Osmium Os
Nous avons marqué d'un astérisque {*) les noms des corps simples que nous étudierons; nous ne nous occuperons [pas des autres ; la plupart ne sont connus encore que d*une manière incomplète ; ils sont d'ailleurs fort rares, et n*ontreçu aucune application.
§ 17. Les chimistes s'accordent généralement à diviser les corps simples en deux grandes classes, lesmétalldtdesei \ea métaux. Nous indiquerons bientôt les caractères d'après lesquels on a établi cette division.
La classe des métalloïdes comprend les quinze premiers corps simples inscrits sur notre liste générale ; celle des métaux renferme tous les autres.
§ 4 8. Avant d'exposer les règles qui président à la nomenclature des corps composés, il est nécessaire de définir quelques termes gé* néraux que Ton applique à ces corps.
On distingue dans les corps composés des acides, des hases et des sels.
Les' sels résultent de la combinaison des acides avec les bases. Lorsque Ton soumet un sel à l'action d'une pile voltaïque, la combinaison se défait. Si la pile est très-énergique, le composé est entièrement détruit et se résout en ses éléments simples. Si la pile est plus faible, l'acide se sépare seulement de la base ; Tacide se rend au pôle positif de la pile, et la base au pôle négatif. Les électricités de même nom se repoussent, celles de nom contraire s'attirent. On a supposé que les molécules des corps étaient ou électriques par elles-mêmes, ou entourées d'atmosphères électriques. Si Ton accepte cette hypothèse , il est clair que la molécule qui se rend au pôle positif doit posséder r^/6ctrtct7é négative, et que la molécule qui gagne le pôle négatif doit aivoivï électricité positive. On admet donc, qu'au moment où un sel se décompose sous l'influence de la pile, la molécule acide prend l'électricité négative, et la molécule basique l'élec^
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tricitë positive; et Ton dit que Tacide est VéUmeni élecironigaiif^ et la base Vêlement èlectropoêitifûn sel.
La manière dont un sel se décompose sous l'influence de la pile, suffit donc pour caractériser Vêlement acide et Véliment baeiquê. L'élément acide, on électronégatif, est celui qui se rend au pôle positif de la pile; Télément basique, ou électropositif, est celui qui va au pôle négatif.
Lorsque Tacide et la base sont solubles dans Teau, ils se distinguent par d'autres propriétés qu'il est très-facile de constater. Un grand nombre de matières colorantes organiques sont altérées, de manières très-différentes, par les acides et parles bases. La teinture de tournesol, telle qu'on la trouve dans le commerce, a une couleur d'un bleu violacé. Si l'on verse un acide dans cette teinture, la couleur bleue est immédiatement remplacée par une couleur rouge clair. Les acide» rougissent donc la teinture bleue du tournesol.
Si l'on vetse la dissolution d'une base dans la même teinture , la couleur bleue n'est pas altérée ; mais , si Ton ajoute une quantité suffisante d'une dissolution basique dans la teinture du tournesol, préalablement rougie par un acide, la couleur rouge redevient bleue. Us hases solubles ramènent donc au bleu la teinture du tournesol r&ugie par un acide.
La teinture jaune du curcuma n'est pas altérée par les dissolutions acides; elle est rougie par les dissolutions basiques.
La teinture violette du sirop de violettes est rougie par les acides, et verdie par les bases.
11 est clair que ces caractères ne peuvent servir que pour les acides et les bases solubles. Lorsque ces corps sont insolubles, on ne peut les caractériser que par la manière dont ils se comportent sous l'influence de la pile , ou d'après la manière dont ils se combinent avec les corps acides ou basiques sur la nature desquels il n'y a pas d'incertitude.
