ALLIAGES
bismulh, qui ne sont jamais employés isolés, parce qu'ils sont trop cassants.
Le cuivre est un métal très -malléable, facile à travailler au marteau , mais qui ne présente pas une grande dureté. On augmente beaucoup sa dureté, tout en lui conservant une ductilité suffisante, en alliant | de cuivre à } de zinc. On obtient ainsi un alliage, le bitoriy qui présente une couleur jaune agréable et se prête à une foule d'usages. Mais le laiton ainsi composé ne se laisse pas limer facilement; il s'attache à la lime, il la graisse. On remédie à cet inconvénient en faisant entrer dans l'alliage 2 à 3 centièmes de plomb ou d'étain.
§ 265. Pour les bouches à feu on a besoin d'un métal qui soit dur sans être cassant , et puisse être moulé et travaillé au tour. Le cuivre pur satisfait en partie à ces conditions; mais 'il est trop mou ; le boulet , avant de sortir du canon , ricoche plusieurs fois dans l'âme de la pièce , et, si le métal en est mou, il forme bientôt des cavités qui nuisent beaucoup à la précision du tir. Un alliage de 90 parties de cuivre et de 40 d'étain présente plus de dureté et possède encore une ténacité suffisante. C'est cet alliage , appelé bronze , qui est employé pour les canons et pour beaucoup d'objets d'ornement , tels que statues, candélabres , etc. En augmentant la proportion d'étain, on obtient des alliages encore plus durs, mais qui sont en même temps beaucoup plus cassants. L'alliage de 80 de cuivre et 20 d'étain est extrêmement dur et très-sonore; on l'emploie à la confection des cloches, des cymbales, des tamtams. L'alliage formé de 67 de cuivre et 33 d'étain est d'un blanc légèrement jaunâtre , il est susceptible de prendre un très-beau poli. On l'emploie pour les miroirs des télescopes.
On voit par là qu'en alliant deux métaux en différentes proportions, on peut obtenir des alliages qui diffèrent beaucoup entro eux par leurs propriétés physiques, et se prêtent aux usages les plus variés.
§ 266. Pour îes caractères d'imprimerie, il faut un métal qui satisfasse à bien dea conditions. 11 doit être facilement fusible, car ces caractères se faoriquent par moulage ; il doit prendre exactement l'empreinte du moule, afin que les caractères soient très- nets ; enfin, il doit jouir d'une certaine dureté , sans être trop cassant, car, si le métal est trop mou , les caractères s'écrasent à la presse ; ils se brisent s'il est dur et cassant.
Le fer et le cuivre ne sont pas assez fusibles. L'argent , l'or et le platine ne fondent qu'à une température très-élevée, ils sont d'ailleurs beaucoup trop chers. Le zinc, l'antimoine et le bismuth sont
trop cassants^ Le plomb et Tétai n sont trop mous. Mais on obtient un alliage parfaitement convenable, en fondant ensemble 80 de plomb et 20 d'antimoine.
§ 267. Beaucoup de métaux semblent pouvoir se combiner entre eux suivant des proportions quelconques. Mais, en général, lor.» qyi'on laisse refroidir lentement des alliages fondus , ils se séparent en [^usieurs autres qui présentent des compositions définies, et souvent même cristallisent. Celte décomposition d'un même alliage homogène, en plusieurs autres qui se séparent plus ou moins complètement, a lieu quelquefois lorsque l'alliage est exposé pendant longtemps à une température élevée, quoique inférieure à celle qui détermine sa fusion.
§ 268. Le point de fusion d'un alliage est souvent inférieur à celui du métal le plus fusible qui entre dans sa composition.
Ainsi , le plomb fond à 325*,
le bismuth , à 265^
l'étain , à 228".
L'alliage formé de 5 parties de plomb, 3 d'étain et ^8 de bismuth fond à 95°, c'est-à-diro à une température beaucoup plus basse que le métal le plus fusible.
Des oxydes métalllqaes.
§ 269. Les oxydes métalliques présentent les propriétés les plus variées. Les uns sont des bases plus ou moins énergiques, qui se combinent avec les acides et forment des sels bien caractérisés; d'3utres jouent, au contraire, le rôle d'acides et se combinent avec les bases puissantes ; enfin, il en est qui ne se combinent, ni avec les acides, ni avec les bases.
On divise ordinairement, sous ce point de vue, les oxydes en cinq classes :
4" Les oxydes basiques^ c'est-à-dire ceux qui se combinent facilement avec les acides et donnent des sels définw, cristal lisables. Les protoxydes de potassium , de sodium , de calcium , de fer, do plomb, etc., etc., sont des oxydes basiques.
2* Les oxijdes acides^ qui ne se combinent pas , ou du moins trèsrarement avec les acides, et qui forment, au contraire, des sels bien définis avec les bases puissantes. L'acide chrômique, CrO', l'acide manganique, MnO*, l'acide stannique, SnO", l'acide plombique, PbO', l'acide antimonique, Sb*0*, sont de véritables acides métal-
OXYDES MÉTALLIQUES. 2dl
iqu es, qui forment des sels crist^Ilisables avec les bases puissantes, notamment avec la potasse.
