‹ Premiers poèmesChapitre 12 sur 29 · FINALE · texte numérisé non relu

FINALE

En ce pauvre être, quand descendra le repos.

Faudra-Uil attendre et ses reins démolis, et Vœil atone, et les haillons de son manteau aux mains pensives de quelques regrets^ deci, delà, que d'ailleurs il ignora,

Colligeant de clairsemés regards éphémères, hanté de dégoût, sis en la berge banale, écœurant l'ulcère du souvenir, verra-t-il les lourds chalands de ses songes indéfiniment se traîner.

Las du verre et de la tasse, et du paysage et de rhumain, inclinant frileusement son Jront à des souvenirs de mains, calmantes mains, si petites et saillantes de nerjs, béant aux paroles qui manquent et ne sachant plus entendre. Job sans paroles, débris de ses débris. , . Sera-ce ainsi le repos du pauvre être? du miséreux peut-être.

LES PALAIS NO>fADES l3l

Dans la masure inconsolée que ne para nul festival, les masques antérieurs se poussiérant aux coins, et l'ennui rayant de gris les tomes inutiles des amants d'antan, tourner à vide.

De la Babylone soupçonnée^ de la patrie jamais née y ne dénombrer que les forces brutales. Le rideau d'un oubli des morts préparatoires^ chu dans l'opacité du silence et rien quun souvenir du moloch des adolescences.

La Fantasmagorie des temps inélucidés de l'enfance, la mémoire passante du déçu, les braises des feux de jadis, et du noir autour des yeux, devant les yeux, est-ce donc tout? et le ressac brutal d'on ne sait quoi refoulé .

l32 PREMIERS POÈMES

La débâcle de la défaite s'est ruée sur la ville obscurcie.

Aux passés les jeunes désirs man télés de paroles au vent et rhallali des cors de g'ioire taquetants et rhosannah des errantes, aux soirs^ trébuchantes paroles. La forêt pavoisée des banderoles du couchant aux tristes réveils des rues du réel.

Et cette femme on ne sait pourquoi sur le théâtre

Et la fête aux cavaliers d'Orient.

Et les bras qui voulaient s'agenouiller sont roidis ;

Chiffe et feuille morte ta déesse d'idolâtre

et sur ses ruines, le sel.

L'aile noire de la défaite sur ta ville et sur ton midi. Clos tes paroles.

LES PALAIS NOMADES 1 33

Hier est maître de demain ; quelle fut la première faute? Était-ce faute vers ses mains, désirer l'anxieuse faute. Hier enchaîne les demains, tous les demains sont des hiers.

Ainsi s'égrène le morne hiver, ainsi s'égrène l'instant de vie et le pauvre instinct dévie depuis tant de mornes hivers,

Et le printemps, et les étés^ phénomènes, phénomènes vagues, où tout fuit lié à je ne sais quels fatidiques hiers.

Les lèvres saignent à d'identiques piliers d'inextricables cryptes du phénomène.

Sur la même courbe lente

Implacablement lente

s'extasie, vacille, et sombre

le présent complexe de courbes lentes.

A ridentique automne les rouilles s'homologuent

analogue ta douleur aux soirs d'automne

et détonne la lente courbe des choses et tes brefs sautillements.

Les invisibles barreaux de l'impossible l'irréalisable simplicité.

Ah t conception d'éternités mêmes moments et mêmes cibles aux cribles de perpétuelles mortalités.

LBS PALAIS NOMADES l35

Rêves clos, enclos dans la race t

Qui vint déposer l'errance des longues routes

et le désir d'ailleurs et le glaive de la déroute

dans la cellule du premier aïeul

et de quel primordial, l'initial et semblable deuil.

Souffrir est le chemin, la norme et l'exemple.

Souffrir en son temple provisoire

des réels tourments illusoires.

Quelles effusions aux paradis mort de Taïeul !

l36 PREMIERS POÈMES

Qu'aimais-tu sinon sa souffrance \

et sa lente marche en brèves morts lent glissement aux suprêmes morts

et ses voix lointaines, et brusques nuits à ses prunelles, et brèves

rfragrances.

Madone d'ataviques douleurs

De quels mornes passants venue,

madone capricante et sans pleurs

Tu ressens que les jours comptés s'égrènent et passent

que rien ne peut sourire aux mystères qui lassent

l'éternel duo famélique de pleurs^ ô mort, attendant ta venue.

