‹ Premiers éléments de chimieChapitre 98 sur 126 · SELS DB ZING · texte numérisé non relu

SELS DB ZING

évaporée jusqu^à crislallisation. Pour rendre le sel d'un transport plus facile, on a coutume de le fondre dans son eau de cristailisation, et de verser la liqueur dans des mou les, qui lui donnent la forme de briques carrées. Ce sel porte dans le commerce le nom de vitriol blanc. On l'emploie dans les fabriques d'indiennes.

Carbonate et hydrocarbonate de zinc.

S 561. Lorsqu'on verse un carbonate alcalin dans une dissolution de sulfate de zinc , on obtient un précipité , qui n'est pas du carbonate de zinc, mais un hydrocarbonate (2ZnO.CO*+3ZnO.HO). Le carbonate de zinc anhydre se trouve dans la nature; il constitue un minéral que l'on appelle calamine , et qui est très-important , car c'est le minerai ordinaire de zinc. Le plus souvent, la calamine est en masses compactes ; plus rarement , elle présente des cristaux distincts appartenant au système rhomboédrique comme le carbo* nate de chaux.

C9ombtiial0on du sine avec le souffre.

§ 562. Le zinc en limaille, chauffé avec du soufre en fleur, se change en sulfure, mais il est difficile d'obtenir ainsi une sulfuration complète. Il vaut mieux chauffer un mélange très-intime d'oxyde de zinc et de fleur de soufre ;'de l'acide sulfureux se dégage, et il reste du sulfure de zinc ZnS, sous la forme d'une poudre blanc jaunâtre. Le sulfure de zinc se trouve en abondance dans la nature; il forme un minéral d'un jaune brun, translucide, cristallisé en octaèdres réguliers, ou en cubo-octaèdres. Les minéralogistes lui donnent le nom de blende,

C^oniblDalson da sine «¥ee le chlore.

§ 563. Le zinc est facilement attaqué par le chlore gazeux; il se change en une matière blanche, butyreuse, très-fusible, et qui ne distille qu'à la chaleur rouge. On obtient ce chlorure en dissolution dans l'eau, en traitant le zinc par l'acide chlorhydrique. La dissolution, évaporée, puis abandonnée au refroidissement, se prend en masse cristalline. Le chlorure de zinc est très-soluble dans l'eau ; il se dissout aussi en grande quantité dans l'alcool. Lorsqu'on concentre , par ébullition , une dissolution de chlorure de zinc dans l'eau , on reconnaît que la température de l'ébullition s'élève continuellement jusqu'à 250®, point où le chlorure de zinc est devenu anhydre, mais en conservant l'état liquide. On peut ensuite le chauffer jusqu'à 400®, sans qu'il donne des vapeurs très-abondantes.

426 CADMUTM.

(]elte propriété permet d*empioycr la dissolution de chlorure de zinc, à la place de riiuile, pour former des bains dans lesquels on peut chauffer des corps à une température élevée et déterminable.

nélallarsto du sine*

§ 563 6t.«. Les seuls minerais de zinc sont le carbonate ou calamine {$ 561 ), et le sulfure de zinc ou 6/enrfe (g 562).

La théorie du traitement métallurgique de la calamine est trèssimple. La calamine est soumise à une calclnation qui lui fait perdre son acide carbonique et la rend friable. On la réduit en poudre sous des meules verticales; on mélange cette poudre avec du charbon dans des espèces de cornues en terre, que l'on chauffe à une forte chaleur blanche dans des fours. L'oxyde de zinc est réduit par le charbon ; du gaz oxyde de carbone se dégage , et le zinc métallique vient se condenser dans des allonges adaptées aux cornues. On fait écouler le métal, et on le moule sous forme de plaques.

Pour extraire le zinc de la blende, on grille celle-ci d'une manière aussi complèle que possible; une grande partie du soufre se dégage à l'état d*acide sulfureux, mais une portion se transforme on acide sulfurique; de sorte que le minerai grillé se compose d'oxyde et de sulfate de zinc. On le réduit par le charbon dans des vases disti notoires, comme la calamine.

Les principaux gisements des minerais de zinc se trouvent à la Vieille-Montagne près d'Aix-la-Chapelle, en Silésie et en Angleterre.

CADMIUM.

