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FIGURE AU THÉÂTRE

Dans un luxe d'or rouge à fleurs d'or mat, dans un faste de pierres bleues,

mate, la couronne de ses noirs cheveux aurée, Téclat de ses mains s'adoucissant d'anneaux forgés au fond des ghettos, lourds et purs pour la plus aimée, ses yeux inclinant leurs aveux et la douce bonté de sa bouche,

elle écoute.

Psaumes tus, rituels de tribus en exil, paroles au soir sur la montagne, rêves entrecoupés des nuits d'alarmes,

ritournelles d'étranges étrangers

fuyants dans des cliquetis d'armes,

vœux éplorés des seulettes en la campagne,

bruits de bal dans l'île,

prières de nonnes de remords vêtues.

Le bal est si solitaire, sous ses yeux; de brefs météores de parfums s'éveillent, jouent, paraissent, dansent, disparaissent, le bal a vers ses yeux tant d'allégresses, des masques sonorants se parent non pareils, paraissent, dansent, fléchissent sous ses yeux.

Les voix de la ballade,

les dialogues sous les feuillées,

le récital de peines amères d'enfants

le cœur navré de griève peine,

les oliphants tristes du héros malade,

les jonchées de colloques épar;s sur la peine

universelle de l'amour mourant,

le cœur navré de griève peine.

Bruire et rire.

Voici passer les écha usons.

J^es coupes sont d'or mat et de topazes,

des serves blondes supportent les grands vases et s'agenouillent à Féchanson.

Bruire et rire.

Voici sur le fond du théâtre,

voici passer les histrions

dialoguant des chansons d'amour profond .

COLLOQUE iNUPTIAL

Ce n'est au décor d'or du tabernacle,

ce n'est à la salle brune décorée de hanaps,

ce n'est aux quêtes de Graals, ce n'est au saint autel ni à la sainte nappe, c'est au bazar du beau intégral.

Il avait étalé des fleurs de soie, des oripeaux dorés de fou de roi,

une mitre d'améthystes,

un éventail de topazes et le vrai sourire d'Eve empreint sur des g-azes

Dans un port fortuné, sa mahonne

attendait ; à la porte d'un obscur retrait son cheval

piaffait;

320 PREMIERS POÈBŒS

son courrier cherchait aux montag-nes,

dans des cabanes

déshéritées, quelque antique miroir de métal.

Il lui dit : Mes aïeux

s'en sont venus de loin par des chemins obscurs,

ils allaient de ville en ville.

Ils montraient aux curieux

des verreries et des turquoises,

ils gardaient les diamants pour eux.

Au gîte pauvre, ils couronnaient Téternelle et mate Orientale

de diamants, et lui chantaient en vieux rythmes d'Orient :

Je suis Tamant.

Je suis l'amant de ta beauté éternelle,

voici le sourire d*Ève et les grâces des chevreaux sur le Garmel, et je t'aime éternellement.

Le premier qui vêtit ma semblance était affolé de la face ; j'ai tenaillé les surfaces pour y sculpter ton admirance.

Mon fils bercera ses enfances sur la soie de mon rêve vivant et c'est ta semblance qu'il aimera delà les temps .

Elle lui dit :

Une voix m'a troublée quand je me suis tue, quelqu'un parle dans le silence et j'écoutais parfois dans le sommeil de la ville si la vague chanson résonnerait sur le silence.

J'ai ri, car c'est la loi d'enfance,

j'ai tant ri que je suis le collier triste à ton cou,

j'ai ri sans savoir où

et parfois j'ai pleuré sur ta souffrance.

Mais c'était pour toi, parmi les songes^

comme un oubli d'accords qui s'éveille sur les harpes^

tu devais écouter bruire le silence

et chercher les lèvres de la voix.

^2^ PtUOÊXEMS rOMMMS

fie n'esït ni sar le décor d*or du tabernacle, ni rlans la chanson des montagnes, mais dans le soir d'une grande ffite.

la fAte du beau intétrral .

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