‹ Premiers poèmesChapitre 17 sur 29 · LE PELERIN · texte numérisé non relu

LE PELERIN

Des arabesques des voix d'ang-es je tapisserai ton réveil

au profond des causes nos pas erreront

dès ton réveil non pareil, les oiseaux des rêves vivront et chanteront,

sur la terre déserte, un réveil bruira des soleils

Descends le long des marches tremblotantes de mon être

à tes pas adulés les parvis reconstruits

dans une efflorescence des g'emmes, des voix, du bonheur d'être

salueront le jour éternel renvoyant d'un baiser la nuit

Viens vers les horizons, les parcs d'amour, viens vers mon âme vers ta vie nécessaire; renais à l'inéluctable destin de ton âme

Reviens à moi, sommeil, scelle-toi sur ma bouche des mirag'es de leurs visag-es garde le lac de mes yeux reprends-moi dans le val aux mousses quiétantes où toujours Tamoureux soulève un pan de tente et se retire peureux

Entre mes seins reviens, dans ton cortèg-e d'ombres les ombres de jadis qui passèrent et moururent les ombres de silence qui glissent aux nuits planes — mes épaules lésées dans tes bras las, et la nuit plane

Les meurtres de ma vie enclos-les dans tes deuils, le méfait de ma beauté couvre-le d'un pan de la nuit, donne le fleuve d'oubli qui berce et s'abolit ah! reprends-moi, sommeil, scelle-toi sur ma bouche

Et tandis que sort le pèlerin, que le château retombe dans le nxutîsme séculaire le veilleur des tours chante

Delà les bois silents, et les fleuves, et la lande mes désirs cinglent vers les yeux, énamourées, énamourées

les trombes de mon cœur tournent à ton silence par delà les soleils des soirs et les bois silents

^^,,Jkjitizi

Vers les vérandahs où s'apaissent

les troupeaux des filles aux seins mûrs

je chercherai 1 electuaire

relue des jours ternis, lui dire le syllabaire

des grands mots d'amour des soirs

Voici le lys flétri et la cargaison morte

et puis voici les yeux d'Hélène ou de Judith

allez les voix des mages à ses pieds blancs et dites

les profondes syllabes des crépuscules aux villes mortes

Aux tons passés des robes de brocart des frivoles années

se réfugie le rêve et le site et l'Orient

Fleur dévastée sous les piétons errants

et qui rit comme folle aux pas du chevalier

Cependant que le jour se rigide dans les arbres

que la ville illumine ses sens aux artifices

que rigide tu vas aux lèvres de molles complices.

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