‹ Premiers éléments de chimieChapitre 54 sur 126 · K0.S0«) == 3(K0.S0=^) + KS · texte numérisé non relu

K0.S0«) == 3(K0.S0=^) + KS

Les autres sulfites métalliques dégagent de l'acide sulfureux, et l'oxyde reste comme résidu. Chauffés avec du charbon, les sulfites donnent des produits semblables à ceux que donnent les sulfates.

L'acide sulfurique, versé sur un sulfite, donne un dégagement de gaz acide sulfureux, facile à reconnaître à son odeur, et il ne se forme pas de dépôt de soufre.

L*acide azotique, concentré et bouillant, change les sulfites en sulfates. Le chlore produit la même transformation sur les sulfites en dissolution. Les sulfites solubles absorbent aussi l'oxygène de Tair et se changent en sulfates.

Hyposulfates,

$ 357. Les hyposulfates sont tous solubles dans Teau. Les hyposulfates des alcalis, des terres alcalines, et d'oxyde de plomb, dégagent de l'acide sulfureux lorsqu'ils sont soumis à l'action de la chaleur; il reste des sulfates. Les hyposulfates des autres oxydes métalliques se décomposent plus complètement, et il reste , en général, de l'oxyde.

Les hyposulfates, traités à froid par de l'acide sulfurique, ne manifestent aucune décomposition apparente ; mais, si on les chauffe avec cet acide, ils dégagent de l'acide sulfureux.

Les hyposulfates ne précipitent pas les sels de baryte, car l'hyposulfate de baryte est soluble dans Teau. Ils sont facilement transformés en sulfates par l'acide azotique , ou par une dissolution aqueuse de chlore; ils précipitent ensuite parles sels de baryte.

Hyposulfites.

$ 358. Presque tous les hyposulfites sont solubles; les hyposulfites d'argent et de plomb sont les seuls à peu près insolubles. La chaleur décompose les hyposulfites alcalins en sulfates et sulfures. Les acides chlorhydrique et sulfurique, versés dans la dissolution d'un hyposulfîte, déterminent un dégagement de gaz acide sulfureux et un dépôt de soufre ; mais la réaction ne se produit pas toujours immédiatement ; souvent, elle n'a lieu qu'au bout de quelque temps, à moins qu'on ne chauffe légèrement la liqueur.

L'acide azotique très-concentré, le chlore, et les dissolutions des hypochlorites font passer à l'état d'acide sulfurique tout le soufre des hyposulfites.

Les hyposulfites donnent, avec les sels d'argent , un précipité blanc, mais qui noircit promptement parce qu'il se transfornne en sulfure :

KO.S*0« + AgO. AzO»= KO.SO- + AgS + AzO«.

Les hyposulfites alcalins dissolvent facilement, et en grande quantité, les chlorure, bromure, et iodure d'argent.

§ 359. En résumé, tous les sels formés par les oxacides du soufre* donnent des sulfures quand on les chauffe avec un mélange de carbonate alcalin et de charbon ; de sorte que le produit de la calcina-; tion dégage de l'hydrogène sulfuré par Tacide chlorhydrique. Ce caractère distingue de tous les autres les sels formés par les oxacides du soufre. On pourrait, cependant , encore, les confondre avec les sulfures et avec les sulfosels, mais ces derniers composés dégagent immédiatement de l'hydrogène sulfuré par les acides.

Les sels formés par les oxacides du soufre se distinguent entre eux par les caractères suivants : si on les traite par l'acide sulfurique,

Avec les sulfates on n'a aucune réaction ;

Avec les hyposuîfates, on n'a pas de réaction apparente à froid ; mais, à chaud, il se dégage de l'acide sulfureux ;

Avec les sulfites, il y a dégagement d'acide sulfureux, sans dépôt de soufre ;

Avec les hyposulfites , de Tacide sulfureux se dégage , et il se forme un dépôt plus ou moins abondant de soufre. Cette réaction n'a souvent lieu que si on élève la température.

Phosphates.

