OXYDES DE FER
sulfurique étendu le dissQut à froid, avec dégagement d*hydrogène. L'acide sulfurique concentré l'attaque également, mais il se dégage de Tacide sulfureux. L'acide azotique l'attaque vivement avec un dégagement abondant de vapeurs nitreuses ; mais, si cet acide est étendu, le fer se dissout sans dégagement apparent de gaz, et il se forme , à la fois , de Tazotate de protoxyde de fer, et de l'azotate d'ammoniaque (§ < ^ 5).
ComblnatoOBfl du fer «Tee roxysène.
§ 508. On connaît trois combinaisons du fer avec Toxygène :
4* Un protoxyde, FeO , qui est une base énergique , isomorphe avec les bases qui ont pour formule RO ;
2° Un sesquioxyde, FeW, qui est une base très-faible, analogue à Talumine, et isomorphe avec les oxydes de la formule R*0* ;
3° EnSn un acide, FeO^, analogue à l'acide manganique.
On connaît encore un quatrième composé de fer et d'oxygène; cet oxyde, que l'on appelle oayyde magnétique j a pour formule Fe*0*; mais il se comporte comme une combinaison de protoxyde et de* sesquioxyde, FeO.Fe'O*.
§ 509. Protoxyde de fer ^ FeO. — :Le protoxyde de fer n'a pas pu être obtenu jusqu'ici à l'état de pureté. Quand on laisse refroidir lentement, au contact de l'air, une grosse barre de fer rougie au feu , sa surface s'oxyde. Il se forme une pellicule noire d'un éclat métalloïde, qui se détache sous le choc du marteau, et qu'on appelle battiture de fer. Si l'on examine à la loupe la tranche d'une battiture un peu épaisse , on reconnaît qu'elle est formée de plusieurs couches superposées. La couche extérieure présente à peu près la composition de l'oxyde magnétique Fe'O*. La couche intérieure, celle qui était immédiatement en contact avec le métal, se rapproche, au contraire, beaucoup de la composition du protoxyde.
Si l'on verse une dissolution de potasse caustique dans un sel de protoxyde de fer> on obtient un précipité blanc d'hydrate de protoxyde ; mais ce précipité verdit promptement au contact de l'air, en absorbant de l'oxygène. Si l'on emploie des dissolutions bouillantes, et que Ton prolonge pendant quelque temps l'ébuUilion, le préjcipilé blanc perd son eau d'hydratation et devient noir ; mais l'oxyde est tellement avide d'oxygène qu'il est impossible de le recueillir sans qu'il s'altère. Il décompose même l'eau à la tempéra-, ture de l'ébullition, et finit par se transformer en oxyde magnétique.
Le protoxyde de fer colore les fondants en vert foncé. C'est à la présence de cet oxyde que notre verre de bouteille doit sa couleur.
§ 510. Sesquioxyde de fer, Fe'O*. — Le sesquioxyde Fe*0*, ou
peroxyde, est iin corps trè»-répandu dans la nature. On le trouve, soit à l'état anhydre, soit à Tétat d'hydrale. Le peroxyde anhydre forme des cristaux rbomboédriques aplatis, très-brillants , presque noirs ; mais leur poudre est d'un rouge foncé. Les minéralogistes lui donnent le nom de fer oligiste ; il se trouve en filons dans les terrains anciens. On rencontre souvent, dans les fissures des laves volcaniques , le peroxyde de fer en lames minces, très-brillantes, présentant la forme d'hexagones réguliers ; il est alors appelé fer fpéculaire par les minéralogistes. Le peroxyde de fer anhydre se trouve aussi sous la forme de masses compactes , d'un rouge intense; les minéralogistes lui donnent le nom d'hématite rouge. On l'appelle sanguine dans les arts, où il sert pour polir les métaux.
On prépare artificiellement le peroxyde de fer , en calcinant du sulfate de protoxyde de fer ; il se dégage de l'acide sulfureux et de l'acide sulfurique , et le peroxyde de fer reste sous la forme d'une poudre rouge :
2(FeO.SO») = Fe*0» + SO» + SO*.
Le peroxyde de fer , ainsi préparé, porte le nDm de cokothar. On l'emploie dans la peinture à l'huile ; c'est avec cette couleur que l'on peint en rouge les carreaux des appartements. On l'utilise également pour polir l'argenterie et pour donner le dernier poli aux glaces.
On obtient le peroxyde de fer sous forme de petites lamelles cristallines, d'un grand éclat et presque noires, en calcinant, dans un creuset, 4 partie de sulfate de fer et 3 parties d^ sel marin. On reprend la matière calcinée par l'eau bouillante , qui laisse le peroxyde.
§ 54 4 . On prépare V hydrate de peroxyde de fer , en versant de la potasse, ou de l'ammoniaque, dans la dissolution d'un sel de peroxyde de fer; il se forme un précipité brun volumineux. Lorsque la précipitation a été faite au moyen de la potasse caustique, le précipité retient toujours une petite quantité d'alcali^ qui ne lui est enlevée que par une ébuUition prolongée avec de l'eau pure. On peut faire la précipitation avec une dissolution de carbonate de potasse ou (de soude ; le précipité n'est encore, dans ce cas, que de l'hydrate de peroxyde de fer.
Le peroxyde de fer colore les fondants en jaune rougeâtre, mais il faut, pour cela, qu'il entre en proportion notable dans le verre. La petite quantité de protoxyde de fer qui colore un fondant vitreux en vert foncé, ne lui communique pas de coloration sensible quand on transforme le protoxyde en peroxyde.
§ 542. Oxydedefer magnétique, Fe*0*. —On trouve dans la nature