§ 49. Beaucoup de corps solubles n'exercent aucune action sur les couleurs des réactifs colorés; ils ne rougissent pas la teinture bleue du tournesol, et ils ne ramènent pas au bleu cette teinture préalablement rougie par une petite quantité d'acide. On les appelle indifférents ou neutres aux réactifs colorés. Un grand nombre de sels présentent cette propriété ; dans ces sels, les réactions que l'acide et la ^ase qui les constituent exercent sur les matières colorantes végètes, se sont neutralisées d'une manière parfaite : on les appelle ^ neutres aux réactifs colorés. Cet état de neutralité dépend des forces relatives des acides et des bases. Une base très-forte ne peut jamais être complètement neutralisée par un acide faible, sous le
rapport de son action sur les réactifs colorés. De même, une base faible ne peut pas détruire complètement la réaction qu'un acide très-énergique exerce sur ces réactifs. On conçoit aussi qu'un sel , qui se comporte comme neutre avec un certain réactif coloré, puisse présenter une réaction acide ou basique avec un réactif plus sensible.
Il existe des corps qui jouent le rôle d'acides par rapport aux bases très-fortes , et le rôle de bases par rapport aux acides énergiques. On conçoit , d'après cela , que la définition des acides et des bases n'a rien d'absolu, puisque le même corps peut se comporter, suivant les circonstances , à la manière des acides ou des bases. *
§ 20. L'oxygène est , de tous les corps simples, celui qui est le plus répandu dans la nature , et qui forme le plus grand nombre de combinaisons importantes. Ses composés ont été les premiers étudiés avec soin par les chimistes ; nous commencerons donc par exposer les règles de leur nomenclature.
Les combinaisons que l'oxygène forme avec les autres corps simples , sont acides , basiques , ou indifférentes. On a donné le nom d*oœydes aux combinaisons basiques et indifférentes, et le nom d*oœacides ou simplement d'acides, aux combinaisons acides.
Le fer, le cuivre, le plomb, forment, avec l'oxygène , des combinaisons basiques; on leur donne le nom &03cyde de fer, d'oxyde de cuivre et d'oxyde de plomb.
Le carbone forme avec l'oxygène une combinaison indifférente que l'on appelle oxyde de carbone,
§ 21 . A l'époque où l'on a fixé les règles de notre nomenclature , on croyait qu'un mêmei corps , en se combinant avec l'oxygène , ne pouvait former plus de deux combinaisons acides. Pour les nommer, on faisait suivre le mot acide , du nom de la seconde substance que l'on terminait en eux, pour la combinaison la moins oxygénée, et en ique pour celle qui contenait le plus d'oxygène. Ainsi, on connaissait deux acides résultant de la combinaison du soufre avec l'oxygène : on donnait à la combinaison la moins oxygénée le nom d'acide sulfureux, et à la plus oxygénée celui d*acide sulfurique.
Plus tard , on découvrit deux nouveaux acides résultant de la combinaison du soufre avec l'oxygène ; l'une de ces combinaisons renfermait moins d'oxygène que l'acide sulfureux ; la seconde se plaçait entre l'acide sulfureux et l'acide sulfurique. Il fallut modifier la règle générale, et Ton convint déformer le nom de l'acide moins oxygéné que l'acide sulfureux, en faisant précéder le nom de ce dernier acide du mot hypo {ItA, au-dessous), et on l'appela acide hyposulfureux. Quant à l'acide qui se plaçait entre l'acide sulfureux et
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l'acide sulfurique, on convint, en suivant la même règle, de lui donqer le nom de l'acide sulfurique, en faisant i>récéder le mot sulfurique de hypo; on le nomma donc acide hyposulfurique.
Nous connaissons cinq combinaisons du chlore avec Toxygène; quatre d'entre elles ont reçu les noms suivants, d'après les règles do nomenclature que nous venons de développer : acide hypochloreux, acide chloreux^ acidekypochlorique^ acide chlorique.
Une cinquième combinaison , trouvée depuis la découverte de l'acide chlorique, renferme plus d'oxygène que ce dernier. Si l'on adoptait rigoureusemejit les règles primitives de notre nomenclature, il faudrait donner à cette combinaison le nom d'acide chlorique et l'ôter à celle qui l'a porté jusqu'à présent. Or, on conçoit combien ces changements de nom auraient d'inconvénients graves; ils amèneraient nécessairement beaucoup de confusion dans la science, et ils occasionneraient des erreurs nombreuses. On a évité la difficulté, en donnant au nouvel acide , le nom d'acide hyperchlorique (deltnépy au-dessus) ou simplement d'acide perchlorique. Ainsi, les cinq combinaisons du chlore avec l'oxygène , rangées d'après les proportions croissantes d'oxygène, portent les noms suivants :
Acide hypochloreux ; Acide chloreux ; Acide hypochlorique ; Acide chlorique; Acide perchlorique.