§ 360. Les phosphates alcalins sont seuls solubles dans l'eau; tous les autres phosphates y sont insolubles, mais ils se dissolvent facilement dans une liqueur acide. Les phosphates solubles donnent un précipité avec les sels de baryte ; mais ce précipité se dissout si Ton acidifie la liqueur avec de l'acide azotique, ou de l'acide chlorhydrique.

Les phosphates, traités par l'acide sulfurique concentré, ne manifestent aucune réaction apparente ; ils se distinguent immédiatement, parla, des sels qui dégagent, dans ce cas, des vapeurs acides.

Tous les phosphates, chauffés à une haute température avec un mélange de charbon et d'acide borique ou d'acide silicique, donnent du phosphore libre.

Un phosphate sec , chauffé avec du potassium, donne du phosphurede potassium qui, au contact de l'eau, dégage de l'hydrogène phosphore. Ces deux réactions se manifestent également avec les sels formés par les autres oxacides du phosphore.

Il est facile de transformer un phosphate insoluble en un phosphate alcalin soluble ; il suffit de le faire bouillir avec une dissolution de carbonate alcalin. On peut, ensuite, constater dans la liqueur, la présence de l'acide phosphorique. A cet effet, on sursature

la liqueur par de Tacide chlorhydrique, et l'on s* assure qu'elle ne précipite pas par les sels de baryte. Mais si on neutralise Facide par de l'ammoniaque, il se forme immédiatement un précipité de phosphate de baryte. La liqueur neutre donne également un précipité blanc , avec les sels de plomb. Le phosphate de plomb se reconnaît d'ailleurs facilement, parce qu'il fond au chalumeau en un globule qui prend, en se solidifiant, des facettes cristallines.

Phosphites»

§364. Lqs phosphites alcalins sont seuls solubles. Tous les phosphites se décomposent par la chaleur; ils donnent un résidu de phosphate, et il se dégage un mélange d'hyjlrogène et d'hydrogène phosphore.

L'acide azotique et le chlore transforment les phosphites en phosphates.

Les phosphites réduisent un certain nombre d'oxydes métalliques, entre autres, les oxydes d'argent et de mercure ; la réaction est plus facile, si l'on rend la liqueur acide. De l'oxyde rouge de mercure, chauffé avec la dissolution d'un phosphite, à laquelle ona ajouté une petite quantité d'acide chlorhydrique, se change en une poudre noire de mercure métallique.

Ilypophosphites,

$ 362. Leshypophosphites présentent beaucoup de réactions semblables à celles des phosphites. Ils se décomposent par la chaleur, donnent des phosphates, et il se dégage de l'hydrogène phosphore. L'acide azotique et le chlore les transforment en phosphates.

Les hypophosphites se distinguent des phosphites parce qu'ils né précipitent dans aucun «as les sels de baryte ; tandis que les phosphites les précipitent quand ils sont parfaiten^ent neutres.

Arséniates,

% 3^3. Les arséniates alcalins sont seuls solubles. Les arséniates de tous les autres oxydes métalliques sont insolubles, mais ils se dissolvent facilement dans un excès d'acide.

Un arséniate quelconque , chauffé avec de l'acide borique et du charbon , dans un petit tube fermé à un bout , donne un sublimé d'arsenic qui vient former dans la partie antérieure du tube un anneau miroitant.

Les dissolutions des arséniates , versées dans un appareil qui dé-

gage du gaz hydrogène par la réaction du zinc sur T acide sulfurique étendu, donnent de Thydrogène arsénié qui se dégage avec le gaz hydrogène. Si l'on fait passer ce mélange gazeux à travers un tube chauffé au rouge, l'hydrogène arsénié se décompose (§ 120) etl'arsenic vient former un anneau miroitant dans la partie antérieure du tuhe. Si, au contraire, on enflamme ce mélange gazeux à l'extrémité du tube de dégagement étiré en pointe fine, on obtient une flamme livide, dont s'échappent des fumées blanches d'acide arsénieux et qui dépose des taches miroitantes d'arsenic métallique sur une soucoupe de porcelaine froide que l'on introduit dans la flamme. Cette réaction permet de reconnaître les plus petites quantités d'arséniate, et s'applique d'ailleurs à ïa recherche de tous les composés arsenicaux solubles ; on l'applique constamment à la recherche de l'arsenic dans les cas d'empoisonnement. L'appareil porte le nom d*appareil de Marsh.