Équivalents 696,8.

g 564. Le cadmium* est un métal encore plus volatil que le zinc; il distille à la chaleur rouge. Cette distillation peut se faire dans des cornues de verre peu fusible. Pour obtenir du cadmium pur, on chauffe, dans une cornue , un mélange d'oxyde ou de carbonate de cadmium et de charbon; le cadmium se sublime et vient se condenser en gouttelettes dans le col de Hi cornue. Les petites gouttelettes cristallisent sou ven4 en se solidifiant, et il est facile de reconnaître que la forme cristalline du métal appartient au système régulier.

* Découvert en i8i8 par Hermann et Stiomcycr.

SELS DE CADMIUM. 4*27

Le cadmium est un métal blanc, plus gris que Tétain. 11 jouit d'une malléabilité et d*une ductilité assez grandes ; on peut le réduire en feuilles minces et retirer en fils très-fins; sa densité est 8,7; il fond longtemps avant la chaleur rouge. Le cadmium ne s'oxyde pas sensiblement à la température ordinaire ; chauffé , sa vapeur s'enflamme et brûle avec éclat. L'acide chlorhydrique et l'acide sulfurique étendu dissolvent le cadmium , avec dégagement de gaz hydrogène.

$ 565. Le cadmium existe dans la nature à l'état d*oxyde, ou de carbonate, disséminé en petite quantité dans la calamine. La calamine exploitée dans la Silésie est celle qui en renferme le plus. Lorsqu'on traite le minerai pour en extraire le zinc, le cadmium se réduit en même temps ; et, comme il est beaucoup plus volatil que le zinc, il se dégage le premier et vient brûler à l'air avec les premières portions de zinc qui deviennent libres. Il se forme ainsi une poussière, plus ou moins brunâtre, composée d'oxyde de zinc et de 5 à 6 pour 100 d'oxyde de cadmium. C'est de ce mélange que l'on extrait le cadmium.

Combinaison du eadmlnm awee l'oxygène.

§ 566. Le seul oxyde connu du cadmium s'obtient , soit en chauffant le métal au contact de l'air, soit en le traitant par Tacide azotique, et décomposant ensuite l'azotate par la chaleur. Cet oxyde forme une poudre brune, qui résiste à la plus haute température sans se volatiliser, ni se fondre. Il se combine très-bien avec les acides, et forme des sels, qui sont incolores, quand l'acide n'est pas lui-même coloré. Si l'on verse de la potasse ou de la soude caustique dans un sel de cadmium , on obtient un précipité blanc, qui est de l'oxyde de cadmium hydraté.

0els formés par Foxyde de eadmlam*

S 567. Les sels de cadmium sontincolores, la plupart cristallisent facilement. Les alcalis fixes en précipitent de l'hydrate d'oxyde de cadmium gélatineux qui ne se reidissout pas dans un excès de réactif. L'ammoniaque donne le même précipité, mais un excès d'ammoniaque le redissout facilement. Les carbonates alcalins donnent un précipité blanc, qui est un carbonate simple de cadmium, CdO.CO* ; ce précipité ne se redissout pas dans un excèsde carbonate alcalin , ni même dans le carbonate d'ammoniaque. L'hydrogène sulfuré produit , dans les sels de cadmium , même lorsque leurs dissolutions renferment un assez grand excès d'acide , un précipité d'un très-beau jaune. Les sulfhydrates alcalins font naître le

même précipité, qui ne se dissout pas dans un excès de sulfhydrate. Une lame de zinc, plongée dans la dissolution d'un sel de cadmium, précipite le métal sous forme de paillettes cristallines. Le sulfate de cadmium cristallise avec I équivalents d'eau.

ComblnaiMMt du eadmlom «vee le soufre.

§ 868. Le sulfure de cadmium se rencontre cristallisé dans la nature, mais c'est un minéral assez rare. On Tobtient artificiellement, en faisant passer un courant d'hydrogène sulfuré à travers la dissolution d'un sel de cadmium. Le précipité d'un beau jaune , qui se forme , est employé dans la peinture. Le sulfure de cadmium peut être préparé également par voie sèche, en chauffant de l'oxyde de cadmium avec du soufre. Ce sulfure n'est pas attaqué par l'acide chlorhydrique étendu, mais il se dissout dans Tacide concentré avec dégagement de gaz hydrogène.

Ëquivalent = 735,3.

§ 569. L'étain du commerce n'est jamais absolument pur; il renferme toujours de petites quantités d'arsenic et de quelques métaux étrangers ; cependant , l'étain de Malacca approche de la pureté parfaite. Pour obtenir l'étain chin\iquement pur, on attaque le métal du commerce par l'acide azotique , qui le transforme en une poudre blanche insoluble, formée d'acide stannique , et qui oxyde les matières étraiigères. On lave l'acide stannique par l'acide chlorhydrique faible, pour enlever plus sûrement les matières étrangères; puis on le réduit à l'état métallique , en le chauffant dans un creuset brasqué.

