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CLASSIFICATION DES CONSONNES

Les consonnes françaises peuvent être rangées dans l'ordre suivant :

1° Les semi- voyelles;

2° Les vibrantes ;

3° Les spirantes ;

4° Les occlusives ;

5° Les nasales.

Le français normal a perdu ïh aspirée et 1'/ mouillée.

L'aspiration disparue n'a laissé subsister qu'un hiatus qui s'oppose à la liaison Qé érô « les héros » et non lé-T^-éro) et VI mouillée n'est plus aujourd'hui qu'un simple y (Jmyl « bouillie »).

SLMI-VOYhLLHS 23

Le français ne possède que trois voyelles consonnifiées : /, ti, u que nous transcrivons par les trois signes suivants :

y ex. : yœ « yeux » lyêr « lierre ».

w — wil « huile » Iwi « lui ».

w — wi « oui » west « ouest », etc.

Les semi-voyeHes diffèrent des voyelles surtout eu ce que la position articulatoire n'est pas maintenue et que l'articulation est légèrement relâchée (fig. 5 et 6).

VIBRANTES

LV est un son vibrant qui peut se produire tout le long du canal vocal, des lèvres à l'isthme du gosier : de là ses nombreuses variétés. Elle est sonore en français dès le début.

LV traditionnelle, encore très commune, s'articule avec la pointe de la langue redressée vers le palais.

LV' grasseyée ou parisienne se prononce la langue étendue sur le plancher de la bouche, la pointe raidie et arcboutée contre les dents d'en bas, la luette projetée en avant. Les vibrations sont celles du dos de la langue et des bords de l'isthme du gosier.

Le mieux pour les provinciaux et pour les étrangers est de garder en parlant français l'r à laquelle ils sont habitués, pourvu qu'elle n'ait pas un défaut caractérisé, comme la rudesse de l'r des Lorrains, des Limousins, de certains Allemands, ou la mollesse de l'r des Anglais et des indigènes des Provinces Baltiques de la Russie.

VI s'articule avec la langue appuyée par la pointe sur le palais dans la région des dents et vibrant par les côtés sous l'effort de l'air expiré. Elle est sonore dès le début.

CONSONNES SPIRANTES.

Les spirantes labiales v f se prononcent avec les lèvres entr'ouvertes et les dents d'en haut reposant sur la partie interne de la lèvre inférieure (fig. 9).

Le /se distingue du v par une pression organique plus forte et par l'absence de vibrations laryngiennes.

Pour les spirantes dentales :( s, la langue prend son point

Fig. 9.

Position des lèvres pour v,/ en parisien.

On sent dans la figure que l'articulation est plus forte pour y que pour v.

d'appui derrière les dents d'en bas et s'élève vers le palais dans la région des alvéoles où elle laisse une fente étroite au passage de l'air. Les dents d'en bas, qui, dans la position de repos, sont généralement plus en arrière que celles d'en haut, s'avancent et se mettent sur le même plan vertical que celles-ci (fig. 10).

OCCLUSIVES

Les spirantes palatales j 4 Çch) ont un mécanisme articulatoire plus complexe que celui de :( et de ^.

La pointe de la langue se soulève légèrement et le dos se reporte en arrière plus près de la partie médiale du palais; les dents, s'ajustent plus exactement et les lèvres, s'appliquant sur la mâchoire, se projettent en avant (fig. lo).

Fig. lo.

Position des lèvres pour /, ^, ^ en parisien.

Le; et le ^ ont leur point d'articulation dans la bouche en avant de celui du y.

Pour/, la gouttière centrale est plus large que pour^.

OCCLUSIVES

Les occlusives labiales bp se prononcent en France d'une manière qui paraît uniforme (fig. ii).

El^es sont dues à la pression des lèvres avec ou sans vibrations du larynx.

Les occlusives dentales d i sont articulées d'une façon très variable. Elles ne laissent cependant soupçonner à l'oreille aucune différence dialectale. La langue opère rocclusion à l'Est entre les dents ; dans l'Ouest et au sud de Paris vers la partie médiale du palais.

Les occlusives gutturales g k n'ont pas un point d'articu-

tion V nique, la langue touchant le palais pL oU moins

Fig. II.

Position des lèvres pour m, b, p en parisien.

On sent dans la figure que la pression des lèvres augmente de m k b et de b kp

en arrière suivant la nature de la voyelle suivante. Mais cela ne les empêche pas d'avoir un son dur dans les classes élevées de la société parisienne.

Pour imiter les sonores françaises, modérez la force de l'articulation et laissez de l'élasticité aux joues pour que l'air sortant à travers la glotte pendant l'occlusion puisse s'emmagasiner dans la bouche.

NASALES 27

C'est une erreur de conseiller de préposer une m ou une n à l'occlusive. La présence de cette nasale parasite est désagréable aux oreilles françaises.

NASALES

Les consonnes nasales sont en français : m, w, ^ (« mouillée, gn).

Vm et Vn correspondent assez exactement aux deux occlusives sonores b ttd avec cette différence que l'articulation est un peu plus faible (fig. 11). En outre, le voile du palais est naturellement maintenu abaissé.

L'^, la seule consonne mouillée que possède aujourd'hui le français normal, se présente sous deux formes à Paris : c'est une dentale mouillée ou une gutturale mouillée. Mais c'est plutôt un g nasal qu'un d.

L'essentiel dans l'articulation de cette consonne, c'est que la langue s'appuie largement sur la partie médiale ou postérieure du palais.

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