Mort des heures, mort des volontés, perpétuelles morts. Nomenclature fastidieuse qui demeure

des aspects et des illusions brève qui meurt ; ^ ^

dansja vie trop lente, les secondes trop brèves, Tout vers la mort.

LES PALAIS NOMADES

Sous le faix du jour expectant, du jour en vai les douleurs seules devant le foyer rougeâtre et les fables de la nuit, les fables du théâtre monocorde du jour expe

Dolosive, intensive ruse des ailes des papillo a quel heurt des jours leurrants, l'instinct du La nuit plane et sur les sommeils défaille repos des exilés du rêve, de ceux à sa taille repos inéclos aux pas.assourdis de qui sait le

Ah! courbé sous tes paupières lourdes de mémoires de pierres gisantes où voulurent les parallèles

l38 PllEMIERS POÈMES

Ah fatigué de chair et de pupilles

fléchissante acanthe que le dôme est pesant qu'exigèrent ses arts sur la mémoire esclave du parallèle hasard

qui vous fit, un seul, un instant.

Communion exilée de vos chairs c'était donc spectacle, et pour qui ?

LES PALAIS NOMADES iSq

Ame en faiblesse, cœur en détresse -^

Si florales sous les pelouses du soleil, et leurs jeux s'éperlant aux degrés d'escaliers, et les aveux résonnant rieurs au vol blond des tresses.

Les ombres des bois du rêve et la simplesse . . . les parfums qui jouaient aux vols épars des tresses et l'accueil qui s'ouvrait à leurs yeux.

Cœur en navrance, âme en détresse.

Et la conquête dans les pourpres et les oriflammes, l'ascension latente à lointains paradis les éléphants caparaçonnés des escarboucles du jadis

et les caravelles aux joyeuses flammes,

Ah morne découverte aux blessures entr'ouvertes

en détresse.

1^0 PREMIEHS POÈMES

Le palais s'est effondré sous les mousses.

Le palais s'est désagrégé sous les efforts de partout ; quand vinrent les musiques barbares, et le tumulte des menées discordantes

s'éteig'nit aux barques la chanson du mousse

sous les permanents efforts de partout.

LES PALAIS NOMADES

VU

Vers le plein ciel qui se dérobe

langue la barque évancscente,

la barque aux citrines voilures des vesprées déses

par les pleurs des vag-ues et l'ocellure de leurs rob

Les havres exilés de là la haute mer

les havres désirés dès les matins éphémères :

à quelle ancre fixés les repos de la haute mei

Et les chevaliers blancs fuyards du marécage les yeux vers l'infini du regret primordial si calmes d'épuiser dans la coupe éternelle le désespoir qui se fixe en perpétuelles ritour attendent le magique, le soudain cordial pour guérir le temps, des âges.

l42 PREMIERS POÈMES

Vers le plein ciel qui se dérobe les barques éployées sur la mer multiplient les cadences des rames perpétuelles vers les havres enfuis de là la haute mer.

LES PALAIS NOMADES l43

Tant grande douleur vînt des gestes pâles du timbre du verbe illusoire aux soirs.

Tant cruelle étreinte vint de tes mains pâles, l'âge du mirage des caresses des soirs.

Abandonnée dans ta foule

toute fléchissante en ta dureté,

La neige de Timmanent hiver, à ton cœur qui croule

émanait de langueur des roses-thé.

Ah si nous savons se déchirer demain laisse le sommeil s'imposer de tes mains, fuyons la peur de neige aux pupilles solaires boucliers lucescents de ta face nécessaire.

1^4 PREMERS POÈMES

Sur la rampe sacrée, accoudée torse amolli et front de Ijs, qui penche vers le désir élancé des branches de ce lent mal tout occupée.

Des caresses de Tinguérissable — ah tant meurtrie de son reg-ard aux dunes et ses pas vers Tesplanade inusable de ralternatif à toi.

Enfui sur le soleil de Theure le dictame du magicien !

sur la tour écartelée des orgueils et des malechances accablé de son regard aux dunes

LES PALAIS NOMADES ' l45

Qui donc permit et défendit Toctroi de Talternatif à toi.

Enfuis des matins de lunes, Reviendrez- vous, dictâmes de la magicienne I

llfi PREMIERS POÈMES

Esclave, f ai la pourpre, et la danse, et les songes.

J'ai sa trouver à toi la perle aux renaissances,

mes bras se sont bercés aux vérités du pur mensonge.