L'étain est un métal blanc, qui se rapproche del'argent par son aspect et son éclat. Il est doué d'une certaine saveur et d'une odeur caractéristique, sensible surtout quand on a tenu pendant quelque temps le métal entre les doigts. L'étain est très-malléable; on peut le réduire par le battage en feuilles très-minces ; sa malléabilité est encore plus grande à 4 00^ qu'à la température ordinaire; mais il a peu de ténacité, car un fil de 2 millimètres rompt sous une charge de 24 kilog. Lorsqu'on courbe une tige d'é tain , on entend un bruit particulier, un craquement que l'on appelle m (fp r^/am. Ce bruit tient à ce que le métal présente à l'intérieur une texture cristalline. Les

parties cristallines frottent les unes sur les autres, quand on courbe la tige; celle-ci s'échauffe notablement à l'endroit où a lieu cette friction intérieure, et, si l'on répète la courbure un certain nombre de fois dans le même point, le dégagement de chaleur devient trè&sensible à la main.

L'étain fond à 228^, il produit des vapeurs sensibles à la chaleur blanche, mais ces vapeurs n'ont qu'une faible tension, car le métal n'éprouve qu'une perte de poids très-légère à la température du feu de forge. L'étain a une grande tendance à la cristallisation ; on met facilement sa texture cristalline en évidence, en attaquant sa surface par un acide qui enlève la pellicule extérieure. Cette surface du métal paraît alors motr^^, par suite des réflexions inégales et dans divers sens que la lumière subit sur les tranches des feuillets cristallins mises à nu par l'acide. On peut faire cristalliser l'étain par fusion en fondant dans un vase plusieurs kilogrammes de métal , et laissant ce vase refroidir lentement dans un bain de sable chauffé. Lorsqu'il s'est formé une croûte solide à la surface, on la perce avec un charbon incandescent, et l'on fait écouler le métal resté liquide. On trouve alors sur les parois du vase des cristaux souvent assez gros, mais qui sont rarement terminés d'une manière nette.

La densité de l'étain est 7,29; elle n'augmente pas sensiblement par le martelage du métal.

L'étain ne s'altère pas sensiblement à l'air, à la température ordinaire. A la température de sa fusion, il se recouvre promptement d'une pellicule grise, qui est un mélange de protoxyde d'étain et d'acide stannique. L'oxydation marche plus rapidement à une température plus élevée ; à la chaleur blanche, il y a une véritable combustion avec une flamme blanche. L'étain décompose la vapeur d'eau à la chaleur rouge, et se change en acide stannique.

L'acide chlorhydrique concentré dissout l'étain avec dégagement de gaz hydrogène. L'acide sulfurique étendu l'attaque également ù chaud avec dégagement de gaz hydrogène, mais l'oxydation du métal ne se fait que très-lentement. L'acide sulfurique, concentré et chaud, attaque énergiquement l'étain ; il se dégage de l'acide sulfureux, et le métal se change en sulfate de protoxyde. L'acide azotique oxyde facilement l'étain et le transforme en acide stannique. Si l'acide azotique est concentré, il se dégage du deutoxyde d'azote en abondance. Si l'acide est très-étendu, la transformation de l'étain en acide stannique a lieu sans dégagement de gaz; l'eau et l'acide azotique sont décomposés simultanément, et il se forme de l'azotate d'ammoniaque (§ 1 i 5). Lorsque l'acide azotique est au maximum de concentration , c'est-à-dire à l'état de monohydrate, AzO**-f-HO, il

n*allaque pas rétain, et ce métal conserve son brillant. Mais, si l'on vient à verser quelques gouttes d'eau dans Tacide, l'attaque se fait avec une violence extrême, et le liquide est souvent projeté hors do vase par le dégagement subit et tumultueux du gaz.

L'eau régale dissout facilement l'étain; si l'acide chlorhydrique domine dans le mélange il se forme du perchlorure d etain soluble.

L'étain décompose l'eau en présence des alcalis fixes. Si l'on chauffe ce métal avec une dissolution concentrée de potasse ou de soude, de Thydrogène se dégage, et il se forme un stannale alcalin.

ComlilBalMiiis de rétoln a^ee roxygène.