Telles sont les règles auxquelles les chimistes se sont arrêtés jur qu'ici, pour former la nomenclature des oxacides.
$ 22. Un même corps, en se combinant avec l'oxygène, forme souvent plusieurs composés basiques ou indifférents, ce sont les oxydes. L'expérience a montré que, dans ces différents oxydes, les proportions d'oxygène, combinées avec une même quantité du second corps, sont entre elles dans des rapports très-simples, par exemple comme ^:4 :|:2:3:4. Des considérations que nous développerons par Id suite, déterminent le choix de la substance que l'on regarde comme renfermant la proportion 4 d'oxygène; on lui donne le nom de protoxyde, La combinaison qui renferme la proportion d'oxygène | prend le nom de sesquioxyde; celle qui renferme la proportion 2 d'oxygène reçoit le nom de deutoxyde ou de bioxyde. On donne les noms de tritoxyde, quadroxyde aux combinaisons qui renferment les proportions 3 ou 4 d'oxygène. Enfin, les oxydes qui renferment moins d'oxygène que le protoxyde, sont appelés sons oxydes ou oxydules.
Ainsi, le manganèse forme avec Toxygène trois combinaisons non acides, ou oxydes, dans lesquelles les proportions d'oxygène, combinées avec une même quantité de manganèse, sont entre elles comme 4 : | : 2. Ces combinaisons s'appelleront donc : protoasyde de manganèse j sesqui<^yde de manganèse, bioxyde de mangor nèse.
L'oxyde le plus oxygéné prend souvent le. nom de peroxyde;. ainsi, le bioxyde de manganèse est souvent appelé peroxyde de manganèse.
Des trois oxydes de manganèse, deux sont«des bases, ce sont le protoxyde et le sesquioxyde; le troisième, le bioxyde ou peroxyde, est un corps indifférent. Quelques auteurs désignent les deux combinaisons basiques autrement que nous ne l'avons fait ; ils appellent le protoxyde de manganèse oxyde manganeux, et le sesquioxyde oxyde manganique.
§ :23. La règle qui préside à la nomenclature des sels est extrêmement simple. On forme les noms des sels en combinant ceux de l'acide et de la base de telle sorte que le nom de l'acide détermine le genre, et le nom de la base détermine l'espèce. Lorsque le nom de l'acide se termine en ique, le nom générique du sel se termine en aie; ainsi, l'acide sulfurique forme des sulfates, et l'acide phosphorique des phosphates. Lorsque le nom de l'acide se termine en eux^ la terminaison du nom générique du sel est ite. Ainsi, Tacide sulfureux forme des sulfites; l'acide hyposulfureux des hyposulfites.
Le nom générique de l'acide est suivi du nom de la base. Ainsi , on dit : sulfate de protoxyde de manganèse, sulfate de sesquioxyde de manganèse; ou sulfate d'oxyde manganeux, sulfate d'oxyde manganique ; ou même simplement sulfate manganeux , sulfate manga-' nique.
On dit , de même , sulfite de protoxyde de manganèse ou sulfite manganeux.
L'acide et la base se combinent souvent en plusieurs proportions. Ainsi le protoxyde de potassium , communément appelé potasse , forme avec l'acide sulfurique deux combinaisons, deux sulfates. Le premier est neutre aux réactifs colorés , on lui donne le nom de sulfate neutre de potasse ou simplement de sulfate de potasse. Le second exerce , au contraire , une réaction fortement acide sur ces réactifs; il renferme, pour la même quantité de potasse, une proportion double d'acide sulfurique. On lui donne le nom de sulfate acide de potasse, ou mieux, de bisulfate de potasse ; ce dernier nom rappelle immédiatement les rapports de composition qui existent entre ce sulfate et le sulfate neutre.
