CHAPITRE TROISIEME
Aperçu historique sur la Science des finances,
Les systèmes financiers de la Grèce et de Rome dans Xayitiqiiité et les systèmes non moins remarquables de Florence et de Venise au moyen âge doivent être considérés comme une manifestation éclatante du sens pratique et non comme le fruit du travail scientifique, qui, pour ces périodes, ne se compose que d'un petit nombre de fragments épars dans les livres de quelques écrivains classiques (Xénophon, Aristote) et de o^Q\Q^(t% maximes générales de morale financière, perdues dans les livres de théologie, ào, philosophie, de politique et de droit des scolastiques.
Dans les temps modernes, le passage de Xéconomie naturelle à Xéconomie monétaire, la formation des grandes monarchies, l'organisation des armées petmanentes , l'augmentation des dépenses publiques, la multiplication des monopoles et des régales fiscales, l'introduction à'impôts nouveaux et l'augmentation des impôts ancien^, — l'impôt n'est plus considéré comme un expédient extraordinaire — et,
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enfin, Taugmentation de X?^ dette publique, appellent l'attention sur les ^xQ)\)\kmt?> fiscaux .
Après la Renaissance , quelques principes dit politique financière sont exposés dans les écrits de certains publicistes du quinzième siècle (Carafa) et d'un plus grand nombre du seizièjne ; parmi ceuxci la première place appartient au français Jean Bodin; il faut aussi faire une mention spéciale, en dehors de quelques publicistes polonais, pour les italiens Palmieri, Guicciardini, Gozzolini et particulièrement pour Botero.
Ces principes sont commentés avec peu d'originalité, au xviF siècle, par des érudits (Bornitz, Besold, Klock, Conring) , par des jurisconsultes (Fejrretti, Festasio, etc.), dans un \)Vi\. administratif (Schruder et mieux Seckendorf), dans des intérêts de polémique (les ouvrages allemands et anglais sur les accises). Quelques dizaines d'années plus tard, on propose, avec plus de hardiesse, des réformes générales ou partielles du système d'impôts^ soit dans l'intérêt du fisc (en Espagne et en Allemagne), soit pour diminuer les charges des contribuables (abbé de Saint-Pierre, Boulainvilliers, Vauban et Boisguilbert; plus tard Pascoli, Bandini et Decker).
Vers la fin du xvif siècle, quelques écrivains anglais, de valeur scientifique plus grande, dont Hobbes et Petty (partisans des impôts indirects), Locke et surtout Vanderlint (partisans ô.Q.?>\m^o\.?> directs), s'occupent, bien que d'une manière un peu superfi-
cielle, du difficile problème de la répercussion des impôts. Au début du xviip siècle, (Davenant, HutchesoD, Gould, Barnard, etc), discutent la théorie du crédit public ; après la célèbre expérience de Law, cette théorie est examinée par Melon, par Dutot et par dî d.wlx^'è, apologistes (Pinto, Mortimer) ou adversaires du systhne.
Des horizons plus vastes s'ouvrent vers le milieu du siècle passé. Après le traité méthodique du napolitain Broggia sur les impôts (1743) et le recensement milanais (Neri), paraissent l'^i^rzV des lois de Montesquieu (1748), qui donne une explication pénétrante des rapports des institutions politiques et des institutions financières, et \q^ Essais politiques de Hume [1752), qui frayent la voie à l'école physiocratique (Quesnay, Mirabeau (père), Turgot, etc.j; celle-ci déduit, avec une logique rigoureuse, de la théorie, aussi ingénieuse qu'inexacte, di\x produit netlo, corollaire fiscal de Timpot unique sur la rente foncière ('1758 et suiv.j. Presque en même temps que cet Q?>?>2ii systématique on fit en France, en Italie, en Angleterre, un certain nombre de coordinations empiriques des théories fiscales (Forbonnais, Genovesi et surtout Steuart), qui arrivent à leur apogée dans les œuvres des caméralistes allemands et principalement dans celles de Justi et de Sonnenfels.