$ 570. On connaît deux combinaisons bien déOnies de l'étain avec l'oxygène :

Le protoxyde d'élain, SnO;

Le bioxyde d étain, SnO', ou acide slannique.

Ces deux oxydes peuvent se combiner lentre eux, et donnent plusieurs oxydes intermédiaires.

Protoxyde d*éta%n^ SnO. — On prépare le protoxyde d'étain, en précipitant par le carbonate d'ammoniaque une dissolution de protochlorure d'étain , SnCl ; l'acide carbonique scî dégage , et il se forme un précipité blanc d'hydrate de protoxyde. Si l'on fait bouillir la liqueur avec le précipité, celui-ci abandonne son eau combinée, et se change en une poudre d'un gris noir, qui est du protoxyde anhydre. Le protoxyde, ainsi préparé, est très-avide d'oxygène ; il s'oxyde rapidement au contact de l'air, et se change en bioxyde. . On obtient cet oxyde plus fortement agrégé, et, par suite, plus stable, en précipitant le protochlorure d'étain par de la potasse caustique. L'oxyde se sépare d'abord à l'état d'hydrate qui se combine avec l'excès de potasse pour former un véritable sel , dans lequel il joue le rôle d'acide. Mais, en faisant bouillir la liqueur, cette combinaison se détruit, et l'oxyde se précipite à l'état anhydre, sous forme de petits cristaux noirs qui peuvent être lavés et séchés au contact de l'air, et qui se conservent ensuite, indéfiniment, sans altération.

Le protoxyde d'étain, chatifTé au contact de l'air, prend feu comme de l'amadou, et se change en acide stannique.

Acide stannique^ SnO*.

^ 571 . L'acide stannique peut être obtenu sous deux modifications isomérique.^, qui se distinguent nettement l'une de l'autre par leurs propriétés chimiques. La première modification, à laquelle on donne le nom d'acide métastannique^ est la poudre blanche qu'on

SELS D'ÉTàIN. 431

obtient en traitant l'étain par Tacide azotique. La seconde, à laquelle on conserve le nom d'acide stannique, se prépare en décomposant le perchlorure d'étain, SnCl*, par Teau, ou un stannate soluble par un acide.

Vacide métastannique se trouve cristallisé dans la nature. 11 forme, au milieu de quelques roches anciennes, de beaux cristaux, très-brillants, ordinairement d'un brun foncé, mais donnant une poudre d'un blanc jaunâtre. On obtient le même corps en oxydant i'étain par l'acide azotique ; il se forme une poudre blanche qui est un hydrate, mais que la calcination change en acide métastannique anhydre. L'acide métastannique hydraté, tel qu'il se forme par l'action de Tacide azotique sur I'étain métallique, à pour formule SnO*-f 2H0, quand il a été'desséché à l'air. 11 perd la moitié de son eau à la température de 400^, et présente alors la composition SnO*-f 110. A une plus haute température, il perd complètement son eau.

L'acide métastannique ne se décompose pas par la chaleur seule; • mais il se décompose facilement au contact du charbon et des gaz combustibles ; il se change alors en étain métallique. L'acide métastannique est insoluble dans l'eau et dans les acides azotiquo et sulfurique étendus. L*acide sulfurique concentré le dissout, au contraire , en quantité notable , et la combinaison ne se détruit pas quand on ajoute de l'eau à la liqueur; mais, si l'on fait bouillir, l'acide métastannique se sépare à l'état d'hydrate SnO*+2HO. L'acide chlorhydrique le dissout, et le transforme en perchlorure d'élain , SnCl*.

L'acide métastannique forme avec les alcalis des sels cristallisablcs.

Vacide stannique s'obtient en décomposant le perchlorure d'étain par Teau, ou un stannate soluble par un acide. C'est un précipité blanc, gélatineux, insoluble dans4'eau , mais qui se dissout facilement dans les acides azotique et sulfurique étendus, tandis que Tacide métastannique y est insoluble. L'acide stannique, desséché dans le vide , a pour formule SnO*.HO. Cn« faible élévation de température le fait passer à la modification métastannique , même sans lui faire perdre d'eau.

Sels rormés parj le protoxyde d'étaln.