Z" Les oxydes indifférents , qui sont capables déjouer à la fois le rôle d'acides avec les bases puissantes, et le rôle de bases avec les acides énergiques. L'alumine, A 1*0', est un oxyde de celte espèce.
4* Les oxydes singuliers. Ces oxydes ne s'unissent ni aux acides, ni aux bases. Sous l'influence des acides, ils abandonnent une portion de leur oxygène ou de leur métal , et se transforment en pro^toxydes qui se combinent avec l'acide. Le peroxyde de manganèse, MnO*, est un oxyde de cette classe. Quand on le chiiuffe avec de l'acide sulfurique, il abandonne la moitié de son oxygène, et il se forme du sulfate de protoxyde de manganèse, MnO.SO*. Le suboxyde de plomb , Pb'O , se transforme , au contact des acides , en plomb métallique, Pb, et en protoxyde de plomb, PbO, qui se combine avec Tacide. Souvent ces oxydes subissent des décompositions analogues avec les bases. Ainsi, le bioxyde de manganèse , MnO', fondu avec de la potasse caustique , se transforme en sesquioxydc de manganèse, Mn*0', et en acide manganique , MnO*, qui se combine avec la potasse :
3MnO« + KO = Mn'^O' + KO. MnO».
5" Les oxydes salins. Ces oxydes résultent de la combinaison d'un oxyde métallique basique avec un oxyde supérieur du même métal. Ce sont de véritables sels, dans lesquels les éléments électropositifs de l'acide et de la base sont formés ])ar le même métal. Les oxydes de fer Fe*0*, de manganèse, Mn*0*, de chrome Cr*0* appartiennent à cette classe; on doit écrire leurs formules Fe0.Fe*0», Mn0.Mn*0*, CrO.Cr*0*. L'oxyde brun de chrome CrO* appartient à la même classe, il doit s'écrire Cr*0».CrO* = 3CrO*. 11 en est de même de l'acide antimonieux SbO', dont la formule doit être écrite Sb*0».Sb*0^*=4SbO«.
§270. Certains métaux forment, avec l'oxygène, un grand Jiôtnbre de combinaisons qui viennent se ranger dans les cinq classes que nous avons déQnies. Le manganèse nous en fournit un exemple re*marquable :
Le protoxyde de manganèse, MnO, est une base puissafnte.
Le sesquioxyde, Mn*0», est une base très-faible, mais on ne connaît pas encore de combinaisons dans lesquelles il joue le rôle' dV cide. Cet oxyde est la limite des oxydes indifTérents.
Le bioxyde de manganèse, MnO", est un oxyde singulier.
L'oxyde Mn'O* est un oxvde salin dont la véritable fotmule est MnO.Mn«0'.
Les acides manganique MnO', et hypermanganique, Mn^O', sont des acides métalliques puissants.
§ !271 . En général, Toxyde de la formule RO est la base la plus puissante parmi celles que peut former un même métal.
Les oxydes R*0* sont des bases très-faibles; souvent même ils jouent le rôle d'acides avec les bases puissantes; dans ce dernier cas , ils se rangent parmi les oxydes indifférents.
Les oxydes RO* sont souvent des acides métalliques, exemple : les peroxydes de plomb PbO*, d'étain àSnO*. Tantôt ce sont des oxydes singuliers, comme le bioxyde de manganèse, MnO^; tantôt enfin on doit les regarder comme des oxydes salins ; tel est l'oxyde brun de chrome, CrO«=-i(Cr«0*.CrO*).
Enûn , les oxydes qui ont des formules plus complexes, tels que les oxydes Fe'^O^ Mn*0'', sont des oxydes salins, qui doivent être écrits FeO.FeW, MnO.Mn«0».
§ 272. On prépare les oxydes métalliques par des procédés trèsvariés que nous apprendrons successivement à connaître lorsque nous nous occuperons des métaux en particulier.
Action des corps métalloïdes sur les oxydes.
§ 273. Action de l'oxygène, — Les oxydes qui ne sont pas au maximum d'oxydation peuvent se combiner directement avec une nouvelle proportion d'oxygène. Quelquefois la combinaison se fait à froid au contact de l'air; elle a lieu plus facilement s'il y a de l'eau en présence; si Toxyde est combiné ou seulement mouillé avec de l'eau, par exenfjple. Les hydrates de protoxyde de fer et de manganèse absorbent très-promptement l'oxygène de Tair, et se changent en hydrates de sesquioxyde. D'autres oxydes ne se combinent avec l'oxygène que lorsqu'on les chauffe à une température modérée au contact de l'air ; ainsi , le protoxyde de plomb, chauffé à une température de 400® environ, absorbe l'oxygène de l'air et se change en un nouvel oxyde, le minium. Une température plus élevée décompose, au contraire, le minium, et le ramène à l'état de protoxyde.
§ 274. Action de l'hydrogène, — Un grand nombre d'oxydes sont décomposés par le gaz hydrogène , qui s'empare de leur oxygène pour former de l'eau ; celte réaction exige, en général, une certaine élévation de température.
Les oxydes des métaux des deux premières sections ne sont décomposés par l'hydrogène à aucune température. Les oxydes des métaux des autres sections sont tous ramenés à l'état métallique par l'hydrogène, à des températures plus ou moins élevées. Ceux de la