, un résidu blanc qui est du phosphure d'azote.
Le phosphure d'azote supporte la chaleur rouge, sans se décomposer et sans se volatiliser ni se fondre; il est insoluble dans l'eau et dans presque tous les acides. Sa formule est Az^Ph.
Sulftire de phosphore.
S 204. Le soufre et le phosphore se combinent en plusieurs pro-