§ 572. On ne connaît qu'un petit nombre de sels formés par le protoxyde d'étain. On obtient le sulfate de protoxyde d* étain en saturant , à chaud , de l'acide sulfurique étendu par Thydnite de protoxyde d'étain récemment préparé et humide. L'oxyde se disisout, et, par le refroidissement, il se dépose de petites lamelle»

cristallines de sulfate de pfotoxyde d'étain , SnO.SO*. Ce sel se dissout facilement, et sans altération, dans Teau froide; mais la chaleur le décompose dans sa dissolution , et il se précipite un soossulfate. Le sulfate de protoxyde d'élain forme , avec les sulfates alcalins , des sulfates doubles , plus stables que le sulfate simple d'étain ; on peut les obtenir cristallisés.

Sebi formé* par le« aeldes •tannl^ne et métMiUiiiiii^iie,

louant le rôle de baoe.

g 573. L'acide métastannique se combine avec les acides con- . centrés , et Tacide slannique se dissout , même dans les acides étendus. 11 se forme ainsi de véritables sels, dans lesquels ces corps jouent le rôle de bases ; mais ces sels tnt été trop peu étudiés pour que nous ayons besoin de nous y arrêter.

C^mblnaloono de rétaln avec le mnffre.

§ 574. L'étain forme avec le soufre deux combinaisons : la première SnS, correspond au protoxyde ; la seconde , SnS* , correspond à Tacide stannique.

On prépare le protosulfure d'étain en chauffant au rouge , dans un creuset de terre , un mélange d'étain en limaille et de soufre. Il est nécessaire de pulvériser le produit de cette première opération, et de le chauffer avec une nouvelle quantité de soufre ; on obtient ainsi une masse d'un gris foncé , à larges lames cristallines très-brillantes. Le même sulfure se précipite hydraté quand on fait passer un courant de gaz acide sulfhydrique à travers une dissolution de protochlorure d'étain. Le précipité est d'un brun foncé, presque noir. L'acide chlorhydrique concentré dissout le protosulfure d'étain avec dégagement d'hydrogène sulfuré ; mais la présence d'un petit excès de cet acide, dans une dissolution étendue d'un sel d'étain , n'empêche pas ce sel d'être précipité complètement par l'hydrogène sulfuré.

Leperchlorured'étaini^ SnCl*, donne, avec l'hydrogène sulfuré , un précipité jaune qui est du bisulfure détain^ SnS*, hydraté. Si l'on fait passer le gaz sulfhydrique et des vapeucs de perchlorure d'étain anhydre à travers un tube chauffé au rouge sombre, le bisulfure d'étain anhydre se dépose sous forme de lamelles cristallines trèsbrillantes , d'un beau jaune d'or. On prépare dans les arts ce même sulfure cristallin par voie sèche ; on l'y emploie , sous le nom d'or mtissif , pour bronzer le bois. Ce produit s'obtient de la manière suivante: on forme un amalgame de 42 parties d'étain et de 6 parties de mercure ; on pulvérise cet amalgame dans un mortier, et on le mélange

CHLOBURES D*ÉTA1N. 433

avec 7 parties de soufre en fleur, et 6 parties de sel ammoniac. On chauif»le mélange dans un matras à long col, disposé dans un bain de sable dont on élève progressivement la température jusqu'au rouge sombre. Du soufre, du sel ammoniac, du sulfure de mercure, et du protochlorure d*étain , viennent se condenser sur le dôme et dans le col du matras ; l'or mussif reste au fond, sous la forme d'une masse dorée, très-légère , formée par la réunion d'une foule de petites lamelles cristallines. La théorie de cette opération est assez complexe. L'étain très-divisé, chauffé avec le soufre, à une température peu élevée , se change en bisulfure ; mais ce bisulfure est amorphe , et ne présente pas les paillettes dorées qui seules lui donnent son application dans les arts. Si on le chauffe davantage , il abandonne la moitié de son soufre , et passe à l'état de monosulfure. Le sel ammoniac, que l'on ajoute au mélange, empêche cette trop grande élévation de température, parce que, en se volatilisant au-dessous du rouge sombre, il absorbe une quantité notable de chaleur latente; il facilite en même temps la sublimation, et par suite la cristallisation de l'or mussif , qui est entraîné par cette vapeur.

ComMnalMiBtf de Vétaln mvee le ehlore*

§ 575. L'étain forme, avec le chlore , deux combinaisons : le protochlorure d'étain , SnCl , qui correspond au protoxyde , et le bichlorure, SnCl', correspondant à l'acide stannique.

On obtient le jyrotochlorure d^étain en dissolvant l'étain dans de l'acide chlorhydrique concentré et bouillant; la dissolution a lieu avec dégagement de gaz hydrogène. La liqueur donne, par évaporalion, des cristaux qui ont pour formule SnCl + ^HO. On prépare ce sel en grand, dans les fabriques, pour les usages de la teinture.

