CYANURE DE POTASSIUM
rech. Les varechs sont des plantes qui croissent sur les rochers recouverts par les eaux de la mer. On les récolte sur les côtes de l'Océan, où elles sont rejetées après avoir été détachées par les flots. On les dessèche par exposition à l'air, puis on les incinère dans de petites fosses creusées dans le sol ; il reste une cendre à demi fondue, à laquelle on donne le nom de soude de varech. On lessive cette matière à chaud, et on extrait, par des cristallisations successives. les divers sels qu'elle renferme. La soude de varech donne jusqu'à 30 pour 400 de chlorure de potassium.
Le chlorure de potassium est obtenu , d'une manière accessoire , dans plusieurs arts.
Le chlorure de potassium, en se dissolvant dans l'eau, produit un grand abaissement de température; le chlorure de sodium opère un refroidissement beaucoup plus considérable. On utilise cette propriété, pour déterminer les proportions de chlorure de potassium et de chlorure de sodium qui entrent dans un mélange de ces deux sels.
g 397. lodure de potassium. — On obtient ce sel en dissolvant de l'iode dans une dissolution concentrée de potasse, jusqu'à ce que la liqueur se colore par un excès d'iode. Il se forme un dépôt cristallin d'iodate de potasse, et la liqueur renferme, à la fois, de l'iodure de potassium et un peu d'iodate. Si l'on se propose seulement de préparer l'iodure de potassium, on évapore la liqueur à siccité, et l'on calcine le résidu dans un creuset de platine. L'iodate de potasse se décompose, il ne reste que de l'iodure de potassium qu'on redissout dans l'eau, et qu'on fait cristalliser. L'iodure de potassium forme des cristaux cubiques anhydres.
On retire, par cristallisation , une proportion considérable d'iodûre de potassium , des eaux mères des varechs , lorsqu'elles ont déposé les chlorures de potassium et de sodium , ainsi que les sulfates qu'elles renferment en dissolution:
' Combinaison dn polansluni avee le cyanogène.
§ 398. Cyanure de potassium. — La manière la plus simple de préparer le cyanure de potassium consiste à décomposer, par la chaleur rouge, le cyanure double de potassium et de ferSKCy+FeCy, qu'on appelle communément prussiate de potasse. Le cyanure de fer se décompose seul, et donne une combinaison insoluble de fer et de carbone : un carbure de fer. On reprend le résidu par l'eau, qui dissout le cyanure de potassium, et que l'on sépare ensuite en évapo-
rant. Le cyanure de potassium cristallise en cubes anhydres. Nous verrons, plus tard, lorsque nous décrirons les combinaisons du fer, comment on prépare, dans les fabriques, le cyanure de potassium impur avec lequel on fabrique le cyanure double de potassium et de fer.
Caractère» di«tliicllfii dea ttelM de potasse.
§ 399. Les sels alcalins se distinguent de tous les autres sels métalliques, en ce qu'ils ne donnent pas de précipités avec la dissolution d*uD carbonate alcalin.
Les sels de potasse se reconnaissent, ensuite, aux propriétés suivantes :
4 • Aux propriétés physiques de leurs sels ; principalement à celles du sulfate de potasse, sel anhydre , facilement cristallisable , jouissant d'une certaine dureté.
2" Par la propriété de former avec le sulfate d'alumine un sel double, l'alun, qui cristallise facilement en octaèdres réguliers.. 11 suffit de verser, dans la dissolution concentrée d'un sel de potasse , une dissolution concentrée de sulfate d'alumine, et d'agiter la liqueur, pour qu'il se forme un précipité cristallin d'alun , composé de petits octaèdres réguliers faciles à reconnaître à la loupe.
3* Par la propriété de donner avec l'acide perchlorique un dépôt de grains cristallins de perchlorate de potasse.
i" Par la propriété de former , avec l'acide lartrîque , un bitartrate de potasse , peu soluble dans l'eau ; de sorte que, si l'on verse une dissolution d'acide tartrique dans une dissolution un peu concentrée d'un sel de potasse , il se forme un précipité.
'5" Par la propriété do donner, avec le perchlorure de platine, un précipité jaune de chlorure double de potassium et de platine, lorsque la dissolution n'est pas très-étendue. Ce précipité se dépose d'une manière plus complète si on ajoute à la liqueur une certaine quantité d'alcool. Le précipité de chlorure double do potassium et de platine se détruit à la chaleur rouge ; le perchlorure de platine se décompose , il reste du platine métallique , et le chlorure de potassium devient libre. En traitant le résidu par l'eau , on ne dissout que le chlorure de potassium.