J'ai su chérir l'accent polyphonique des songes, les brocarts romanesques ont fleuri de leurs franges les labeurs aggravés vers le sol héréditaire,

Et pour avoir l'ivresse, et la fuite, et les chœurs d*anges, Feudataire des hivers, j'ordonne la nuit d'été Pour ébattre aux clairières les ballets de ton été.

GooqIc — -

LES PALAIS NOMADES ll\']

Des regards éclairaient la nuit Des lunes d'argent diamantaient leurs faces La nuit s'épand, leur pas s'efiface.

Nous les entrevîmes dans Taube des paroles,

portant les lys de nos corbeilles,

aux quatre vents de tout pollen

vite nous allions souriantes et saltantes.

Dans le carrefour les paroles

se croisèrent haletantes ;

Ah pauvres lys de nos corbeilles,

aux quatre vents vos émanantes orbes.

Les hasards de l'aube s'effacent.

Leurs yeux brûlent nos chairs et leur attente

Nos âmes à Torbe d'anciennes paroles.

Hâtez-vous, les inconnus de cueillir à nos aurores, lang*uissant et frémissant l'accueil attend, Taccueil s'essore, hâtez-vous d'arrêter ta marche sous nos yeux ; les harpes fondront en sons délicieux.

Un cher profil de ténèbre Transparaît à quels brefs falots — Viens à la ténèbre astrale.

Fraîchir ta peine éternelle I

Aux languides oreillers de la ténèbre maternelle, Endors, voici les baumes, et rêve, voici les Graals Voici les philtres ; bois.

Des flûtes au frisselis d'arabesques Et les plaintes des cordes et les clartés des bois t'enlèveront aux mers des lents repos, des repos berçants et si doux qu'on veut mourir, mourir languissamment dans un chant qui veut s'abolir.

A la nuit antérieure, à la nuit intérieure, nous avons perçu la route et la source. ^

Si le long- des routes, il n'est pas de ressource qu'est donc le rêve antérieur qu'est donc le rythme intérieur?

LES PALAIS NOMADES l49

Tes frères m'ont frappée sur le bord de la route, ils ont fauché du g-laive les pavots renacescents,

mon corps en croix, les plaies aux flancs

saig-ne à tous détours de la déroute, dans les lances et les colères, plane la dévastation.

Chue Tétoile qui guidait vers les faubourgs de ma cité ; morts mes cygnes, hélas! mes voiliers blancs, fanés mes lacs; où furent mes forêts tangible à tes doigts Topacité le profil de ténèbre s'ensanglante de rouge entrelacs.

Pour les minutes des années mon vœu halète à ta vraie voix.

Quand j'atteignis la crypte sévère de ta face, mes lèvres s'affaissèrent aux pilastres de ton corps et ce fut la halte amène et tout l'accord sous les lampadaires d'argent de ta face.

Pour les minutes des années mon cœur se clôt à toute vraie voix.

De ton char plaqué d'ivoire et turriculé de lys pour qui la caresse brune de tes yeux larges.

l5o PREMIERS POÈMES

Que le corps de l'esclave et Tode du rhapsode saig'uent le long" des roues triomphantes de mon exode- Bref est le moment, courte la magie, agile le doigt senile du temps.

S'enfuiront les veilleurs des tours guettant, le large sera plus seul et sans magie.

Hante le lit emblématoire

à Tordre de Thenre impérieuse;

à moi, ciboire et monitoire

le simulacre de Theure impérieuse.

Sa voix ment à sa face et sa face à ses yeux

Roses enfouies, roses infinies.

Entends la voix muette et la ligne infinie ;

Que sais-je I et que ternie.

J'attends la voix muette et la ligne infinie.

Si lent le sablier et le gong aboli.

Des corps dépouillés des armures crie le sanglot irréductible, écoute aux langueurs des bibles de ma voix de grappes mûres.

LES PALAIS NOMADES i5i

Les ombres et les pavots émanant de leurs murs.

Halte fatale des Tantales au cliquetis de mes crotales les regards ivres des Tantales leurs pas vacillent à mes dédales.

l52 PREMIERS POÈMES

Parce qu'il n'est rien de plus qu'attente douloureuse et que la science fuit, dans le temps bref de saisir, Dédaig-ne et laisse aller le vivre à la dérive écouteur distrait des fanfares et des convives, puisqu'il n'est rien de plus que mémoire et gésir dédaigne et baigne-toi d'attente douloureuse Qu'est-il de frère on toi et ceux qui veulent vivre.

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