LE PELERIN
Des arabesques des voix d'ang-es je tapisserai ton réveil
au profond des causes nos pas erreront
dès ton réveil non pareil, les oiseaux des rêves vivront et chanteront,
sur la terre déserte, un réveil bruira des soleils
Descends le long des marches tremblotantes de mon être
à tes pas adulés les parvis reconstruits
dans une efflorescence des g'emmes, des voix, du bonheur d'être
salueront le jour éternel renvoyant d'un baiser la nuit
Viens vers les horizons, les parcs d'amour, viens vers mon âme vers ta vie nécessaire; renais à l'inéluctable destin de ton âme
Reviens à moi, sommeil, scelle-toi sur ma bouche des mirag'es de leurs visag-es garde le lac de mes yeux reprends-moi dans le val aux mousses quiétantes où toujours Tamoureux soulève un pan de tente et se retire peureux
Entre mes seins reviens, dans ton cortèg-e d'ombres les ombres de jadis qui passèrent et moururent les ombres de silence qui glissent aux nuits planes — mes épaules lésées dans tes bras las, et la nuit plane
Les meurtres de ma vie enclos-les dans tes deuils, le méfait de ma beauté couvre-le d'un pan de la nuit, donne le fleuve d'oubli qui berce et s'abolit ah! reprends-moi, sommeil, scelle-toi sur ma bouche
Et tandis que sort le pèlerin, que le château retombe dans le nxutîsme séculaire le veilleur des tours chante
Delà les bois silents, et les fleuves, et la lande mes désirs cinglent vers les yeux, énamourées, énamourées
les trombes de mon cœur tournent à ton silence par delà les soleils des soirs et les bois silents
^^,,Jkjitizi
Vers les vérandahs où s'apaissent
les troupeaux des filles aux seins mûrs
je chercherai 1 electuaire
relue des jours ternis, lui dire le syllabaire
des grands mots d'amour des soirs
Voici le lys flétri et la cargaison morte
et puis voici les yeux d'Hélène ou de Judith
allez les voix des mages à ses pieds blancs et dites
les profondes syllabes des crépuscules aux villes mortes
Aux tons passés des robes de brocart des frivoles années
se réfugie le rêve et le site et l'Orient
Fleur dévastée sous les piétons errants
et qui rit comme folle aux pas du chevalier
Cependant que le jour se rigide dans les arbres
que la ville illumine ses sens aux artifices
que rigide tu vas aux lèvres de molles complices.