Le protochlorure d'étain se dissout sans altération dans une petite quantité d'eau ; mais une grande quantité d'eau le décompose , et en précipite un oxychlorure insoluble SnCl+SnO.

Le protochlorure d'étain est très-avide d'oxygène; il absorbe fa*, cilement ce gaz à l'air, et il l'enlève à un grand nombre d'oxydes qu'il fait passera un degré inférieur d'oxydation, ou même à l'état métallique. Il précipite facilement de leurs dissolutions le mercure et l'argent à l'état métallique ; il ramène au minimum d'oxydation les sels de sesquioxyde de fer, de pvotoxyde de cuivre CuO.

§ 576. Le perchlorurey ou cMoride d'étain ^ s'obtient quand on traite Pétain par un excès de chlore. L'affinité de ces deux corps est tellement considérable, que la limaille d'étain prend feu quand on la projette dans un flacon rempli de chlore sec. Pour préparer une

certaine quantité de ce perchlorure, on place de Tétain dans une cornue de verre tubulée, munie d'un récipient bien refroidi,* et l'on fait arriver un courant de chlore sec par la tubulure. L'étain se combine immédiatement avec le chlore, et si Ton chauffe légèrement la cornue, il passe à la distillation un liquide qui se condense dans le récipient. Ce liquide est ordinairement coloré en jaune par dn chlore qu'il renferme en dissolution , on le purihe en l'agitant avec un peu de limaille d'étain ou de protochlorure d'étain , et le distillant de nouveau. On peut également préparer ce corps, en chauffant dans une cornue de verre un mélange de 4 partie d'étain en limaille, et de 5 parties de chlorure de mercure HzGl, ou sublimé corrosif.

Le perchlorure d'étain forme un liquide incolore , d'une densité de 2,28, entrant on ébullition à 420® ; la densité de sa vapeur est 9,2. Il répand au contact de l'air des fumées blanches, très-épaisses, qui tiennent à ce que le chlorure anhydre a une tension de vapeur trèsnotable à la température ordinaire , mais ces vapeurs se combinent immédiatement avec la vapeur d'eau de l'atmosphère pour former un hydrate qui n'a pas de tension sensible, et par suite se précipite. Si l'on verse quelques gouttes d'eau dans le perchlorure anhydre, celui-ci se combine avec l'eau, en dégageant beaucoup de chaleur, et donne naissance à un chloride hydraté qui se dépose en beaux cristaux dont la formule estSnG*4~^H^*

On obtient le même perchlorure d'étain hydraté en dissolvant de l'étain dans de l'eau régale renfermant un excès d'acide chlorhydrique> ou en faisant passer du chlore à travers une dissolution de protochlorure d'étain. Le perchlorure d'étain hydraté se dissout dans une petite quantité d'eau , et dans une quantité quelconque de ce liquide lorsque celui-ci est suffisamipent acidulé par de l'acide chlorhydrique. Mais l'eau pure, employée en grande quantité, le décompose ; de l'acide stannique hydraté se précipite.

Le perchlorure d'étain hydraté se décompose par la chaleur; de l'acide chlorhydrique se dégage, et il reste de l'acide métastan nique. Chauffé avec de l'acide phosphorique anhydre, ou avec de l'acide sulfurique concentré , il leur abandonne son eau , et le perchlorure anhydre passe à la distillation.

Le perchlorure d'étain anhydre était appelé par les anciens chimistes liqueur fumante de Libavius.

Caraetère« dlsUncilfe de» coiii|io0é» «olttlile» de rétotil.

§ 577. L'étain forme deux séries de composés solubles : 4<» ceux qui correspondent au protoxyde SnO , tels que le protochlorure

CARACTÈRES DES SELS d'ÉTAIN. 435

d'étain et les sels solubles formés par le protoxyde ; 2"" les composés qui correspondent à Tacide stannique, c'est-à-dire le perchlorure d'étain et les combinaisons solubles de l'acide stannique avec les acides. Ces deux séries présentent des réactions différentes , qu'il est nécessaire d'examiner séparément.

Caractères des sels de protoxyde délain.

$ 578. Les sels de protoxyde d'étain sont incolores lorsque l'acide est lui-même incolore; ils rougissent toujours fortement la teinture de tournesol. En général , une petite quantité d'eau les dissout ; mais ils se décomposent quand on les traite par une grande quantité de ce liquide, il se forme un précipité blanc qui est généralement un sous-sel. On évite cette précipitation en ajoutant à l'eau une certaine quantité d'acide chlorhydrique.