Avec l'azotate d'argent, les dissolutions des arséniates donnent un précipité rouge briqueté , lequel se dissout avec la plus grande facilité dans un excès d'acide; de sorte que ce précipité ne se forme que si les liqueurs sont parfaitement neutres.

Les arséniates solubles donnent un précipité jaune avec l'hydro- .gène sulfuré, mais il faut souvent beaucoup de temps pour que ce précipité apparaisse.

Arsénites,

§ 364. Les arsénites, chauffés avec du charbon et de l'acide borique, donnent un sublimé d'arsenic. Dans l'appareil de Marsh , ils produisent des taches arsenicales.

Si Ton verse un acide dans la dissolution concentrée d'un arsénite alcalin , il se forme un précipité cristallin d'acide arsénieux. Les arsénites en dissolution précipitent en jaune les sels d'argent , et en vert les sels de cuivre ; mais il faut que les liqueurs soient parfaitement neutres, car les arsénites insolubles se dissolvent facilement dans un excès d'acide.

L'hydrogène sulfuré donne, avec les arsénites en dissolution, un précipité jaune abondant , insoluble dans un excès d'acide , mais qui se dissout facilement dans l'ammoniaque. Ce précipité se forme immédiatement , tandis que , avec les arséniates , il ne se dépose qu'après quelque temps.

Les arsénites chauffés avec l'acide azotique , se changent en arséniates, et il y a dégagement de vapeurs rutilantes. Les arséniates ne présentent rien de semblable ; ils ne sont pas altérés par les corps oxydants.

30â gëNéràKTës sur les sels.

Carbonates.

$ 365. Les carbonates alcalins sont les seuls carbonates solubles- Ce sont aussi les seuls qui soient indécomposables par la chaleur. Tous les autres carbonates perdent complètement leur acide carbonique à une température plus ou moins élevée. Tous les carbonates, sans exception, sont décomposés lorsqu'on les chauffe à une très- haute température , avec du charbon ; il se dégage de l'oxyde de carbone.

Lorsqu'on fait passer de la vapeur de phosphore sur un carbo-' nate alcalin chauffé au rouge, Tacide carbonique est complètement décomposé, et il se sépare du charbon qui colore la masse en noir.

Les carbonates, traités par un acide, donnent une vive effervescence, due au dégagement de l'acide carbonique. Celte réaction est caractéristique pour cette classe de sels; car l'acide carbonique se reconnaît facilement à ses propriétés de ne présenter ni odeur , ni saveur, et de précipiter l'eau de chaux. Cette réaction suffit, à elle seule, pour distinguer les carbonates de tous les autres sels.

Borates.

' % 366. Les borates alcalins sont seuls solubles ; tous lesautressont insolubles. Soumis à une haute température, ils fondent et donnent' des verres incolores, lorsque les oxydes métalliques, combinés avec l'acide borique, sont eux-mêmes incolores. Ces verres sont, au contraire, colorés lorsque les oxydes métalliques le sont eux-mêmes.

Le charbon réagit difficilemem sur les borates; cependant, quelques borates sont décomposés par ce corps à une très-haute température ; et donnent des borures métalliques.

Les acides sulfurique> azotique et chlorhydrique décomposent les borates par voie humide, et mettent l'acide borique en liberté. Si le borate est en dissolution concentrée, l'acide borique se précipite sous la forme de petites paillettes cristallines , sut* lesquelles il est facile de constater les propriétés caractéristiques de l'acide borique. L'acide borique chasse , au contraire , ces acides par voie sèche.

Si l'on chauffe le mélange d'un borate quelconque et de spath Quor avec de l'acide sulfurique concentré , il se dégage du fluorure de bore , lequel se reconnaît aux vapeurs blanches épaisses qu'il répand dans l'air, et à la manière dont il se décompose au contact de l'eau (§211).

