ACTION DES CORPS MÉTALLOÏDES SUR LES OXYDES
Sixième section sont tous décomposés par Thydrogène , à des températures peu supérieures à celle de Tébullition deTeau ; les autres exigent la chaleur rouge.
L'hydrogène réduit les oxydes de fer à la chaleur rouge , et il se forme de la vapeur d'eau. D'un autre côté, nous avons vu (§68) que le fer, chauffé au rouge au milieu d'un courant de vapeur d'eau, s'oxyde en décomposant cette eau et dégage du gaz hydrogène. Nous . yoyoDs ici deux effets tout à fait opposés se produire dans des circonstances identiques en apparence. D'après la décomposition des oxydes de fer par l'hydrogène, on pourrait conclure, qu'à la chaleur rouge, l'hydrogène a plus d'affinité pour l'oxygène que n'en a le fer; tandis que, de la décomposition de la vapeur d'eau opérée par le fer à la chaleur rouge , on déduirait , au contraire, que le fer a plus d'affinité pour l'oxygène que l'hydrogène. Nous verrons, parla suite, plusieurs phénomènes analogues. Les chimistes expliquent ces contradictions apparentes, en disant que les corps n'agissent pas seulement en vertu de leurs affinités électives, mais encore suivant les quantités respectives qui se trouvent en présence. De sorte que, si deux corps sont en prince d'un troisième pour lequel ils ont des a/fioités peu différentes, c'est celui qui se trouve en plus grande quantité dans la sphère d'activité, qui chasse l'autre. Dans les deux expériences que nous venons de décrire , nous avons en présence, à la chaleur rouge, du fer, de l'oxyde de fer, de la vapeur d'eau et de l'hydrogène. Dans celle où l'on fait passer de la vapeur d'eau sur le fer chauffé, on peut considérer le fer comme dominant par rapport à l'hydrogène , parce que ce gaz , à mesure qu'il se développe , est emporté par lecourant de vapeur et ne se trouve qu'en très-petite proportion au milieu de la vapeur d'eau : le fer s'oxydera par conséquent. Au contraire, dans l'expérience où l'on chauffe l'oxyde de fer dans un courant de gaz hydrogène , chaque molécule d'oxyde de fer se trouve dans la sphère d'activité d'un grand nombre de molécules de gaz hydrogène , et , par suite , c'est ce dernier corps qui s'empare alors de l'oxygène.
II est évident, d'après cela, que, pour une température donnée, il existe une certaine proportion d'hydrogène et de vapeur d'eau , qui ne doit pas exercer d'action réductrice sur l'oxyde de fer , ni d'action oxydante sur le fer métallique. Si la proportion de vapeur d'eau est plus grande par rapport à celle de l'hydrogène, il y aura oxydation du métal ; si elle est plus petite , il y aura réduction de l'oxyde. Ces proportions, dans lesquelles doivent se trouver l'hydrogène et l'oxygène pour n'exercer d'action ni sur le fer métallique ni sur l'oxyde de fer, varient probablement avec la température.
§ 275. Action du carbone, — Le charbon réduit tous les oxydes métalliques qui sont décomposés par l'hydrogène. A une température très-élevée, il décompose quelques oxydes qui résistent à laction de Thydrogène. Ainsi, les oxydes de potassium et de sodium sont complètement décomposés par le charbon à la chaleur blanche, et les métaux sont mis en liberté.
Lorsque la réduction de l'oxyde se fait à une basse température, il se dégage de l'acide carbonique. Si elle n'a lieu qu'à une température (élevée, il se dégage de l'oxyde de carbone. Beaucoup de métaux décomposent , en effet , l'acide carbonique à là chaleur rouge et le font passer à l'état d'Dxyde de carbone ; le charbon produit une décomposition semblable.
§ 276. Action du soufre, — Le soufre agit, à une haute température, sur la plupart des oxydes métalliques. Lorsqu'on le chauffe avec les oxydes des métaux de la première section, il se forme un mélange de sulfate et de sulfure. Si Ton ajoute du charbon, il ne se produit que du sulfure.
Les oxydesdesmétauxde laseconde section nesontpasaltérésquand on les chauffe avec du soufre^; mais plusieurs d'entre eux produisent des sulfures lorsqu'on chauffe tes oxydes mélangés de charbon à une très-haute température, au milieu d'un courant de vapeur de soufre.
Les oxydes des métaux des quatre dernières sections sont changea par le soufre en sulfures, et il se dégage de l'acide sulfureur; mais il est souvent nécessaire, pour cela , de faire passer le soufre en vapeur sur l'oxyde fortement chauffé; quelquefois même, de mélanger préalablement celui-ci avec du charbon.
g 277. Action du chlore, — Le chlore agit de diverses manières sur les oxydes, suivant qu'il est sec ou humide, et suivant la tem^ pérature à laquelle la réaction a lieu.
A froid, ou sous l'influence de la chaleur , le chlore sec change presque tous les oxydes en chlorures. Il faut en excepter, cependant, les oxydes de quelques métaux de la seconde section, lesquels résistent à l'action du chlore, môme aux températures les plus élevées. Mais si Ton a soin de mélanger préalablement l'oxyde avec du charbon et de chauffer le mélange au milieu du courant de chlore sec, l'affinité du carbone pour l'oxygène, combinée avec celle du chlore pour le métal , détermine toujours la décomposition do l'oxyde ; il se dégage de l'oxyde de carbone, et il se forme un chlorure métallique.
Lorsque les oxydes sont en dissolution ou en suspension dans l'eau, l'action du chlore est, on général, très-différente de celle que nous venons d'indiquer.