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PHOSPHATES DE SOUDE

coup plus facilement l'humidité de l'air que la poudre ordinaire, et dont l'inflammation est moins rapide ; on y a donc renoncé. On emploie maintenant ce sel pour fabriquer de Tazotate de potasse par double décomposition. Il suffit de traiter l'azotate de soude par le carbonate de potasse ; les liqueurs évaporées et abandonnées à la cristallisation à une basse température, laissent déposer lazotate de potasse. On peut également opérer cette décomposition par le chlorure de potassium ; la liqueur, concentrée par l'ébuUition , laisse déposer beaucoup de sel marin que l'on sépare ; en refroidissant, elle abandonne ensuite de l'azotate de potasse.

Phosphates de soude.

§443. Les combinaisons de la soude avec l'acide phosphorique sont très-nombreuses , et leur étude présente un haut intérêt. Les chimistes distinguent maintenant des phosphates tribasiques ou phosphates ordinaires, des phosphates bibasiques ou pyrophosphates, et des phosphates numobasiques ou métaphosphates. Nous nous bornerons ici à étudier un seul de ces phosphates qui appartient à la série des phosphates tribasiques et que l'on appelle phosphate de soude ordinaire,

§ 444. On prépare le phosphate de soude ordinaire du commerce en ajoutant du carbonate de soude à la dissolution du phosphate acide de chaux, qu'on obtient en traitant les cendres d'os par l'acide sulfurique, jusqu'à ce qu'il ne se fasse plus ni effervescence ni dépôt. La chaux se sépare à l'état de sous-phosphate insoluble, et la liqueur renferme le phosphate de soude en dissolution. Cette liqueur, évaporée , abandonne , par le refroidissement , de beaux cristaux transparents. On purifie ce sel par une nouvelle cristallisation. Il a pour formule 2NaO.PhO*+27HOj mais cette formule doit être écrite (2NaO+HO). PhO*+26HO, c'est-à-dire que l'acide phosphorique- est combiné avec 3 équivalents de base , 2 équivalents de soude et 4 équivalent d'eau basique. Ce sei a une réaction alcaline prononcée sur les réactifs colorés ; il est efQorescent à l'air. Il se dissout dans 2 parties d'eau bouillante et dans 4 parties d'eau froide. Soumis à l'action de la chaleur , il fond d'abord dans son eau de cristallisation , puis il perd successivement cette eau , et , si l'on ne pousse pas ht température trop haut, il reste à l'état de sel tribasique anhydre (2NaO-|-HO).PhO". En le redissolvant dans l'eau , et le faisant cristalliser de nouveau , il reproduit le sçl primitif. Mais si on le porte à une température plus élevée, par exemple, de manière à lui faire subir la fusion ignée ,' il perd son équivalent d'eau ba-

sique et devient SNaO.PhO'*. Il a alors complètement changé de nature; en le redissolvant de nouveau et le faisant cristalliser, on n'obtient plus le sel primitif, mais un sel complètement différent, qui appartient à la série des phosphates bibasiques et qui est connu gous le nom de pyrophosphate de soude.

Borates de soude.

§ 415. Le borate neutre de soude porte, dans les arts, le nom de borax. On le trouve , dans le commerce , sous deux états : le borax ordinaire et le borax octaédrique» Ces deux sels ne diffèrent que par leur proportion d'eau de cristallisation. Le borax ordinaire a pour formule NaO.2BoO'+10HO, et renferme 47,2 pour 400 d'eau. La formule du borax octaédrique est Na0.2BoO*+5HO ; 100 parties de ce sel ne renferment que 30,8 d'eau.

Le borax ordinaire se dissout dans 2 parties d*eau bouillante et dans 42 parties d'eau froide; la dissolution a une forte réaction alcaline. Ce sel est un peu efflorescent à Tnir. Chauffé, il fond d'abord dans son eau de cristallisation ; puis il se boursoufle, et il reste à la fin une matière spongieuse, qui est du borax anhydre. A une plus haute température, le borax anhydre éprouve la fusion ignée, et donne un liquide visqueux, qui ne cristallise pas en se solidifiant; la matière présente, après le refroidissement, un aspect vitreux. La viscosité du borax fondu est telle, qu'on peut le tirer en longs fils, très-déliés. Le verre de borax dissout à chaud la plupart des oxydes métalliques, et prend alors des colorations particulièr^es , qui permettent de distinguer les différents métaux les uns des autres. Cette propriété est très-précieuse pour les analyses qualitatives ; on peut la mettre en évidence sur des quantités extrêmement petites de matière. À cet effet, on se sert ordinairement d'un fil de>platine(fig.420), Fig. 120. dont on a entouré un des bouts sous

forme de boucle. On plonge cette boucle, légèrement humectée dans du borax anhydre pulvérisé, et l'on y ajoute quelques parcelles de l'oxyde métallique que l'on veut reconnaître. On fond ensuite la matière au chalumeau (fi^. 424), -et l'on ob- ^^ tient une perle, dans laquelle

iMg. 121. ^m2y^^^^-' l'oxyde métallique se dissout, et qui, après le refroidissement, présente une coloration particulière , caractéristique de l'oxyde métallique.

