CHLORURE DE SODIUM
présentent Taspect de gradins (fig. 423), parce que les rangées de petits cristaux cubiques sont disposées en retrait , les unes par rap- Fig. 123. port aux autres. Ces groupements particuliers
de cristaux ont reçu le nom de trémies.
Le chlorure de sodium, cristallisé en cubes, ne renferme pas d'eau combinée. Dans les temps humides , il enlève de l'eau à l'atmosphère et se mouille. Il abandonne de -nouveau cette eau , lorsque le temps devient sec. Les gros cristaux de sel marin renferment presque toujours un peu d'eau mère, interposée entre les couches cristallines; c'est à la présence de cette eau qu'on attribue ordinairement la propriété que possède le sel de décrépiter quand on le jette sur des charbons incandescents.
§ 419. Le sel gemme forme dés amas, le plus souvent intercalés dans des couches, ou plutôt dans des amas lenticulaires de gypse. Quelquefois le sel gemme est blanc et parfaitement pur; il présente alors le clivage cubique très-prononcé. D'autres fois, il est coloré en jaune , ou en rouge , par de l'oxyde de fer.
Lorsque le sel gemme est pur, on l'extrait immédiatement du sol, soit en faisant une exploitation à ciel ouvert, si le sel se trouve très-près de la surface ; soit en exploitant par puits et galerie, comme pour les mines de houille. Le sel extrait est réduit en poudre dans des moulins. Les principales exploitations du sel en roche sont celles de Vieliczka en Pologne,' et de Cardone en Espagne.
Lorsque le sel est impur, il faut le dissoudre dans l'eau, et le purifier par cristallisation. La dissolution se fait ordinairement dans la mine elle-même.
§ 420. Lorsqu'il existe, au sein de la terre, des amas considérables de sel gemme, il sort ordinairement du sol, dans les localités environnantes, des sources salées qu'on traite quelquefois avec avantage pour en retirer le chlorure de sodium. Ces eaux sont toujours loin de l'état de saturation , parce qu'avant d'arriver au 'jour elles traversent diÇérentes couches de terrains, où elles se mêlent à des quantités plus ou moins considérables d'eau douce.
Les eaux des sources salées sont rarement assez concentrées pour qu'on puisse les évaporer immédiatement par le feu , on esi obligé de leur faire subir une concentration préliminaire , par évaporatîon à Tair. Ces eaux sont amenées, par des rigoles, dans de grands bassins de réception. Des pompes les élèvent à la partie supérieure de bâtiments particuliers, appelés bâtiments de graduatiouj et d'où on les fait couler lentement sur de larges surfaces exposées à l'action du vent, qui évapore une grande partie de l'eau.
Les bâtiments de graduation consistent en de longues constructions de charpente, remplies de fagots d*épines, dont la plus grande face est exposée au vent qui règne le plus ordinairement dans la contrée, ou plutôt, à celui qui produit la vaporisation la plus active.
§ 424. L'extraction du sel marin des eaux de la mer a lieu par deux procédés différents: 4° par Tévaporation spontanée de Teau dans des bassins peu profonds , et très-étendus ; 2" en soumettant Teau de la mer à une très-basse température : une partie de Teau se sépare alors à l'état de glace qu'où enlève ; et la liqueur restante renferme la totalité du sel , dissoute dans une quantité d'eau plus petite. Ce dernier procédé n'est employé que dans les contrées septentrionales, sur les bords de la mer Blanche; il donne des eaux assez concentrées pour qu'on puisse les évaporer avantageusement par le feu. Le premier procédé est usité dans les pays chauds , et même dans les pays tempérés. En France , on l'emploie sur les côtes de l'Océan et sur celles de la Méditerranée.
Un marais salant, appelé aussi quelquefois un saliriy consiste essentiellement en une vaste surface, destinée à Tévaporation spontanée de l'eau de la mer. Cette surface d'évaporation est divisée en une série de compartiments que l'eau parcourt successivement avec une vitesse très-petite, et qu'on peut d'ailleurs régler à volonté. Lorsque l'eau est arrivée au terme de sa course, et qu'elle a séjourné pendant quelque temps dans les derniers compartiments, elle a abandonné la plus grande partie du sel qu'elle renfermait en dissolution. On enlève ce sel à mesure qu'il se forme, et l'on fait écouler les eaux mères lorsque le chlorure de sodium qui s'en dépose commence à devenir impur, par suite de son mélange avec les sels plus solubles contenus dans l'eau de la mer. Ces eaux mères peuvent donner néanmoins d'autres sels utiles à l'industrie.
Caractères dî»UaetltB des melm de sonde.
§ 422. Nous n'avons à nous occuper ici que des caractères qui servent à distinguer les sels de soude des sels formés par les autres alcalis; car nous avons vu (§ 399) qu'il était facile de reconnaître les sels^lcalins de tous les autres.
Les caractères distinctifs des sels de soude sont principalement fondés sur les propriétés physiques de c^uelques-uns de ces sels, qui se distinguent immédiatement des sels correspondants de la potasse. Le sulfate de soude, cristallisé à froid, renferme beaucoup d'eau de cristallisation; il est efflorescent à l'air et éprouve facilement la fusion aqueuse. Le sulfate de potasse est, au contraire, anhydre, inai-