RÉSIGNATION
Mes rêves n'ouvrent plus leurs ailes toutes grandes Pour m'arracher aux temps détestés où je vis, Et pour bercer mes longs espoirs inassouvis Je ne recherche plus le calmant des légendes
Où Ton voit les grands dieux ceints d'immortalité Savourer le loisir d'une éternelle fête, Dans le contentement de la beauté parfaite, Et le repos de leur pouvoir illimité.
Car pourquoi désirer des soleils plus splendides. Des flots plus transparents, des horizons plus bleus, Et le retour d'un monde et d'un temps fabuleux Tout parfumés de lys odorants et candides ?
N'ai-je pas, pour calmer mes maux et mes douleurs, Et pour chasser le spleen qui sur mon front bourdonne, La douceur des baisers que ta lèvre me donne Et tes yeux purs et doux comme deux sombres fleurs ?