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Quelquefois , l'acide et la base forment deux combinaisons dans lesquelles les quantités d*acide, combinées avec la même quantité de base, sont entre elte comme 2 : 3 ; c'est ce qui arrive pour l'acide carbonique et la soude. La première combinaison prend le nom de carbonate neutre de soude ou simplement de carbonate de soude; la seconde prend le nom de sesquicarbonate de, soude.
Il existe aussi des sels dans lesquels la quantité d'acide est moin* dre que celle qui existe dans le sel neutre ; on les appelle sous-sels. Ainsi , le protoxyde de fer et le sesquioxyde de fer forment avec l'acide sulfurique des sulfates neutres , ou des sulfates basiques ou sous-sels, que l'on appelle des sous^sulfates de protoxyde ou de sesn quioxyde die fer,
En^n , deux sels se combinent souvent entre eux et forment des composa plus complexes ; on donne à ces composés le nom de seh doubles. Le sulfate d'alumine et le sulfate de potasse forment ainsi un sulfate double, que l'on appelle sulfate double d'alumine et de classe.
% 24. L'eau est une substance composée qui joue le rôle d'addc par rapport aux bases fortes, et le rôle de base par rapport aux acides énergiques : dans les deux cas elle forme de véritables sels. On doone le nom générique d'hydrates sax sels dans lesquels l'eau joue le rôle d'acide : ainsi on dit hydrate de potasse^ hydrate de protoxyde de fer, ou hydrate ferreux. Quant aux sels dans lesquels l'eau joue le rôle de base, leurs noms devraient se former en ajoutant le nom de la base à celui de l'acide, modiûé comme nous l'avons dit (§ S3) ; ainsi, on devrait dire sulfate d'eaUyphosphate d^eau...,, mais on en* freint ici la règle^ et l'on appelle ces combinaisons acide sulfurique hydraté y acide phosjjhorique hydraté. La même quantité d'acide se combine souvent avec plusieurs proportions d'eau qui sont toujours entre elles dans des rapports simples; ainsi l'acide sulfurique se combine avec des quantités d'eau qui sont entre elles comme 4:2:3. Ces combinaisons prennent les noms d*acide sulfurique protohydraté ou monohydraté, d'acide sulfurique bihydraté, d'acide sulfurique trihydraté.
§ 25. Les combinaisons des métaux entre eux ont reçu le nom d'alliacés, qu'elles portaient déjà dans les arts. On dit : alliage de cuivre et de zinc, alliage de plomb et d*étain. Lorsque le mercure est un des métaux constituants de l'alliage on donne au composé le nom d^atnalgame : un alliage d'argent et de mercure s'appelle amalgame d^argent.
$ 26. Les combinaisons des corps métalloïdes avec les métaux se désignent en terminant le nom du corps métalloïde en ure
pour indiquer le genre, et en le faisant suivre du nom du métal. Ainsi, la combinaison du chlore avec le manganèse s'appelle chlorure de manganèse; celle du soufre avec le fer s'appelle sulfure de fer.
Lorsque le corps métalloïde forme avec le corps métallique plusieurs combinaisons, Texpérience montre que les quantités de métalloïde combinées avec le même poids de métal sont entre elles dans des rapports simples. On forme la nomenclature de ces composés d'après la règle adoptée pour les oxydes , et l'on dit : protockhrure de manganèse ^ sesquichlorure de manganèse, protosulfure, sesquisulfure et bisulfure de fer. Lorsque ces combinaisons binaires sont soumises à l'action décomposante de la pile, le corps métalloïde se rend toujours au pôle positif, en se comportant comme élément électronégatif; tandis que le corps métallique va au pôle négatif et se comporte comme élément électropositif. Ainsi, dans ces composés , de même que dans les sels , le corps èlectronégatif détermine le genre , et le corps électropositif définit Vespéce,
$ 27. Les corps métalloïdes forment entre eux un grand nombre de combinaisons , dont la nomenclature suit les mômes règles que celle des métalloïdes avec les métaux. Ainsi on dit : chlorure dhy' drogèm, sulfure Shydrogène, protochlorure de soufre , perchlorure de soufre. Le nom qui détermine le genre est toujours celui qui 3e rapporte à l'élément électronégatif de la combinaison.