6° Les sels do potasse donnent, avec une dissolution d'acide hydrofluosilicique , un précipité gélatineux translucide de fluorure double de potassium et de silicium , qu'on reconnaît d'abord trèsdifficilement dans la liqueur , mais qui se dépose, au bout de quelque temps, sous la forme d'une gelée incolore, presque transparente.
Équivalent = 387.3.
% iOO. Le sodium existe, à l'état de silicate de soude, dans un certain nombre de minéraux qui forment des roches primitives. Combiné avec le chlore, il forme le chlorure de sodium, ou sel marin , qui existe en dissolution dans Teau de la mer , et qui forme , dans plusieurs contrées, des amas considérables dans certaines formations géologiques. Les plantes qui croissent au bord de la mer absorbent une certaine quantité de sels de soude que l'on retrouve dans leurs cendres.
Le sodium ressemble beaucoup au potassium par ses propriétés physiques. îl est cassant à une température très-basse, et il présente alors une cassure crislalline. A la température ordinaire de -f 15® à -l-^O**, il est assez mou pour qu'on puisse le couper facilement au couteau. Vers 60**, il se laisse pétrir comme la cire; enfin vers 90**, il prend l'état liquide^. Le sodium entre en ébullition à la chaleur rouge ; sa distillation a lieu à une température moins élevée que celle du potassium.
Le sodium , fraîchement coupé, est doué d'un grand éclat métallique ; il ressemble à l'argent. Mais cet éclat ne persiste pas au contact de l'air, parce que le métal se combine rapidement avec l'oxygène. La densité du sodium est plus considérable que celle du potassium; elle est de 0,97 environ, à la température ordinaire. Le sodium doit être conservé dans de l'huile de naphte.
Le sodium décompose l'eau , aux températures les plus basses. Un fragment de ce métal , projeté sur l'eau , fond en un globule brillant par la chaleur dégagée dans l'oxydation du métal. Le globule se promène à la surface» du liquide, mais il n'y a pas inflammation , comme avec le potassium. On peut cependant produire l'inflammation du gaz , en ne laissant pas le globule se mouvoir à Ja surface du liquide; il y a alors moins de déperdition de chaleur, et la température s'élève assez pour que le gaz hydrogène dégagé s'enflamme.' L'inflammation a lieu également si l'on projette le fragment de sodium sur de l'eau épaissie par de la gomme ou de l'amidon. La liqueur devient fortement alcaline par l'hydrate de protoxyde de sodium ou soude, qui se dissout.
§ 401 . On prépare le sodium par les mômes procédés que le potassium ( g 37,1 et 372 ).
€)oiiiblnal«o]Ui du «odlmn aTee roxy^ène*
$ 40Î. Le sodium forme avec l'oxygène deux combinaisons qui correspondent à celles du potassium ; on les prépare de la même manière.
Sel0 formétf par le protoxyde de sodlirai) on soude*
§ 403. Le protoxyde est le seul oxyde de sodium qui joue le rôle de base salifiable; il donne un grand nombre^ de sels, importants par leurs applications.
Hydrate de soude,
$ 404. Cette combinaison se forme quand le sodium s'oxyde au contact de l'eau. On la prépare dans les laboratoires, en décomposant le carbonate de soude en dissolution par l'hydrate de chaux ; on opère, d'ailleurs, exactement comme pour préparer l'hydrate de potasse (§ 374), et Topération demande des précautions semblables.
Pour que la réaction soit complète et qu'elle marche rapidement, on doit employer environ poids égaux de carbonate de sou*de et de chaux. La dissolution caustique, séparée du dépôt par décantation, est évaporée rapidement à siccité , et la matière fondue est coulée sur une plaque de cuivre où elle se solidifie en refroidissant. On a ainsi la soude caustique à la chaux. On peut la purifier, en la dissolvant dans l'alcool , comme nous l'avons dit pour la potasse (§375).
L'hydrate de soude ressemble complètement , par son aspect , à l'hydrate de potasse ; comme ce dernier, il renferme un équivalent d'eau. L'eau de l'hydrate de soude ne se dégage à aucune température , et l'hydrate de soude distille , sans altération , à une forte chaleur rouge. La soude caustique peut servir aux mêmes usages que la potasse ; comme elle est à meilleur marché et plus facile à préparer à l'état de pureté , parce qu'on trouve le cat-bonate de soude très-pur dans le commerce , il y a avantage à lui donner la préférence. L'hydrate de soude solide, exposé à l'air humiSe, tombe bientôt en déliquescence , en se combinant avec l'eau de l'atmosphère. Mais, si on laisse indéfiniment la liqueur sirupeuse au contact de l'ajr, il s'y forme des cristaux de carbonate de soude qui présentent alors l'aspect d'une matière efflorescente. L'hydrate de potasse n'offre rien de semblable, parce que le carbonate de potasse est lui-même déliquescent.