SOIR
Plus rien au cœur que le regret lent d'un passé Qui dans l'éloignement se voile de mystère; Plus rien au cœur que le frisson involontaire Devant un horizon monotone et glacé.
Nudité de la Vie où FEspérance morte Gît sous le froid linceul des feuillages tombés. Où la main radieuse et jeune des Hébés Ne fait plus ruisseler le vin qui réconforte;
Tristesse des chemins sous les ciels gris d'hiver Où le décharnement des arbres se profile, Où sur les talus bas saute la longue file En marche des corbeaux croassant bec ouvert;
APÀISEBfENT 43
Abattement des soirs dans les chambres fermées Qu'illumine Téclair rougeoyant des charbons^ Soirs que n'anime plus le regard des yeux bons Et Taceent familier des paroles aimées. ••
Et, rêveur attristé de renouveaux promis, J'évoque le retour possible des vieux rêves, Le gonflement du bois au flux des bonnes sèves Et la voix consolante et les regards amis.
44 PBEMUERS POÈMES