‹ Premiers lundisChapitre 10 sur 72 · LAFON-LABATUT · texte numérisé non relu

LAFON-LABATUT

enajoutant quelques strophes ou quelques vers par iotervalle.

'( Si j'avais moi-môme publié mes poésies, j'en aurais retranché les morceaux les plus faibles, et j'aurais tâché de faire disparaître les fautes les plus grossières.

(( C'est ainsi que je me serais offert aux yeux de l'observateur, non comme un écrivain, non comme un poète, mais comme un exemple des sensations et des idées d'un homme qui n'a reçu d'autres leçons que celles du malheur.

tt Yous le savez, ce n'est pas un vain désir de célébrité qui m'a fait cédera vos instances, et consentir h livrer au public des vers que j'aurais voulu garder pour moi et pour quelques rares amis qui sont bien obligés de supporter quelque chose.

« Si, jusqu'à présent, je m'étais toujours refusé à me faire imprimer, c'est que je trouvais un autre moyen de vivre; il me manque aujourd'hui, et il faut bien, malgré toutes mes répugnances et mes craintes, que je me décide à prendre ce dangereux parti.

^ La douleur est ma muse, elle a tous mes secrets ;

Aussi, je l'avouerai, n'est-ce pas sans regrets, Sans cette pudeur fière, aux malheureux connue, Que Je livre aux regards mon kme toute nue.

«Mais il le faut, vous le voulez ; et, puisque c'est une dernière planche de salut, je vais encore m'y hasarder,

«Joseph Labatut. »

lo' décembre 184S.

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