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Premiers essais de philosophie

Nous présentons iioiis-inêine iin public ce (jui subsiste des premiers temps de notre carrière de professeur, les débris des leçons que nous avons faiU's de l -Sii) à 182U à la Faculté des lettres, comme suppléant de M. Royer-Collard, dans la chaire de l’Histoire de la philosophie moderne. De ces leçons, improvisées et sans nul apparat, il ne restait que des notes indéchiffrables à nous-même, et les rédactions des élèves de l’Kcole normale, auditeurs obligés du cours. Ces rédactions, plus ou moins fidèles, plus ou moins étendues, selon le talent et le zèle des élèves qui en étaient chargés, composaient des cahiers considérables qui, communiqués à quelques personnes, rappelaient, dans un cercle intime, les travaux obscurs d’une époque déjà bien éloignée.

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11 y a une «lizaino (ranm'os, ilc ji'iiiu's t;l lial»ili'ï< |Hdrcssoiirs , MM. fiarnifT, Vacliornl, Danton, (Mironl l’idéo »lo tirer de l’oubli ces limnblcs rédactions, cl d<‘ les livrer à l’iinpicssion. abr(‘>;ccs cl corrif*écs. *\ons sommes confus (jiie des lioinmes de leur inécitc St; soient condamnés à ce labeur in;,ual, cl nous les |)i‘ions de croire à notre sincère reconnaissance. Kn publiant de nouveau en notre propre nom ces aneiennt's leçons, nous ne nous sommes pas proposé d’effacer leur travail ; mais ils ont bien voulu nous permettre de nous en servir libn;ment.

Nous nous sommes souvent contenté de martpier mieux la pensée du proft'sseur, en la laissant scrupuleusement telle qu’elle était alors, et nous permettant bien rarement quelques tlévelopptunenls nouveaux, toujours dans le sens et les limilt's de la |)enst;e première. 11 n’eût pas étt'; fort raisonnable lie nous consumer à récrii'e tontes ces leçons avt;c le, soin que nous pourrions mettre à en eornposeï’ aujourd'hui de nouvelles; nous avons seulement voulu introduire partout la correction et l’exactitude, qualités secondaires, mais dont, sous aucun prétexte, nous ne pouvions être affranchi. Nous n’avons pas eu d’autre ambition; mais celle-là était un devoir envej’s le public et envers nons-même.

Que le lecteur veuille donc bien entrer dans l'esprit de ce travail et de cette édition nouvelle : nous

!)K LX SECü.NDK ÉDITION w«

prenons sur nous rentière rosponsahiJilé «les oignions ici exposées, mais nous d<;man(Jons iin peu grâce pour la forme, surtout pour celle de ce premier volume dont nous sentons la sé«-.hercsse et toutes les imperfections. C’est bien là l’exact résumé de notre enseignement de ISIO et do 1817; mais, s’il nous est permis de le dire, le earacl«'re mèine de* cet «mseignenient n’y est point.

Ce qui distinguait peut-être ces premières l<*(;ons, à défaut d’une érudition et d’une étendue de vues au-dessus de notre âge, «!’étaient l’analyse et la dialectique, dont M. Royer-Collard nous avait laissé «le si admirables exemples : l’analyse qui découvre dans l’àme, dégage et met en lumière les faits sur lesquels rt'pose toute saine philnso])liie ; la dialecti«|ue qui, en confrontant les systèmes avec les faits, maintient les faits contre les systèmes, couvre et défend les bonnes philosophies, celles (pii sont d’accord avec la conscience et le sens commun, combat et dissipe les philosophies téméraires mi révolti* contre la conscience du genre humain et peidiies dans des spiîculations arbitraires, l.'analyse est IVime de la philosophie; la dialectiipie en est le bras et l’épée en (pielqiie sorte. L’une enseigne la vi'-rilc', l’autre confond l’erreur. Mais l’analyse vit de descriptions et d’expériences lentement instituées (>t longuement développées; la dialeeti(|ne aussi exige

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des expositions et des réfulations livs détaillées. Malheureusement les élèves visent à faire les rédactions les plus courtes, et les meilleui*s même croyaient avoir accompli leur tâche quand ils avaient exactement résumé en quelques pages la leçon la plus étendue. l/analyse et la dialectique ne se résument point; elles ont bt'soin d’amples développements, elles périssent dans un extrait, si fidèle qu’il puisse être.

On ne trouvera donc en ce volume qu’une esquisse de notre premier enseignement. Le souflle qui l'animait s’esl évanoui. Nous-inêine, en revoyant après tant d’années et en rassemblant w*s feuilles décolorées, nous avons peine à y reconnaître l’œuvre, bien iiriparfaile sans doute, mais pleine de vie, on nous avions mis toute notre âme et ce qu’il y avait alon en nous d’ardeur et de foret;. Elles ne sont guère n nos yeux que le fantôme d’un temps qui n’est plus. Aussi, combien de fois n’avons-nous pas été tenté- d’achever nous-inêine la destruction commencée, et de mettre au néant tons ces papiers trop peu dignes de voir le jour? 11 n\ avait point à hésister, à ne consulter que notre amour-proj)rc. Il est pénible d’être jugé sur de pareils témoignages. Mieux valait s’en remettre h la mémoire de ceux qui assistèrent autrefois à-ces leçons. Mais un nous a dit, et nous avons pensé qu’il ne fallait point laisser périr tant do faits, d’idées, de vues, de

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