Silkaies, % 367. La plupart des silicates sont insolubles. Les silicates alca-

caractères' DISTINCTIFS. 303

lins, avec grand excès de base, sont seuls solubles dans Feau. Les sUicates qui sont attaquables par les acides sulfurique et chlorhydrique se reconnaissent facilement ; lorsqu'on les fait chauffer avec ces acides, l'acide silicique se sépare à l'état d'une gelée transparente et incolore, qui s'agrège en une poudre blanche insoluble ; recueillie sur un filtre, il est facile d*y constater les propriétés caractéristiques de l'acide silicique (§ 484). Les silicates qui sont inattaquables par les acides peuvent être facilement transformés en silicates attaquables ; il suffit de les fondre dans un creuset de platine avec trois ou quatre fois leur poids de carbonate de soude. On obtient ainsi un silicate beaucoup plus basique, renfermant une grande quantité de matière alcaline , et qui s'attaque facilement et complètement par les acides, en laissant un résidu de silice gélatineuse.

Les silicates fondent, en général, par l'action de la chaleur ; mais quelques-uns, tels que les silicates d'alumine et dç chaux , exigent les températures les plus élevées. Le charbon , à une haute température, réduit quelques silicates ; ordinairement, une portion seulement du métal se sépare, et il reste un silicate renfermant un grand excès d'acide. Les silicates qui se décomposent partiellement par le charbon sont ceux qui renferment des oxydes métalliques facilement réductibles.

Les silicates , chauffés dans un vase de plomb ou de platine avec du spath fluor et de l'acide sulfurique concentré, dégagent du gaz fluorure de silicium (% 24 3), lequel fume à l'air, et se décompose au contact de l'eau, en abandonnant de la silice gélatineuse.

Suîfosels.

§368. Les sulfosels, traités par les acides puissants mais non oxydants, comme l'acide sulfurique étendu ou l'acide chlorhydrique, dégagent de l'hydrogène sulfuré , et le sulfacide se sépare. La plupart des sulfacides étant insolubles dans l'eau, on peut constater sur leurs précipités les propriétés qui les caractérisent.

Ainsi, avec le sulfocarbonale de monosulfure de potassium, il se dégage de l'acide sulfhydrique, et il se précipite du sulfure de car bone liquide :

KS.CS» -l-HCl=KCl-f HS+CS».

Avec le sulfairséniate de monosulfure de potassium, il se dégage dp l'acide sulfhydrique; du sulfure d'arsenic se précipite sous la forme d'une poudre jaune :

KS.AsS« + HCl = KCl+HS + A?S«.

Avec l'hydrosulfate de monosulfure de potassium, on a une réaction analogue , mais il ne se dégage que de l'acide sulfhydrique , dont la moitié provient du monosulfure de potassium , et l'autre moitié est le sulfacide qui se sépare. Cette réaction ne permettant pas de distinguer ce sulfosel du monosulfure de potassium, on a recours à la réaction suivante : les monosulfures des métaux alcalins et alcalino-terreux sont les seuls qui jouent le rôle de bases avec Tacide sulfhydrique ; si donc on verse dans une dissolution de suifhydrate de monosulfure de potassium, un sel métallique tel que le sulfate de cuivre , il y a une double décomposition ; ij se forme da sulfate de potasse et du monosulfure de cuivre. Mais, ce dernier sulfure ne jouant pas le rôle de base par rapport au sulfacide HS , ce sulfure devient libre, et, par conséquent, il se dégage de l'acide sulfhydrique :

KS.HS+CuO.SO»=KO.SO-+CuS+HS.

Si, au contraire, on verse une dissolution de sulfate de cuivre dans la dissolution d'un monosulfure , il se forme un précipité de sulfure métallique, mai§ il ne se dégage pas d'hydrogène sulfuré :

KS + CuO^SO'cnKO.SO' + CuS.

Pour que cette dernière proposition soit exacte, il faut que la dissolution du sel métallique ne renferme pas un excès d'acide ; car cet acide décomposerait une portion de monosulfure, et dégagerait de l'hydrogène sulfuré.

Les monosulfures et hydrosulfates de sulfures se distinguent d'ailleurs des polysulfures, en ce qu'ils ne^donnent pas, comme ces derniers , un dépôt de soufre quand on les décompose par les acides.

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