‹ Premiers lundisChapitre 43 sur 72 · A M. VICTOR HUGO · texte numérisé non relu

A M. VICTOR HUGO

P*À& 9* V. CQÀRI.&S X.

« Samedi 8 août 1829. — Le Hoi a reçu hier, ea audience particulière, M. Tictor Hugo. »

Celte simple annonce excite, en ce moment, plus d'intérêt qu'on n*a coutume d'en accorder à ces sortes de nouvelles. Tout le monde, en effet, a deviné le motif qui amenait le poôte devant le roi * ; et ce molif n'était pas seulement une affaire privée : c'était aussi, et avant tout, une grave question d'art et de liberté qudM. Victor Hugo venait plaider devant le monarque, avec la franchise de son Age, de ses opinions, et un sentiment profondément respectueux de son devoir^ comme sujet.

1. La première représentation de Marion de Lorme avait été interdite par la censuM (juillot tS^).

Bien des récits divers circulent déjà sur cette entrevue, qui s'est prolongée, dit-on, près de trois quarts d'iieure, et dont les détails, si la rumeur est vraie, ne manqueraient ni de piquant, ni de nouveauté, ni d'importance. Chacun arrange et rêve un entretien à sa manière. Nous essaierons, de notre côté, d'indiquer comment nous le concevons; et sans prétendre tout raconter à la lettre, nous tâcherons de ne pas tout supposer gratuitement.

Et d'abord ce n'est pas un fait indigne de remarque que, pour la première fois peut-être, la génération nouvelle, qui jusqu'ici n'a guère eu accès auprès du prince, dont la voix n'arrive directement au chef suprême de l'État ni dans les Conseils, ni par la tribune, ni par la chaire, ait comparu devant lui, simple et sérieuse, dans la personne d'un de ses représentants. Si, en cette circonstance^ le poêle a bien compris son rôle, comme nous pensons qu'il Ta fait, il a dû, dès les premiers mots, et profitant de la faveur d'un augustejiccueil, amener la question de ce qu'elle pouvait avoir de trop personnel à des termes plus généraux, plus raisonnes, et dans lesquels il se sentait plus à l'aise pour en appeler à Tesprit éclairé et bienveillant de son royal interlocuteur. Les temps actuels, aurait-il dit, ne sauraient être comparés aux temps de l'ancienne monarchie pour le théâtre non plus que pour tout le reste. Autrefois, les libertés de la nation étaient mal définies, obscures, discrètes, obérées sous des formes

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