Les théories financières trouvent enfin une base plus solide et un développement plus sûr grâce aux progrès de X économie politique, qu'Adam Smith
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a élevée à la dignité de science dans ses immortelles Recherches sur la richesse des nations (1776).
Les principes financiers de Smith, commentés et discutés dans les livres à' économie politique (par exemple, dans ceux de Say, Ricardo, Sismondi, Lotz, Rossi, MilljCherbuliez, Sidgwick, Vissering, Walker, Pierson, Nazzani), ont été mis en pleine lumière dans les traités spéciaux de science des finances (par exemple, dans ceux de Mac Culloch, Matlekovits, Kautz, Bilinski, Piernas, De-Luca, Marescotti, etc.). Il faut signaler pour leur critique pénétrante, leur vaste érudition et leur ordonnance systématique les manuels allemands àQ,]d.Q.oh, de Malchus, de Rau, de Hock, de Stein, de Roscher, qui doivent aussi être cités (notamment ces quatre derniers) pour leur détermination plus exacte des fonctions de l'État, que les disciples de Smith et les publicistes élèves de Kant avaient réduites à la fonction de simple défense juridique des personnes et des biens. Il faut également faire mention des excellents ^;'^?V^j de Leroy-Beaulieu et de Bastable.
La science des finances s'est enrichie grâce aux très nombreuses monographies publiées dans ce siècle, principalement sur Vhistoire et la statistique financières, sur les impôts (Krehl, Tourguenieff", Hoff^mann, Vocke, Helferich, Meyer, Nasse, de Parieu, Pastor, BesobrasofF, Pescatore, Seligman, etc.), et sur le crédit public (Hamilton, Nebenius,Messedaglia, Bunge, Newmarch, Capps, Baxter, Adams, Ross, etc.).
^0 NOTIONS PRELLMINAIRES
Dans ces dernières années la science financière a fait, en Allemagne, une nouvelle évolution sous rinfluence des partisans de la politique sociale. Ceux-ci ont vu dans \t^ emprunts publics, considérés avant eux comme un mal inévitable, une fonction normale du système financier; ils estiment en outre que Ximpôt n'est pas un simple expédient fiscal et qu'il doit être le moyen pour arriver à une équitable répartition des richesses. Ces idées, discutées dans les ouvrages très importants de Schaffle, de C. Dietzel, de Schmoller. de Laspeyres, de Held, de Umpfenbach, de Scheel, de Xeumann, de Cohn, de Friedberg, de Léser, de von Reitzenstein, sont exposées, avec une ampleur et une profondeur appréciées même par les partisans d'idés plus modérées, dans la Science des finances, encore inachevée, d'Adolph Wagner et dans le Manuel d'EcoJîoniie politique publié sous la direction de Schonberg.
Certains auteurs, comme Sax et, après lui, Ricca-Salerno, insistent particulièrement sur l'importance des théories économiques [valeur) comme source principale des théories financières.
En Italie, les réformes fiscales antérieures à la Révolution française ont eu des précurseurs et des promoteurs scientifiques très heureux dans les milanais Beccaria, Verri et Vergani, dans le napolitain Palmieri, dans les toscans Neri et Gianni. Parmi les économistes financiers du xix<^- siècle il faut distinguer, à côté de ceux que nous avons déjà
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cités : l'^uoco, Bianchini, Peiitti, Minghetti, Magliani, Ellena, Broglio, Busacca, et particulièrement Scialoja.
Nous devons d'excellentes monographies, parmi les écrivains financiers contemporains, à Ferrara, Boccardo, Baer, Lampertico, Luzzatti, Ricca- Salerno, Ferraris, Salandra, Piperno, Martello, et aussi à Roncali, Alessio et Zorli. Parmi les auteurs plus jeunes nous citerons, sans parler des autres : Mazzola, Graziani, Conigliani, Puviani, Masè-Dari, Emilio Cossa, et principalement Pantaleoni et De Viti De Marco.
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