‹ Premiers poèmesChapitre 11 sur 82 · TEMPLE · texte numérisé non relu

TEMPLE

Vénus, sous un ciel d*azur immaculé

Où blanchira le vol des colombes fidèles

Je dresserai ton temple au pays reculé

Où les rêves secrets viennent ployer leurs ailes.

L encens mystérieux par mon amour brûlé L'emplira de senteurs exquises et mortelles ; Dans cet abri, loin du monde dissimulé, Mon cœur célébrera tes fêtes éternelles.

Et devant la blancheur vivante du Paros

Où resplendît l'éclat de ta divine image,

Je me prosternerai dans un constant hommage ;

Tandis que, de mon cœur calme comme les flots D'où jaillit autrefois ton corps sacré que j'aime. Un désir montera vers ta beauté suprême.

VENERI BENEVOLENTI

Vénus ! j'adore en toi l'immuable beauté Qui s'incarne à jamais en ta forme complète, Et j'admire tes yeux sereins où se reflète La mer mystérieuse où ton corps a flotté ;

Mais lorsque je te vois, inaltérable et fière, Dans ta grâce indicible et ton charme vainqueur. Je sens secrètement se glisser dans mon cœur L'effroi de ta splendeur divine et meurtrière.

Car, bien souvent, j'en vois qui s'en viennent pleurer A tes pieds du tourment d'idéal qui les hante. Et meurent du désir de l'impossible Amante.

Tu n'as pas de regards pour qui veut t'implorer.

LES LENDEBfAINS 31

Tu restes insensible à ces larmes humaines Dont monte jusqu'à toi Tintarissable flot, Vénus, sans jamais qu*un rire ou qu*un sanglot Desserre la rigueur de tes lèvres hautaines.

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