BORATES DE SOUDE. 337

La flamme que l'on emploie pour opérer celte fusion , est celle d'une lampe à alcool, d'une lampe à huile, ou même celle d'une bougie. Lorsque le métal forme plusieurs degrés d'oxydation, il arrive souvent qu'il produit deux colorations de borax très -différentes, et , comme ces deux colorations peuvent être obtenues à volonté^ on les fait servir toutes deux à constater la nature du métal. Dans la partie brillante b de la flamme (fig. 422), qui est immédiatement en avant de l'espace obscur intérieur aa', le gaz est réduisant, parce que les parties combustibles ne sont pas encore entièrement brûlées, surtout si l'ouverture du chalumeau est très-petite.

ig. 1 2. ^^^ ^-^^ g^ avant de la partie brillante 6, en c, le gaz est, au contraire, oxydant, parce qu'il est mêlé à un excès d'air atmosphérique. Il faudra donc chauffer le borax en 6, quand on voudra obtenir la coloration qui appartient au protoxyde; et en c, si l'on cherche la coloration due au peroxyde.

§ 446. Le borax est ordinairement employé dans les arts pour la soudure des métaux. La soudure des deux parties de métal l'une sur l'autre se fait, en interposant un autre métal, ou un alliage métallique plus fusible que les deux parties à réunir. On porte le point de soudure à une température assez élevée pour fondre le métal interposé, qu'ofl appelle alors la soudure^ mais insuffisante pour déterminer la fusion du métal que l'on veut souder. Pour que cette opération réussisse , il e^i essentiel que les deux surfaces mé^ . talliques à réunir soient parfaitement propres, qu'elles soient bien décapées^ aân que la soudure fondue se trouve en contact immédiat' avec )e métal. Or ce dernier s'oxyde souvent à la température qui opère la fusion de la soudure, et l'oxyde interposé empêche l'union des parties métalliques. On remédie à cet inconvénient, en ajoutant à la soudure une petite quantité de borax. Ce sel, subissant la fusion ignée, forme un vernis qui préserve de l'oxydation les parties métalliques, il se combine, d'ailleurs, avec l'oxyde qui existe à la surface des pièces à réunir, et les décape d'une manière parfaite. En pressant l'une sur l'autre les parties à souder, on exprime l'excès de la soudure , ainsi que le borax interposé.

Le borax est principalement employé pour la soudure des pièces d'or et d'argent. Pour les objets de cuivre et de laiton , on emploie la résine ou le sel ammoniac. Ces dernières substances exercent, en

même temps, une action réduisante sur les oxydes métalliques qui peuvent exister à la surface des métaux.

Le borax ordinaire NaO.^BoO' + ^O^^^^ GSt incommode pour la soudure , parce qu'il se boursouQe beaucoup avant de subir la fusion ignée, et qu'il s'en perd alors par projection. On préfère le borax octaédrique , qui renferme moitié moins d'eau.

Hyposulfite de soude,

§ 447. Ce sel a reçu une certaine importance de ses applications au daguerréotype. On s'en sert pour dissoudre le composé d'argent impressionnable qui est resté inaltéré après l'exposition dans la chambre noire. Il jouit ,'en effet , de la propriété de dissoudre trèsfacilement les chlorure, bromure et iodure d'argent.

On prépare l'hyposulfite de soude , en dissolvant du soufre dans une dissolution chaude et concentrée de sulfite de soude, jusqu'à ce que celle-ci en soit saturée. La liqueur, soumise à Tévaporation , abandonne l'hyposulfite de soude, sous la forme de gros cristaux transparents qui ont pour formule NaO.S*0*+5HO. Ce sel , soumis à l'action de la chaleur, fond d'abord dans son eau de cristallisation ; en ménageant convenablement la chaleur, on peut lui faire perdre toute son eau , sans qu'il se décompose ; mais, si on le chauffe davantage , il se décompose en sulfate et en sulfure.

Comblnalflonfli da sodium aTee^Ie ehlore*

g 418. Le sodium ne forme avec le chlore qu'une seule combinaison , c'est notre sel ordinaire de cuisine. Le chlorure de sodium existe en quantité considérable dans lids eaux de la mer, et c'est de celles-ci qu'on extrait la plus grande partie du sel que l'on consomme dans la vie domestique et dans les arts. Â cause de cette origine, le chlorure de sodium est aussi appelé sel marin. Le chlorure de sodium forme encore des amas considérables dans le sein de la terre, on lui donne alors le nom de sel gemme.

Le chlorure de sodium est à peu près^ également soluble dans l'eau froide et dans l'eau chaude. 400 parties d'eau dissolvent 37 parties de sel marin , de sorte qu'une dissolution saturée en renferme 27 pour 400.

Le chlorure de sodium cristallise en cubes. Lorsque cette cristallisation se fait par évaporation rapide, les cristaux sont très-petits; il s'accolent ordinairement les uns aux autres, de matnière à former des pyramides à quatre pans, creuses à l'intérieur, et dont les parois

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