§ 28. Certaines combinaisons des métalloïdes entre eux sont des acides énergiques qui le cèdent à peine aux oxacides les plus puissants; tels sont : le chlorure <i'hydrogène , le fluorure d'hydrogène, etc., etc. On a malheureusement jugé convenable d'établir, pour ces composés, une règle particulière de nomenclature. On a pensé que l'hydrogène jouait, dans ces nouveaux acides, un rôle analogue à celui de l'oxygène dans les oxacides, et on leur a donné le nom d'hydracides. Mais il y a là une erreur grave : dans les oxacides, l'oxygène est Vêlement électronégatif; tandis que, dans les hydracides, Vhydrogène est constamment Vêlement électro-^ positif.
Quoi qu'il en soit, la nomenclature des hydracides est généralement employée. Le chlorure d'hydrogène prend le nomd'acïde cWorhydrique , le sulfure d'hydrogène prend celui d'acide suif hydrique. On donne souvent à ces mêmes acides les noms ô!acide hydrochlorique, d'acide hydrosulfurique ; mais ces noms sont plus défectueux que- les premiers, car ils font infraction à ce principe général d'après lequel on doit toujours commencer le nom du corps composé par le nom de l'élément électronégatif.
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g 29. Lorsque les combinaisons des métalloïdes avec Thydrogène 8ontgazeuses,et que leurs réactions sur les réactifs colorés sont nulles ou peu marquées, on leur donne souvent des noms qui sont encore déduits d'une règle exceptionnella. Ainsi, les combinaisons gazeuses du carbone avec l'hydrogène , les carbures d*hydrogène gazeux, sont appelées hydrogènes carbonés. Les combinaisons gazeuses du phosphore avec l'hydrogène , ou phosphures d'hydrogène gazeux, sont appelées hydrogènes phosphores. La combinaison ga« zeuse du soufre avec l'hydrogène, dont l'action acide sur les tein* tures est bien manifeste, quoique faible, l'acide sulfhydrique, est souvent appelée aussi hydrogène sulfuré. Cette nomenclature exceptionnelle est très-fâcheuse; car, l'état gazeux des corps dépendant de la température et de la pression, il faudra, pour être conséquent, donner deux noms différents au même corps, suivant les circonstances dans lesquelles on le considère.
§ 30. Certaines combinaisons du soufre avec les métalloïdes et avec les métaux présentent une analogie complète avec les combinaisons correspondantes de l'oxygène. Cette analogie n'avait pas été reconnue à Tépoque où l'on s'occupa des règles de la nomenclature chimique, et on n'y eut pas égard. On distingue des sulfures acides, que l'on est convenu d'appeler suif acides ; des sulfures basiques quo l'on appelle sulfobases. Ces sulfures acides ou sulfacides se combinent avec les sulfures basiques ou sulfobases, et forment de véritables sels qui portent le nom desulfosels. Ainsi, le soufre et le carbone forment une combinaison, le sulfure de carbone qui correspond par ses propriétés à l'acide carbonique ; on lui ddnne, pour eette raison, le nom d'acide sulfocarbonique. De même que l'acide carbonique se combine avec les oxydes basiques pour former des carbonates; de même, l'acide sulfocarbonique se combine avec certains sulfures basiques ou sulfobases pour former des sels que Ton appelle des sulfocarhonates. Ainsi, l'acide sulfocarbonique se combine avec le monosulfure de potassium , et forme un sulfocarboncUe de mono^ sulfure de potassium que l'on appelle souvent, mais improprement, sulfocarbonate de potasse.
S 31 . Telles sont les principales règles de la nomenclature chînuque encore adoptées par le plus grand nombre des chimistes modernes, et que nous suivrons dans tout le cours de cet ouvrage. Nous signalerons, par la suite , quelques exceptions consacrées par l'usage, mais tîes exceptions sont heureusement très-rares, et il noussuflSra de les indiquer lorsqu'elles se présenteront.