Les alcalis caustiques les précipitent en blanc; un excès du réactif dissout le précipité ; mais si l'on fait bouillir la liqueur, le protoxyde d'étain anhydre se sépare sous forme d'une poudre noire. L'ammoniaque les précipite également en blanc, mais un excès d'ammoniaque ne dissout pas le précipité.

Les carbonates alcalins donnent également des précipités blancs; un excès de carbonate ne redissout pas le précipité. Le précipité blanc devient noir, si l'on porte la liqueur à l'ébullition.

L'hydrogène sulfuré précipite les sels de protoxyde d'étain en brun foncé. Les sulfhydrates alcalins donnent un précipité d'un blanc sale, qui se dissout dans un grand excès de réactif.

Le prussiate dépotasse donne un précipité blanc.

Les sels de mercure sont réduits par les sels de protoxyde d'étain ; il se forme un précipité gris de mercure métallique très-divisé, qui se réunit en globules par la trituration.

Le chlorure d'or donne un précipité pourpre dans les dissolutions de protoxyde d'étain très-étendues. Le précipité est brun , quand les dissolutions sont plus concentrées.

Une lame de fer ou de zinc précipite l'étain sous forme de paillettes cristallihes grises, qui prennent sous le brunissoir la couleur et l'éclat ordinaires de l'étain.

Caractères des composés solubles d'étain^ correspondant à V acide

stannique,

$ 579. Les caractères que nous allons indiquer se rapportent tous au perchlorure d'étain, seul composé soluble, correspondant à l'acide stannique , qui ait été étudié.

KTAIH.

L« perchlomre d*étaîn en dissolalion a toujours une forte réaction acide ; il se décompose par une grande quantité d'eau , et doiine un précipité blanc qui est de l*acide stannique hydraté. *

La potasse, la soude, l'ammoniaque donnent un précipité blanc, qui se dissout dans un excès de réactif. La liqueur, portée à Tébullition , ne laisse pas déposer de précipité noir, comme cela a lieu pour les composés du protoxyde.

I^ carbonates alcalins donnent un dégagement d*acide carbonique, et un précipité blanc qui ne se dissout pas dans un excès de réactif et ne devient pas noir par rébullition.

I^pnissiate de potasse donne un précipité blanc qui ne se forme qu*au bout de quelque temps.

L'acide sulfhydrique donne od précipité d'un jaune sale qui n'apparaît pas non plus immédiatement. I^es sulfhydrates alcalins donnent le même précipité jaune ; celui-ci se dissout dans un excès de réactif.

Le chlorure d'or ne produit pas de précipité dans une dissolution do perchlomre d'étain. Celle réaction distingue d'une manière très-netle le perchlorure d'élain , des composés du protoxyde d'étain. Le perchlorure d'étain ne précipite pas de ses dissolutions le mercure à l'état métallique.

Le fer et le zinc précipitent de Tétai n métallique.

Métellarsle de Fétaln.

g 579 bis. Le seul minerai d'étain est le bioxyde (§ 571), qui se trouve en petits filons dans les roches granitiques, ou en cristaux désagrégés au milieu de sables provenant de la destruction de ces roches. Les principaux gisements sont en Saxe, en Bohême, eu Angleterre et dans les Indes. Les sables stanliifères sont soumis à des préparations mécaniques, consistant principalement en des lava<^es, et qui ont pour but de séparer les gangues qui présentent une densité beaucoup moindre que le minerai. Le minerai est ensuite fondu ' dans un petit fourneau à cuve , alimenté par un soufQet , et dans lequel on charge le charbon et le minerai par couches alternatives. L'oxyde d'étain est réduit par le charbon ; il se dégage de l'oxyde de carbone , et Tétain mélaniquc , ainsi que les gangues fondues, se rendent dans une cavité pratiquée au-devant du fourneau. On enlève les gangues , qui se solidifient promptement , et on puise le métal avec des cuillers pour le mouler en saumons prismatiques.

Équivalent =. 1294,5.

$ 580. Le plomb du commerce est souvent très-pur; on le reconnaît à la flexibilité et à la grande malléabilité qu'il présente alors. On obtient du plomb chimiquement pur en calcinant, dans un creuset brasqué , de l'oxyde de plomb obtenu par la calcination de l'azotate de plomb cristallisé. Le plomb est un métal gris bleuâtre; fraîchement coupé, il brille d'un vif éclat métallique. Sa densité est 4 4,445.

