CI.ASSIFICATIOS
1* Il faut traiter la question de l’état actuel des connaissances humaines avant celle de leur état primitif; car, en commençant par rechercher leur état primitif, on pourrait bien n’obtenir qu'un faux primitif, qui ne rendrait qu'un actuel hypothétique, dont la légitimité serait seulement celle d’une hypothèse.
2° Il faut traiter la question de l'état actuel et de l'état primitif de nos connaissances avant celle de leur légitimité; caries deuxpceinières questions appartiennent au système subjectif, et la troisième au sys-, tème objectif, et l'on ne peut connaître l’objet avant le sujet.
Toutes nos connaissances subjectives étant des faits de conscience, des phénomènes, on appelle leur étude psychologie oü phénoménologie.
L’étude de nos connaissances objectives, les considérant relativement à leur oliji’t et à des existences réelles, s’appelle ontologie.
La science entière porte le nom de métaphysique.
PSÏCUOLOCIE OU rUÉ.\OMÉ.NOLOClE.
DE l’ÉTAT ACICEL ET DE l’ÉTAI PDllIITir.
De l'état actuel.
De la méthode psychologique et de l’observation intérieure.
De la division et de la classification des connaissances humaines d'après la distinction de leurs caractères actuels.
Vices de plusieurs classifications. Vraie classification ; distinction des connaissances humaines d’après leurs caractères opposés de contingence et de nécessité.
Système de rempirisme. Réfutation de l’einpirisme hors des limites du contingent.
Théorie des principes nécessaires.
ües caractères qui accompagnent celui de nécessité.
Question de l’énumération des connaissances nécessaires. Difficultés de cette énumération. -
PROGRAMME OU COURS
Qu’elle n’a été essayée dans la philosophie moderne par aucun philosophe avant le dix-huitième siècle. Leibnitz lui-même distingue tes vérités nécessaires des vérités contingentes, mais sans les décrire ni les compter.
Exposition de la doctrine de Reid sur les vérih'S néces.saires ou premiers principes qu’il ap|M‘lle lois coustilulives de l'esprit humain.
De son propre aveu, Reid ne les a point épuisées.
Kant : Formes de la sensibilité, catégories de l'entendement, idées de la raison.
Essai pour réduire tous les principes et toutes les notions à deux, substance et cause : principe des substances et principe de causalité.
Le professeur, pour éviter toute apparence trop systématique, s'attache aux priiH'ipcs suivants, dont il décrit les caractères actuels :
Principe des substances ainsi énoncé ; Toute qualité suppose un sujet, un être réel.
Principe d'unité : Toute pluralité suppose unité.
Principe de causalité : Tout ce qui commence d’exister a une cause.
Principe des causes finales : Tout moyen .sup(K)sc une fin.
Do rôtat primitif.
Distinction de l’ordre de déduction des connaissances humaines et de leur ordre d’acquisition, de l’ordre rationnel ou logique et de l'ordre chronologique ou psychologique.
De là le double sens du mot primitif : un principe peut être primitif ou logiquement ou psychologiquement.
PRIHITIF LOGIQDE.
Les principes contingents ont un antécédent logique ; la wrtitude du principe général repose sur celle des faits particuliers dont il est la somme.
Au contraire, les principes néccs.saircs n’ont point et ne peuvent avoir d’antécédent logique, nul fait particulier ne pouvant fonder un principe nécessaire.
PBiiiiTir rsïciioLociQCE.
Les principes généraux contingents ont leur primitif psychologique dans un fait individuel et déterminé.
Les principes nécessaires ont aussi leur primitif psychologique, indi-
PRKMIERS ESSAIS. — ANNÉE 1817
Tidiicl et déterminé; car rien ne nous est donné |iriinitivcmrnt sous un type univeisel et abstrait; niais tout primitit' est individuel et déterminé; or, tout ])rimitif psychologique étant un fait individuel et déterminé du moi, c’est dans le moi, c’est-à-dire dans les modifications ou les déterminations individuelles du moi, attestées par la conscience, que •SC trouve l’origine (isycliologiquc de toutes nos connaissances.
Mais il y a cette différence entre le jirimitif d’nn principe contingent et celui d’un principe nécessaire, que l’un a besoin de nouveaux faits, jilus ou moins semblables, et jamais identiques puisqu’ils sont tous individuels et déterminés, |iour engendrer le [irincipe général contingent, qui n’est autre chose que le résultat comparatif il’un certain nombre de diversités individuelles; tandis que, pour engendrer le principe necessaire, le fait individuel et déterminé, qui lui sert d’antécédent psychologique, n’a pas besoin do nouveaux faits et le contient déjà tout entier. En un mot, les principes contingents ont un primitif [isychologiqne multiple dans un’o succi-ssion de faits individuels comparés ; les principes necessaires ont ou [leiivent avoir leur antécédent psychologique dans UH fuit unique.
Le iiieiid de la difliculté et de la contradiction apparente qui se rencontre ici est dans cette vérité, base du .système intellectuel : qu’il y a des faits individuels composés de deux parties, dont lu première est individuelle, et la seconde, bien qu'individuelle dans son rapport avec la première, n’est ciqiendant pas, considérée eu elle-même, purement individuelle.