Le plomb est très-mou, on le coupe facilement au couteaVi , et il laisse sur le papier des traces d'un gris métallique. Très-malléable à froid, il se laisse réduire en feuilles très-minces par le battage , et étirer en fils déliés. Ces fils sont d'une flexibilité extrême; on peut en faire des nœuds comme avec des fils de chanvre, mais ils ont peu de ténacité; un fil de plomb de % millimètres de diamètre se rompt sous une charge de 9 kilogr.

Le plomb fond à la température de 335° environ , il donne à la chaleur rouge des vapeurs sensibles. Sa volatilité n'est cependant pas assez grande pour qu'on puisse le distiller.

Le plomb se ternit promptement au contact de l'air, à la température ordinaire; mais il ne se forme jamais, dans ce cas, qu'une couche superficielle extrêmement mince , que l'on suppose être du suboxyde, Pb^O. Maintenu en fusion au contact de l'air, le plomb s'oxyde au contraire rapidement. Dans les premiers instants, il se couvre d'une pelKcule irisée , qui se transforme bientôt en une poussière pulvérulente jaune. L'oxydation marche rapidement à la chaleur rouge; l'oxyde PbO entre en fusion , et, pour que l'oxydation continue, il est nécessaire de faire écouler l'oxyde fondu.

Le plomb s'oxyde au contact de l'air humide et des vapeurs acides. Les acides les plus faibles, l'acide carbonique, déterminent son oxydation. L'eau distillée joue elle-même, dans ce cas, le rôle d'un acide, par suite de l'affinité de Teaupour l'oxyde de plomb. Une lame de plomb , plongée au contact de l'air dans de l'eau distillée , se recouvre d'une pellicule blanche d'oxyde hydraté , ou d'hydrocarbonate d'oxyde de plomb , qui forme quelquefois des paillettes cristallines , visibles à la loupe. L'eau renferme alors ellemême une quantité d'hydrate d'oxyde de plomb assez grande pour noircir par l'hydrogène sulfuré. Il suffît de l'existence dans l'eau d'une petite quantité de sels , principalement de sulfate de chaux , pour que l'oxydation n'ait plus lieu. Cela explique pourquoi nous

ne voyons pas cet effet se produire avec nos eaux de sources ou de puits.

Le plomb n'est que très-faiblement attaqué par Tacide chlorhydrique concentré et bouillant. L'acide sulfurique étendu ne Tattaque pas, à moins qu'il n'y ait contact de l'air. L'acide sulfurique concentré attaque le plomb à chaud , il se dégage du gaz acide sulfureux et le métal se change en sulfate. L'acide azotique est le meilleur dissolvant du plomb ; il l'attaque à la température ordinaire avec dégagement de vapeurs rutilantes; il se forme de. l'azotate de plomb soluble.

CJornblnatooM du i^loinli mvee l^oxysène.

§ 584 . Nous connaissons trois combinaisons définies du plomb avec l'oxygène :

Le suboxyde , Pb"0 ;

Le protoxyde, PbO;

Le bioxyde , PbO*, ou acide plombique.

De plus , le protoxyde de plomb et l'acide plombique peuvent se combiner en plusieurs proportions, et forment ainsi plusieurs oxydes intermédiaires qu'on appelle miniums. .

Suboxyde de flomb, Pb*0.

§ 582. Le suboxyde de plomb est une poudre noire que Ton obtient en chauffant de l'oxalate de plomb à la température de 300®, dans un bain d'huile ou de métal fusible , jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus de gaz. Ce gaz est un mélange d'oxyde de carbone et d'acide carbonique. La réaction est exprimée par l'équation suivsnte *

2(PbO.C«0»} = Pb«0 + 3C0« + CO.

Le, suboxyde de plomb, traité par des acides plus énergiques, même étendus, se décompose en protoxyde PbO qui se dissout, et en plomb métallique. Une température supérieure à 400" produit immédiatement la même décomposition : la matière calcinée abandonne du plomb au mercure, et à Teau sucrée du protoxyde de plomb.

Le suboxyde de plomb, chauffé à l'air, prend feu comme de l'amadou , et il se change en protoxyde de plomb , PbO.

Protoxyde de plomb, PbO.

§ 583. On obtient le protoxyde de plomb, sous forme d'une poudre jaune, par la calcination de l'azotate ou du carbonate de plomb. Cette poudre fond à la chaleur rouge et donne , après le re-

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